‹ Mandements et circulaires de Mgr. Joseph Thomas Duhamel, 1er archevêque d'Ottawa [microforme]Chapitre 21 sur 155 · DÉCRET XXII · texte numérisé non relu

DÉCRET XXII

Des écrivains catholiques.

Les Péres du VII Concile de Québec désirent cordialement féliciter, comme ils le méritent, les écrirains eatholiques qui, dans leurs écrits, ne perdent pas de vue les règles qui se trouvent dans le V Concile de cette province, non plus que les conseils que le S. P. Léon XIII a si souvent donnés aux écrivains.

Le Souverain Pontife parait avoir eu surtout deux choses en vue : d'abord que les écrivains se euident toujours par la régle supréme de la charité chrétienne; ensuite qu'ils n'oublient pas qu’ayant la méme foi et étant unis par la méme espérance ils doivent aussi suivre la méme voie, cette voie qui leur est ouverte par les Evéques, représentants du Souverain Pontife et de Jésus-Christ, même : ils doivent donc toujours écouter leur voix avec soumission et observer humlqement leurs ordres.

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Dans sa lettre mémorable au Card. Guibert, Archevéque de Paris, parlant de la loi supréme de concorde que le catholique doit se tracer et suivre, le Pape poursuit ainsi: * Cette obligation qui s'impose “a tous en général, s'impose bien plus aux rédac- “teurs de journaux : s'ils ne sont pas animés de cet " esprit docile et prét à obéir, si nécessaire à tout catho- " ]ique, ils en arriveront facilement à répandre eux- "mémes et à augmenter les maux dont nous nous "plaignons. En tout ce qui touche à la religion et à "l'aetion de l'Église dans la société leur devoir, “comme celui des autres chrétiens, est d'étre entiére- “ment soumis d'esprit et de cœur à leurs Evéques "et au Pontife romain, de suivre leurs ordonnances "et de les faire connaitre, d'adhérer de tout cœur “a leurs entreprises et de faire en sorte que les “autres obéissent.”

Le Souverain Pontife enseigne la méme doctrine à la noble nation francaise : * Pour obtenir les résul- “tats désirés, dit-il, l'union des volontés et la “ conformité d'action est nécessaire par dessus tout, " Assurément l'ennemi ne désire rien plus que de “voir les catholiques en dissension entre eux; par " suite ceux-ci doivent avant tout éviter la discorde, “se souvenant de la parole divine: Tout royaume “divisé contre lui-méme ser désolé,

“Si, pour arriver à la concorde, il faut que quel- "qu'un renonce à son jugement et à ses idées, qu'il “le fasse volontiers, en vue du bien commun, Ceux “qui s'occupent à écrire ont à s'appliquer beaucoup "à conserver en toutes choses cette concorde des “ esprits; qu'ils soutiennent les entreprises commu- "nes; qu'ils obéissent de bon cœur à la conduite "de ceux que l'Esprit-Saint a établis Évéques “ pour gouverner l'Église de Diev, qu'ils vénérent leur "autorité, qu'ils n'entreprennent rien contre leur “volonté, puisque dans les combats pour la religion “al faut les suivre comme des chefs.”

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Enfin nous empruntons à l'Encyclique Immortale Dei ces paroles pleines de sagesse :

" La défense du nom catholique réclame impérieu- “sement que, dans la profession des doctrines ensei- "gnées par l'Église, il y ait unanimité, constance " inébranlable ; et sur ce point il faut prendre garde " Soit d'étre en quoi que ce soit de connivence avec " les opinions fauses, soit de leur résister plus molle- “iment que la vérité ne l'exige.g {Dans les matières “ d'opinions libres, il est permis de discuter modéré- “ment dans le but d'éclaircir la vérité, mais en * bannissant les soup¢ons injurieux et les accusations “ réciproques...N’il Sagit de questions purement “politiques, de la meilleure forme de gouvernement, “de tel ou tel système d'organisation civile, il peut “certainement y avoir en ces points des divergences “honnêtes. L'équité ne souffre donc pas que l’on “fasse un reproche à des hommes, dont la religion “est connue d'ailleurs et dont l'esprit est tout disposé “a recevoir avec docilité les décisions du Saint-Siége, “de ce qu'ils ont des opinions diverses sur les choses " dont nous parlons ; ce serait une injustice beaucoup “plus grande si, comme nous avons eu plus d'une “fois à le regretter, on les accusait d'avoir violé la “ foi catholique ou d’être d'une foi suspecte. Voici un " précepte que doivent absolument garder ceux qui “ont l'habitude de confier leur pensées à la presse, les “rédacteurs de journaux principalement. Dans la “ lutte accuelle (contre le naturalisme et le ralionalime) “ou les plus grands intérêts sont en jeu, il ne faut “ ]aisser aucune place ni aux dissentions intestines ni “à l'esprit de parti; mais avec un effort unanime des “esprits et des volontés, tous doivent tendre a ce qui “est le but de tous, la conservation de la religion et “de la société,” Que les écrivains catholiques ne perdent jamais de vue aucune de ces règles et qu'à l'avenir, dans leurs écrits, ils évitent par dessus tout les faussetés les,

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médisances, les calomnies, les paroles injurieuses. Tout cela est fort scandaleux et fort nuisible pour les mœurs publiques et privées, pour la société religieuse et eivile. Les écrivains, comme tous les autres qui traitent les affaires publiques dans leurs discours ou dans leurs écrits, sont obligés de suivre la loi naturelie, divine et humaine, et méme d'en observer plus strictement les préceptes à cause de l'autorité personnelle dont ils jouissent,

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