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Notre Très Saint Père le bape Léon XII.
4 tous ies Patriarches, Primats, Archevéques et Evéques du monde catholique en grâce el en communion avec le Saint Siège Apostolique.
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A Nos Vénérables Frères | atriarches, Primats, Archevéques et Lv de tout l'univers catholique en grace « communion avec le
Saint Siége Apostoliq LÉON XIII, PAPE.
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Vénérables Fréres, salut et bénédietion apostolique.
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donné de voir d’une maniére éclatante combien est grand dans le peuple chrétien le zéle de la religion et de la piété, et combien tous mettent leur espoir dans la divine protection de la Vierge Marie,
Cette grande manifestation de piété et de foi, Nous le déclarons, ne Nous a pas peu consolé, au milieu des épreuves et des maux qui Nous accablent, et méme elle Nous a donné un nouveau courage pour en supporter de plus grands encore, sil plait ainsi à Dieu. Car, tant que l'esprit de priére est répandu sur la maison de David et sur les habitants de Jérusalem, Nous avons la certitude que Dieu un jour Nous sera propice, et que, prenant en pitié le sort de sen Eglise, il écoutera encore les supplications de ceux qui le prient par Celle dont il a voulu faire la dispensatrice des grâces célestes,
C’est pourquoi les raisons qui nous ont porté l'an dernier, comme Nous l'avons dit, à provoquer une manifestation. publique de piété étant restées les mémes, Nous avons cru de Notre devoir, vénérables fréres, d'exhorter encore cette année les peuples chrétiens, à mériter la puissante protection de linsigne Mère de Dieu, en continuant de la méme maniére à réciter pieusement * le Rosaire de Marie." Quand, en effet, l'acharnement des ennemis du nom chrétien est si grand à poursuivre leurs desseins, ses défenseurs ne doivent pas avoir moins de résolution, surtout puisque le secours céleste et la grace de Dieu sont souvent le prix de la persévérance. Il nous plait, à ce propos, de rappeler l'exemple de cette grande Judith, figure de la divine Vierge, qui réprima la folle impatience des Juifs, lesquels voulaient fixer à Dieu, selon leur gré, le jour de la délivrance de leur patrie opprimée. Il faut considérer de méme l'exemple des apôtres, qui attendirent en persévérant unanimement dans la prière ayee Marie, mère de Jésus, le très haut
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Car il s'agit maintenant aussi d'une chose difficile, et de grande importance; il s’agit d'humilier l'ennemi antique et plein de ruse dans toute l'exaltation de sa puissance ; il s'agit de revendiquer la liberté de l'Eglise et de son chef; il s’agit de conserver et de protéger ces abris nécessaires de la sécurité et du salut du genre humain.
C'est pourquoi il faut veiller à ce que, dans ces temps lamentables pour l'Eglise, la trés sainte coutume de réciter le Rosaire de la sainte Vierge soit gardée avec soin et pieusement, pour cette raison surtout que.ces priéres, étant composées de facon à rappeler dans leur ordre tous les mystères de notre salut, sont trés propres à nourrir l'esprit de piété.
Quant à l'Italie, il est nécessaire d'implorer sur sur elle le secours de la Vierge trés puissante, maintenant surtout qu'une calamité inopinée ne nous menace plus seulemeni, mais nous atteint. En effet, la peste asiatique ayant, par la volonté de Dieu, franchi les limites que semblait lui avoir fixé la nature, a envahi les ports les plus célébres de la France et de là les contrées d'Italieles plus voisines. Il faut donc se réfugier vers. Marie, vers celle (ue l'Eglise appelle à juste titre salutaire, auxiliatrice, libératrice, afin que sa volonté propice Nous apporte les secours que Nous aurons implorés par les prières qui lui sont le plus agréables, et qu'elle éloigne de nous l'Impur fléau.
C'est pourquoi, à l'approche du mois d'octobre, dans lequel le monde catholique féte la solennité du Saint Rosaire, Nous avons résolu de prescrire pour cette année encore ce que Nous avons prescrit l'année précédente. Nous décidons par conséquent, et Nous ordonnons que, depuis le premier jour d'octobre jusqu'au second jour du mois de novembre suivant, dans toutes les églises paroissiales ou dans
les sanctuaires publies dédiés à la Mère de Dieu, ou dans d'autres à choisir par l'ordinaire du lieu, on récite chaque jour au moins cinq dizaines du Rosaire, en y ajoutant les litanies, et, si c'est le matin, que le saint sacrifice se fasse pendant les prières ; si c'est l'aprés-midi, que l'on expose peur l'adoration le Trés Saint Sacrement et puis que les assistants se purifient selon la liturgie. Nous désirons en outre que les confréries du trés saint Rosaire, partout oü les lois civiles leur en laissent la facilité, fassent dans les rues une proeession solennelle en vue de l'édification publique.
Or. pour que les trésors oélestes de l'Eglise soient ouverts à la piété chrétienne, Nous renouvelons chacune des indulgenees que Nous avons accordées l'année dernière. Ainsi, à tous ceux qui assisteront, aux jours fixés, à la récitation publique du Rosaire, et auront prié à Notre intention, comme à ceux qui, en étant empéchés par une cause légitime, réciteront en particulier. Nous accordons pour chaque fois une indulgence de sept ans ^t de sept quarantaines. Quant à ceux qui, dans le temps susdit, auront accompli les mémes dévotions au moins dix fois, soit en publie dans les églises, soit, pour de justes motifs, dans les maisons particuliéres, et qui, ayant expié leurs péchés par la confession, auront communié, Nous accordons lindulgence plénière de leurs fautes, prise dans le trésor de l'église. De même, Nous accordons cette indulgence plénière et la rémission des peines à ^us ceux qui, soit dans un des jonrs de l'Octave,: — nt lavé les souillures de leur âme et participé sa.ntement au divin banquet et qui auront prié à Notre intention, Noire Seigneur et sa trés seinte Mère dans cuelque sanctuaire,
Enfin, voulant avoir égard à ceux qui vivent à la Campagne et qui sont particulièrement retenus, pendant le mois d'octobre, par les travanx des champs,
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Nous leur accordons la permission de différer, selon la disposition prudente de leurs Ordinaires, jusqu'aux mois de novembre et décembre suivants, les exercices prescrits plus haut pour gagner les saintes indulgences pendant le mois d'octobre.
Nous ne doutons pas, venérables fréres, que d'abondants et riches fruits ne répondent à Nos soins, surtout si aux graines que Nous avons plantées et que votre sollicitude aura arrosées, Dieu accorde du ciel l’accroissement par la diffusion de ses gráces. Nous sommes assuré que le peuple chrétien écouterala voix de Notre autorité apostolique avec la méme ferveur de foi et de piété dont il a donné, l'an passé, un magnifique témoignage.
Que la céleste patronne invoquée dans la priére du Rosaire nous soit propice et qu'elle fasse que par la cessation des divisions et le rétablissement de lordre chrétien dans toutes les parties de la terre, nous obtenions de Dieu pour l'Eglise, la paix tant désirée. Comme gage de ce bienfait, Nous vous accordons affectaeusement à vous, à votre clergé et aux peuples qui sont confiés à vos soins, la bénédiction apostolique.
Donné à Rome, prés Saint Pierre, le 30 aoüt 1884, l'an VII de Notre Portiüicat.
LÉON XIII, PAPE
3ieme SERIE—No. 20.
CIRCULAIRE AU C',ERGÉ.
Ev£cHÉ D'OTTAWA, le 21 Novembre 1884.