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Gième série—No, 7.
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CIRCULAIRE AU CLERGE
Tout à Jésus par Marie, reine des cours.
ARCHEVÉCHÉ D'OTTAWA, le 15 novembre 1900
lriduuim en l'honneur de Saint Jean-Baptiste de la | Salle.
CHERS COOPÉRATEURS
Le 24 mai de cette dernière année du dix-neuvième | ècle, Sa Sainteté le Pape Léon XIII, au cours d'une | cérémonie infiniment majestueuse et merveilleusement
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douce, canonisuit, à Saint-Pierre de Rome, deux Bienheureux.
Rien n'avait été épargné pour donner le plus grand éclat à la fonetion pontificale. Je cite un témoin oculaire: * Le premier coup d'œil, à l'intérieur de l'église, dépassait tous les réves. Une seule expression dira tout: ona réussi à embellir Saint-Pierre. En entrant dans ce sanctuaire, où le ciel va descendre afin d'y cueillir deux nouveaux saints, l'on croirait monter soi-niéme au cel."
" Des tentures somptueuses retombent de tous cótés en plis harmonieux ou se drapent avec grace autour des tribunes. L'église est remplie."
" Assis sur son tróne, ayant au front la mitre d'or et parlant en qualité de Docteur de l'Eglise universelle, Léon XIII éléve la voix, seul au milieu du grand silence. Il décrète et détinit Saints les Bienheureux Jean-Baptiste de la Salle ct Rita di Cascia."
" Aussitôt, le Ze Dewm, entonné par les chœurs, éploie dans limmensité du temple et sur limmensité de la foule (quarante mille), ses grandes ailes de puissante harmonie, qui semblent porter jusqu'aux cieux la reconnaissance et l'exultation des fidèles.”
“La messe commence. C’est le cardinal Oreglia, doyen du Sacré-Collèwe, éminent par ses hautes vertus plus encore que par sa dignité, qui la célèbre avec toute la grandeur et la gravité d'un prinee de l'Eglise unies à la piété d'un jeune prêtre.”
" La messe s'achève, D'un geste paternel et souverain, le Saint Père donne sa bénédiction ” (FRANCOIS VEUIL- LOT, passim.
Saint Jean-Baptiste de la Salle est porté sur les autels du monde catholique; il est proposé à l'univers entier peur tron des écoles populaires ; c'est une des récompenses que Dieu accorde aux travaux de son grand serviteur et aux labeurs incessants de sos. fils spirituels les chers Frères du N écoles chrétiennes.
" Ne reconnaissez-vous pas une sorte d’opportunisine surnaturel dans la canonisation du Bienheureux de la
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Salle ? Voilà un prétre qui, né en plein. dix-septiéme siecle, s'est montré un véritable précurseur et a réalisé, en matière d'éducation populaire, la plupart des progrès que notre âge peu modeste croit avoir inventés hier ou avaut-hier. Il a travaillé, il a peiné pour instruire et clever les enfants pauvres pendant une longue vie, surmontant tous les obstacles, contredit, entravé par tout le monde, Il] meurt, et son sépulere devient glorieux, et les germes qu'il avait semés au dix-septieme siècle s'épanouissent au dix-neuvième en moisson magnifique, et ses fils se multiplient au-delà de toutes ses prévisions, s'en vont enseigner....jusqu'au bout du monde. En canonisant ce grand homme, le Saint-Père a évidemment glorifié un. bienfaiteur insigne du peuple; il se sera souvenu du grand eri quia été poussé par son divin Maitre et qui est resté la grande devise des saints : Misereor super turbam ! (Alloeution du Card. Mathieu.)
La suprême décision du Vicaire de Jésus-Christ est l'éelatante condamnation de l'athéisme et de la neutralité scolaire; elle est en même temps l'excitation la plus puissante à promouvoir la diffusion des écoles chrétiennes. Si nous la comprenons bien, nous éprouverons un renouvellement de zèle pour les écoles catholiques oü les religieux et les religieuses ont naturellement leur place, et nous reconnaitrons que les éeoles neutres ott la religion n'est pas enseignée, font courir aux enfants qui les fréquentent mille dangers spirituels auxquels il est du devoir des parents. comme des pasteurs, de les soustraire.
La eanonisation de La Salle, on peut le dire hautement, est la glorification de l'instruction, de l'éduoation du peuple. Cette éducation est la grande, l'ineessante préoccupation de l'Eglise.
La religion est nécessaire à l'ordre sociale et, je n'hésite pas à lVaffinner, m^me au développement de la pros priété matérielle des peuples ; elle doit done être enseignée dans les écoles ; et elle le sera d'autant mieux que les instituteurs la connaitront plus parfaitement et la pratiqueront dans sa perfection,
Mais la vie présente est peu de chose et la question du bien-étre n’est pas cout. Le salut de l'àme est la seule chose absolument néeessaire. Sans religion personne ne l'operera. La religion a done ses droits partout; elle les a à l’école tout aussi bien qu'au foyer domestique et à la maison de Dieu.
C'est la pensée qui a déterminé saint Jean-Baptiste de La Salle à fonder un Institut de religieux bien pénétrés des vérités divines, capables de donner l'exemple de toutes les vertus, capables aussi de consacrer leurs journées tout entières à la formation intellectuelle et morale des enfants du peuple, pour en faire des citoyens intègres, utiles à la patrie, des catholiques sans peur et sans reproches.
Ces humbles Frères sont à l’œuvre depuis deux cents ans, ls ont l'esprit de leur illustre Fondateur, ils s'inspirent de son zèle et de son dévouement : quoiqu'on fasse, quoiqu’on dise, ils restent les instituteurs des enfants du peuple. De dix ou douze qu'ils étaient au commencement, ils sont aujourd'hui quinze mille qui remplissent l'univers.
Nous avons le bonheur de posséder, à Ottawa et à Hull, des chers Fréres des écoles chrétiennes. Ils accomplissent ici, avec succès, l'œuvre voulue par saint Jean-Baptiste de la Salle. Nous leur devons de la reconnaissance. Ils méritent tous nos eneouragements et nos sympathies,
C'est pourquoi, j'ai pensé que nous devions nous unir à eux pour célébrer des offices religieux particuliers en l'honneur de leur Pére dont le nom vient d'étre ajouté à la liste des saints canonisés,
Ces offices seront eélébrés dans la Basilique, les 28, 24 le 25 du présent mois. Vous en trouverez le programme à la suite de la présente eireulaire.
Des offices semblables auront lieu plus tard à Hull.
Vous êtes invités, ainsi que les fidèles, plus partieulierement ceux d'Ottawa et de Hull, à y assister,
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