IV CONCILE PROVINCIAL DE QUÉBEC
Décrer VIII.
Des mauvais livres el Journaux.
“Parmi les scandales de ce siècle pervers aucun assurément n'est plus à craindre ni plus à exécrer que le scandale produit par les livres impies et obscénes, Cette peste est la plus cruelle et la plus mortelle de toutes ; elle infecte non seulement uu pays et une. époque, mais elle se répand en tous lieux el en tous temps et remplit tout de ses ravages, Qui peut dire les maux horribles que la religion et les mœurs ont souffert et souffrent encore malheureusement chaque jour de cette source empoisonnée, le scandale des livres, brochures et journaux condamnables,
Aussi, Nous, à qui sont confiés le dépôt de la foi et la garde des mœurs, Nous comprenons avec quelle sollicitude et avec quel zèle Nous devons prémunir les fidèles à Nous confiés contre un tel scandale et contre un si grand danger pour leur salut
C'est pourquoi Nous avertissons dans le Seigneur tous les curés, prédicateurs, confesseurs et autres ministres de Dieu de s'opposer de toutes leurs forces 4 ce torrent formidable d'iniquité, afin de retirer ainsi, autant qu'il est en eux, les âmes qui périssent, et de les arracher aux gouflres de l'enfer,
A cette fin 1o. qu'ils tiennent fermement et préehent avec constance que c'est une vérité dogmatique. que l'Eglise. et principalement le Souverain Pontile, à titre de Vicaire de Jésus-Christ ei de Nnccesseur de Saint Pierre, a recu du Seigneur même le pouvoir de défendre anx fidèles soit les livres parlant sans respect de la religion, soit les livres conte-
nant quelque chose contre les bonnes mœurs, soit contre l'Eglise ou contre Ja société civile, Pour Nous Servir des paroles du Pontife Suprême Grégoire XVI, en son Encyclique Mirar; vos “on voit en “toute évidence combien esi fausse, téméraire, inju- "rieuse au Siège Apostolique et féconde en maux ‘énormes pour le peuple chrétien Ja doctrine de " ceux, qui, non seulement rejettent la censure des " livres comme trop dure et trop onéreuse, mais qui “arrivent méme à un tel degré de perversité, qu'ils " ]a déelarent en désaccord avec les principes du droit “ Véritable et osent en nier à l'Eglise Ja Possession ‘et l'exercice."
20. Qu'ils *PPrennent soigneusement aux fidèles confiés à leurs soin que la loi de l'Index défendant la lecture de certains livres, en tani que loi générale de l'Eglise ou portée par le Souverain Pontife, oblige partout tous les chrétiens, par elle-même et sous peine de péché Brave, car il s’agit d'une chose grave
50. Que toutes les règles du même Index, soit portées par le Concile de Trente, soit Statuées par la S. Congrégation de l'Index et approuvées par leg NN. Pontifes, doivent étro observées Par tous les fi. déles : cela est confirmé par le témoignage de cette méme S, Congrégation de l'index et par là par le 8 Pontife lui-méme, dans les termes suivants : « Au “reste il faut observer les Règles de l'Index," (5. Cong. Ind. 18 juin 1767 et 7 janvier 1836) ; c’est aussi ce que Nous voulons et. statuons Nous-mémes pour cette province ecclésiastique.
4o Que ceux qui lisent les livres défendus par ces régles ou mis au catalogue des livres prohibés, péchent non seulement contre la loi ec
clésiastique, mais parfois aussi contre la loi naturelle —
50, Qu'il n'est permis à personne d'imprimer ces livres, de les vendre indistinctement, de
ou prêter ; qu'il n'est pag vermis de les lire hide I { l
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les acheter pour soi, ni de les recevoir des autres, ni de les garder sans une permission particulière ;—
00. Qu'il faut compter au nombre des livres prohibés toutes les Versions de ]a Bible faites ou éditées par les hérétiques, ainsi que les versions en langue vulgaire données par des auteurs catholiques, à moins qu'elles ne soient approuvées par le Saint- Siége ou éditées avec l'approbation de l'Ordinaire et avec des notes des Péres de l'Eglise ou d'hommes instruits et catholiques.
Que les pasteurs des Ames enseignent ces points à leurs ouailles concernant les livres pervers et défendus, et qu'ils veillent attentivement à ce que ces livres ne soient colportés d'aucune manière dans leur paroisse, et s'ils en trouvent quelques-uns, qu'ils aient soin, selon la constitution de Pie IV Domini (regis, de les envoyer au plus tot à l'Evéque.
S'ils rencontrent à ce sujet des hommes rebelles, qui refusent d'obéir à leur admonitions et exhortatlons, et qui veuillent opiniatrement lire et garder ces livres sans permission, nonobstant le danger de leur propre perversion ou de celle des leurs, qu'ils les regardent comme tout à fait indignes de la sainte communion et qu'ils leur refusent l'absolution.
Au reste, pour que les fidàles ne soient pas trompés au sujet des livres qu'ils peuvent soit avoir, soit lire, qu'on les avertisse diligemment de consulter leurs pasteurs ou leurs confesseurs et de suivre leurs ordres en ce qui concerne ces livres,
Que les confesseure comprennent qu'il faut beaucoup de prudence en une chose si grave et si périllense, et qu'ils soient attentif: à prendre la direction de l'Evéque.,
Qu'ils se rappellent qu'il .ppertient anx Ex éques de défendre les mauvais livres, * même sous peine de censure à encourir : et que j.^.sonne ne doute de ce pouvoir des Evéques, que Léon XII leur a rap-
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pelé le 26 mars 1825 et que Pie IX a confirmé plus récemment, le 24 août 1864.
Quant aux mauvais journaux, une expérience déplorable constate, aux yeux de tous, qu'il en résulte des maux, non moindres que des mauvais livres, pour la religion, l'Eglise, les mœurs et la société humaine ; ces maux sont même plus grands, car ils se répandent partout davantage et plus facilement et ils parcourent chaque jour le monde entier comme une peste horrible et formidable. Que les pasteurs he mettent pas moins de zèle à s'opposer à l'uffreux scandale des journaux pervers; qu'ils n'emploient pas moins de soin à éloigner leurs ouailles de ces feuilles empoisonnées, et qu'ils veillent à ce qu'aucunes d'entre elles ne solent recues et Ines dans leurs paroisses,
Que les pesteurs et les conlesseurs tiennent pour pervers ces journaux dans lesquels, à considérer leur aspect et leur apparence générale, c.-à-d. l'egprit avee lequel ils sont écrits, on trouve battns en bréche l'autorité de l'Eglise, son magistére, ses droits, ses doctriaes en chaque ordre de choses, ses instituts et institutions, sa discipline, ses mœurs ou les usages approuvés par elle ; ou bien on voit que tout cela y est fréquemment couvert d'injures et de ealomnies, ou qu'au contraire on y préche, on y défend ou on insinue insidieusement dans les esprits des erreurs queleonques ou des propositions qui se trouvent con-
damnées, particulièrement dans le Syllabus annexé à l'Encyclique Quanta Cura
Quant à la manière d'agir envers ceux qui prétendent recevoir et lire les mauvais journaux, qu'on suive celle que nous avons statnée ci-devant à l'égard de ceux qui s'obstinent à lire ou à garder les livres condamnés
I| est hors de doute que parmi les livres défendus et à défendre il faut compter la plupart du tem ps les livres qu'on appelle romans.
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Parmi les romans, les uns sont impies, les autres obscenes, d'autres senlement amoureux.
Quant aux premiers, c-à-d. les romans impies et obscenes, ils sont indubitablement défend: s à la fois par la loi naturelle et par la loi ecclésiastique ; par suite, envers ceux qui, an grand détriment de leur Ame, lisent assidiment ces sortes de livres ou les retiennent, il faut agir en la manière prescrite plus haut à l'égard de cenx qui lisent ou retiennent scienment et obstinéme:t les livres prohibés par l'Index.
Pour les derniers, les romans amoureux, ils offrent quelque fois un grave danger aux lecteurs, surtout à la jeunesse, car il s'y cache souvent un certain poison d'autant plus nuisible qu'il est moins apparent Tous les pasteurs des Ames sont donc instamment exhortés à détourner avec tous leurs soins leurs ouailles, surtout Ja jeunesse, de la lecture de ces livres vraiment empoisonnés.
Qu'ils avertissent aussi les parents de la grave obligation, qu'ils ont envers leurs enfants, de ne leur permettre aucunement de lire ou de garder les livres qui mettent en péril la foi ou les mœurs—S'ils ne peuvent eux mémes juger de la nature ou de la qualité des livres, qu'ils consultent leurs pasteurs ou au moins des hommes prudents et religieux.
Afin de détourner à la fois plus facilement et plus efficacement leurs ouailles soit des livres réprouvés et défendus soit des mauvais journaux, que les pasteurs tâchent de leur procurer des bons livres et qu'ils ne manquent pas d'amener ceux qui désirent lire les journaux, à souscrire à quelque journal voué aux bons principes et vraiment catholique,
C'est pourquoi chaque pasteur des Ames doit employer tous ses efforts pour avoir dans sa paroisse une bibliotèque de bons livres à usage de ses paroissieus, et nous les y exhortons tous dans le Neigneur avec les plus vives instances,—”
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DÉCRET XXII. 4 exer
Des Ecrivains Catholiques. ils
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Aprés avoir défini ce qu'ils entendent par écri- ae fa vaina catholiques et avoir in liqué à cet égard la LR en situation du pays en ve temps, les l'éres du Concile BÉ gen citent sur les écrivains catholiques l'Encyclique de & peii Pie [X aux Evéques de Fran: e, Inter. multiplices, Om 1853 ; la citation termine par ce passage : 1 natis
" I! appartiendra, dit le Pontife, à votre charité et ils
“a votre sollicitude épiscopale d'encourager ces dons
“écrivains catholiques bien intentionnés, alin que,
" animés d'un zèle toujours plus grand, ils continuent À VI “a défendre attentivement etsciemment la cause de “la vérité catholique; il appartiendra aussi de les " avertir prudemment en termes paternels, si en écri- " vant ils commettent quelqu’écart.”
Pour que les écrivains traitant les sujets religi atteignent le but indiqué par N.S. P. le i ape Pi il faut :