‹ Mandements et circulaires de Mgr. Joseph Thomas Duhamel, 1er archevêque d'Ottawa [microforme] (volume 2)Chapitre 77 sur 122 · DE LA SAINTE NQUISITION ROMAINE ET USIVERSELLE · texte numérisé non relu

DE LA SAINTE NQUISITION ROMAINE ET USIVERSELLE

A tous les Evéques du Monde Catholique

Pour détourner les maux très graves portés a l'Église et à tous les ordres de citoyens par la secté des maçons et les autres qui sont nées d'elle, N. S-P. le Pape Léon XIII, dans une sage intention, a -6cemment adressé à tous les évéques du monde catholique la Lettre-Encyelique Humanun genus, En cette lettre, il a découvert les doctrines de telles sectes, leur fin, leurs desseins, il raconte le soin qu'ont pris les Pontifes romains pour délivrer la famille humaine d'une peste si néfaste; à son tour, Luiméme il imprime à ces sectes la marque de la condamnation et de la censure, et enseigne aussi pur quel moyen, p. quelles armes il faut les combattre, par quels remédes apportés aux blessures qu'elles ont faites il faut les guérir—Comme 5a Nainteté a considéré que ses soins devaient enfin faire espérer des fruits salutaires, et que dans une affaire de si erande importance les œuvres, les conseils, les travaux de tous les Pasteurs de l'Eglise devaient étre employés en un effort unanime, il a chargé cette Supréme Congrégation de la Sainte Inquisition universelle et romaine de proposer aux Pasteurs les mesures les plus efficaces et les plus opportunes. En vertu de ce mandat du Souverain-Pontife, comme il est juste, les Emes cardinaux faisani avec

i fonction d'inauisiteurs généraux ont cru devoir donner cette instruction à tous les évêques et aux autres ordinaires des diocèses :

lo. Le très clément Pontife désirantsurtout pourvoir au salu! des Ames, suivant | ces de Notre

Sauveur Jésus-Curist, qui n'est pas venu appeler les justes mais les pécheurs à la penitence, invite de Sa voix paternelle tous ceux qui se sont. enrólés dans la maconnerie et dans les autres sectes condamnées, à purger les souillures de leur âme et à rentrer au sein de la divine mis^ricorde, À cette lin, usant de la meme largesse que son prédécesseur Léon XII, dans le délai d'une année compléte à dater du jour de la publication régulière des Lettres apostoliques ci-dessus , mentionnées, | chaque diocèse, 1l suspend l'obligation de dénonce: les coryphées et les chefs occultes de ces sectes et aussi la réserve des censures, accordant à tous les confesseurs approuvés par les Ordinaires des lieux la faculté d’absoudre de ces censures et de réconcilier à l'Eglise tous ceux qui sont vraiment venus à résipiscence et ont quitté les sectes,— [Il appartiendra done aux pasteurs sacrés d'annoncer cette générosité du Souverain-Pontile aux fidèles confiés à leur soins. Ils feraient aussi une chose digne de leur sollicitude pastorale, si dans le cours de cette année, que le Pontife veut consacrer à une clémence spéciale, par des exercices saerés en forme de missions, ils excitaient leurs onailles à méditer les vérités éternelles et à rentrer dans la rectitude d'esprit.

2o. L'intention de Sa Sainteté est que l'Encyclique soit publiée avec le plus grand zéle, afin que tous les chrétiens comprennent quel terrible poison cireule parmi eux, quelle perte menace eux et leurs enfants, s'ils ne prennent les précautions opportunes. I] faudra done donner les soins les plus exacts et les plus actifs à appliquer les remédes proposés par le Pontife et ceux que la prudence de chacun congeillera.—]Il faut avant tout exciter à cette fin l'ingeniosité et le zéle des curés: puis, faire un appel général A TOUS CEUX a qui Dieu, auteur de tout bien, a accordé la faculté de parler et d'écrire, et a ceux

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aussi à qui est remise la charge d'annoncer la parole divine, de purifier le peuple chrétien de ses fautes, ou d'instruire Ja jeunesse, AFIN QU'EUX AUSSI eon: sucrent leurs travaux à démasquer la maçonnerie, les décrets impies et les manœuvres néfates des sociétés eondamnóées, et à ramener dans la voie du salut ceux qui, soit par temérité ou imprudenee, soit par réflexion et de propos délibéré, y ont accédé, et à donner les avis préalables à ceux qui ne sont pas encore tombés en ces pieges,

3o. Alin qu'il n'y ait lieu à aucune erreur, lorsquil faudra déterminer auxquelles de ces sectes pernieieuses s'appliquent les censures, et lesquelles tombent sous une simple interdiction, il. est certain, absolument, que la maçonnerie et les autres sectes qui sont désignées au chap. 2. n IV de la constitution pontificale Apostolicæ sedis sont frappées de l'excommunication /a/@ sententia, aussi bien que celles qui menacent l'Eglise ou les puissances légitimes, qu'elles agissent ouvertement ou secrètement, qu'elles exigent ou non de leurs afliliés le serment de garder le secret.

1o. Outre celles-la, il y a d'autres sectes interdites et qu'il faut éviter sous peme de péché grave, au nombre desquelles il faut compter principalement celles qui exigent de leurs membres un secret qu'il ne faut dévoiler a personne, une obéissance sans réserve devant être prétée à des chefs occultes. IL FAUT EN OUTRE PRENDRE GARDE qu il y a quelques sociétés qui, bien qu'on ne puisse définir avec certitude si elles se rattachent, oui ou non, a celles dont nous avons parlé, SONT POURTANT SUSPECTES ET PLEINES DE PERILS, {ant pour les doctrines qu'elles professent que pour leur mede d'action ef POUR LES CHEFS autour desquels elle se groupent et qui les commandent. I1 faut que les ministres du culte, qui doivent avoir surtout a cœur la fidélité intacte au Christ et l'intégrité des

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troupeau, et cela avec d'autant plus de soin que l'apparence d'honnéteté conservée par celles-là, peut rendre le péril caché en elles plus difficile à apercevoir et à prévenir de la part d'hommes simples ou des jeunes gens,

50. Donc les pasteurs sacrés feront une chose extrémement utile aux fidèles et agréable à Sa Sainteté, si au mode ordinaire et usité d'instruction publique, qu'il faut conserver absolument, ils ajoutent celui qui est d'usage pour défendre les vérités catholiques, et qui est si propre à dissiper les erreurs dont l'Encyclique Humanum genus déplore la propagation plus large, au grave détriment des âmes. Ce mode d'instruction publique sera très salutaire au peuple chrétien, et aussi, par la réfutation des erreurs exposera clairement et méthodiquement la force et l'utilité de la doctrine chrétienne, excitera dans l'âme des auditeurs l'amour de l’église catholique, qui conserve la doctrine en son intégrité et en sa pureté,

60. Puisque, grâce aux détestables artifices et aux perfidies des sectes, des jeunes gens, de pauvres artisans et des ouvriers se laissent facilement séduire et prendre, il faut leur appliquer des soins spéciaux. En ce qui regarde li jeunesse, il faut tâcher surtout, dès les premières années, tant dams l'enceinte de la famille que dans les temples et les écoles, de la former attentivement à la for et aux mœurs chrétiennes, de l'instruire abondamment des moyens de se garder des piéges dresses par les sectes ténébreuses, lui montrant que si elle tombe dans ces filets, elle devra par la suite servir honteusement des iaaitres iniques, pour la perte du salut éternel et de la dignité humaine. On pourvoira trés utilement à la sauvegarde des jeunes gens en provoquant chez eux des sociétés placées sous le patro: nage de la Bienkeureuse Vierge ou d'un autre patron céleste. Dans ces réunions, comme en des gymnases,

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surtout si des prétres ou des LAIQUES remarquables par leur sagesse el leur habilelé sont placés à leur fete, les jeunes gens prendront le gout de cultiver la vertu, de professer ouvertement la religion, méprisant la dérision des implies. el, en meme temps, saccoutumeront a détester tout ce qui est contraire à la vérité catholique et d lu saintete.

1o. Il est aussi tres utile que les peres dun cote, de l'autre les mères de famille s'unissent par un pacte fraternel à cette fin, de sorte que leurs forces unies leur permettent de se dévouer plus convenablement et de pourvoir plus efficacement au salut éternel et à la bonne éducation de leurs enfants. Plusieurs associations de ce genre, soit d'hommes soit de femmes, se sont constituées en divers endroits, sous la tutelle de quelque puissance céleste et produisent d'heureux fruits de religion et de piété.

8o. Au sujet des artisans et des ouvriers, parmi lesquels ont coutume de faire leurs recrues ceux qui ont pour but de miner les fondements de la religion, les ministres du culte doivent mettre sous leurs yeux ces antiques collèges d'artisans, ou ces universités ou corporations d'ouvriers, qui, sous le patronage céleste, au temps passé, ont été l'illustre ornement des cités, et ont contribué à l’accroissement des arts plus relevés ou plus humbles. Il faut restaurer ces réunions et d'autres encore parmi les hommes mémes qui se donnent aux affaires du commerce ou aux études supérieures, et il faut. que les associés soient soigneusement instruits et dressés aux devoirs de la religion, et en méme temps se prêtent une aide mutuelle dans les nécessités humaines que la maladie, la vieillesse ou la pauvreté ont coutume d'apporter. Les présidents de ces associations veilleront attentivement à ce que les associés se fassent remarquer par la probité de leurs mœurs, leur habileté technique dans leurs

travaux, leur docilité et leur assiduité dans le travail, afin qu'ils puissent plus facilement se procurer ce qui est nécessaire à la vie,

Les ministres du culte ne refuseront pas de veiller sur des sociétés de ce genre, d'en proposer ou d'en approuver les règlements, de leur concilier la œenérosité des riches, de les prendre sous leur patronage, de les aider de leurs soins.

Jo. Leur bienveillance particulière ne manquera pas à cette admirable Société de prières et des œuvres, qui naissant en quelques endroits, a déjà commencé a prospérer en d’autres. Il faut veiller avec un Z'le suprême à y faire inserire tous ceux qui ont de bons sentiments religieux. Comme son but esi d'encourager et de développer par un général effort des âmes dans toute l'ézendue de l'église universelle, les œuvres de religion et de piété, de sappliquer assidüment à apaiser la colere divine, on comprend sans peine de quelle utilité elle sera en ces temps malheureux. Parmi les formules de prieres, les évéques recommanderont surtout celle qui tire son nom du Rosaire de la Mère de Dieu. celle que Notre Saint Père, il ya peu de temps, a recommandée et si instamment conseillée, avec de si amples éloges, comme étant la plus importante. Parmi les œuvres de piété, qu'ils donnent la préférence à celle du Trers-Ordre de St. François: ils tacheront d'y faire inserire le plus d’adhésions possibles, comme à celle de St. Vincent de Paul ou des Enfants de Marie, afin que les œuvres éclatantes accomplies par elles, aux applaudissements du monde catholique et au bénéfice des âmes, se répandent chaque jour davantage.

10, Enfin, il serait tres bon, partout où les conditions des lieux et des personnes le permettent, de Jatre naître des académies catholiques, de tenir ces utiles assemblées ou congrès comme on les appelle, où sont envoyés les hommes d'élite d'une ou de plusieurs

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régions ; il faut que les pasteurs ne dédaignent pas de les honorer de leur présence, afin que sous leurs auspices on puisse adopter les résolutions propres a développer le mouvement catholique, les mesures les plus utiles à l'intérét de la religion et à l'intéret publie.

“Tne serait pas déplacé " que ceux qui, par des écrits suivis ef par leurs travaux ont acquis cette spécialité de défendre les droits de Dieu. et de l'Eglise, de couper dans leur racine les nouvelles erreurs ef calomnies qui prennent chaque jour naissance," 8 ASSOCIASSENT " pour lutter, sous la conduite. des éveques. Il ne se peut que, si toutes les forces qui, grâce à Dieu, sont encore vives et actives dans l'Eglise, concouraient au même but, des fruits très abondants n'en soient recueillis pour racheter la société actuelle des hommes de la contagion funeste des sectes iniques. et pour la rendre à la liberté chrétienne

110. Le but qu'on se propose aujourd'hui ne sera pleinement réalisé si les forces ne s'unissent, si les archevéques ne prennent avec leurs suffragants les résolutions et les mesures sur ce qu'il convient de faire pour répondre aux désirs du Pasteur supréme, [lest dans les vœux de Celui-ci et de cette suprême Congrégation que chacun d'eux.

sans délai et à l'avenir chaque fois qu'il fera un rapport sur l'état des diocèses, n'omette pas d'indiquer ce que en particulier ou d'accord avec ses collègues en episcopat il aura fait, et quels resultats son zele aura obtenus.

Donné à Rome, de la chancellerie du Saint-Office, le 10 mai 1884.

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