MONSEIGNEUR JOSEPH THOMAS DUHAMEL
Sur la situation du Pape, l'érection de l'Université d'Ottawa, l'approbation des Règles et Constitutions des Sœurs Grises de la Croix, l'érection. d'un Chapitre.
Par la Grace de Dieu et du Suint-Siège Apostolique, Archevéque d Ottawa, Assistant au Trône Pontifical, etc.
Au Clergé Séculier et Régulier, aux Communautés helgieuses et aux Fidèles de Jl'Archidiocése d'Ottawa, Salut et Bénédiction en Notre-Seigneur Jésus-Christ.
Nos Très CHERS FRÈRES,
Nous ne voulons pas tarder plus longtemps à porter officiellement à votre connaissance les faveurs signalées que Nous avons obtenues du Vicaire de Jésus- Christ, pendant le séjour que Nous avons fait dans la Ville Eternelle, Nous l'aurions fait plus tót si la multiplicité des affaires ne nous en avait empéché depuis le jour, 9 avril dernier, ou Nous avons repris, à notre retour dans notre chére ville d'Ottawa, l'administration de cet archidiocéese.
Les principales de ces faveurs sont au nombre de trois: lo l'érection canonique de l'Université d'Ottawa ; 20 l'approbation définitive des Règles et constitutions des Sœurs Grises de la Croix ; 30 l'établissement d'un Chapitre dans l'Eglise Métropolitaine.
Mais avant de vous en entretenir, il me semble que je réponds à votre pieux désir en vous parlant du Pape et de la situation qui 1 i est faite par les ennemis
de l'Eglise.
Nous avons eu le bonheur d'obtenir plusieurs audiences particulières de Sa Saintete ; Nous l'avons aussi vu et entendu dans des audiences publiques, ou à des cérémonies qu'il présidait: une fois dans la Basilique de St. Pierre, le 30 décembre dernier ; en d’autres occasions dans la Chapelle Sixtine ou dans les salles du Vatican.
Léon XIII est presque octogénaire, mais il est fort, vigoureux, plein d'énergie ; sa santé, si elle se maintient, lui permettra de vivre encore de longs joars.
Dans l'intimité, ce grand Pape est père, frere, ami, d'une bonté et d'une bienveillance qui lui attachent tous les cours; en publie, il est un Pontife pieux,
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auguste, le vrai représentant du Christ. Assis sur son trône ou porté sur la Sedia Gestaloria, il se fait de suite reconnaitre pour Souverain Pontife et Pontife souverain : du Pontile et du Roi, ila to te la majesté dans son maintien, toute la sagesse dans ses discours. Léon XIII est l'homme de Dieu qui domine tous les autres hommes, amis ou ennemis de l'Eglise. Une partie de ses journées et de ses veilles est réservée à la prière, l'autre au travail. Voici ce qu'il veut obtenir par ses ferventes priéres et par son travail incessant: diminuer les persécutions; faire cesser, autant que faire se peut, toutes les discordes ; remettre en vigueur la discipline ecclésiastique ; faire fleurir les sciences et les lettres; porter la lamiere du vrai sur tous les problèmes que se pose forcément, aujourd'hui, la société ; donner la paix aux nations et aux consciences; propager, en tous pays, les bienfaits de la véritable civilisation et de la vraie liberté ; dégager les aspirations des peuples catholiques des injustices des sectaires ; enseigner à toutes les nations et à leurs chefs l'unique voie du salut que ne peuvent retrouver ceux qui ne vivent plus en chrétiens. Ce que désire, ce que veut le Pape, ce à quoi il travaille, c'est donc le bien de tous.
S"! n'a pas encore pu réaliser son plan en son ( il a cependant remporté des succès dont les
.voliq es ont droit d'étre fiers. Ecoutez comment en parle un écrivain laïque * :
* Depuis que Léon XIIT gouverne l'Eglise Catholique, amis et adversaires s'accordent pour reconnaitre l'étonnant prestige dont jouit le Pape dans le monde entier, malgré la situation précaire à laquelle l'Italie a réduit le St. Siège et malgré l'impnissance matérielle qui semblerait devoir en résulter pour le Souverain Pontife, dépouillé, détróné."
* Baron d'Y voire, dans la Défense,
« Les populations catholiques admirent et bénissent Dieu. Elles savent que les promesses éternelles ont été faites à son Eglise par Jésus-Christ. Elles savent que l'Eglise a subsiste impérissable à travers tous les orages et que les l'apes, fussent-ils emprisonnés, exilés, martyrisés, n'ont jamais fait défaut à leur mission saerée."
* La persécution a pi rendre les rapports moins faciles entre les Papes et les fidéles qu'ils étaient chargés de gouverner; mais la Providence n'a jaraais permis que ces rapports pussent étre absolument et durablement supprimés, quelle que füt la puissance et la rage des persécuteurs. L'Eglise peut souffrir, elle ne peut être détruite."
“ Mais quand l'Eglise souffre de la persécution, c'est le monde entier qui est troublé, c'est surtout, au temps où nous vivons, l'humanité qui est désorganisée."
« La merveilleuse influence exercée par Léon XIII est un remède providentiel à la crise dont l'Eglise et l'humanité souffrent actuellement."
* Les populations non catholiques reconnaissent elles aussi l'étonnant prestige dont jouit le Pape. Parmi ces populations il y a des gens vraiment hostiles que ce prestige irrite, d'autres, moins violents, qui s'efforcent seulement d'en conclure que l'on a eu raison de dépouiller l'Eglise, puisque cela ne la fait point péri, comme si le fait seul de la bonne santé d'un individu dépouillé de ses biens pouvait innocenter ses spoliateurs et légitimer la spoliation."
« Mais il y a des groupes plus nombreux qui, malgré leur indifférence ou leurs préjugés, ne peuvent s'empécher d'admirer la puissance morale du viellard désarmé et réduit dans les murs du Vatican."
“ Cette sympathie de la grande majorité de l'opinion publique pour le chef de l'Eglise Catholique
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st d'autant plus remarquable que nous vivons à une époque où la haine de la religion semble avoir, «ous le nom de politique anticléricale, conquis le droit public d'un certain nombre de gouvernements." Cotte haine se voit, se manifeste plus ou moins dans tous les pays, mais principalement dans ceux de la vieille Europe qui devraient étre non des ennemis, mais les amis et les soutiens de la Vapauté. Satan semble être déchainé ; les membres des sociétés secrètes, des hommes d'une perversité et d'une astuce diaboliques s'opposent sans cesse à l’œuvre de notre bien-aimé Pontile. La Révolution qui, pour mieux les seconder, a ceint à Rome la couronne royale, cherche avec violence et impiété à détruire cette œuvre. Dans ce but, elle édicte sans cesse des lois destinées à asservir tout à fait le chef de l'Eglise. Ce n'est plus seulement son pouvoir temporel que le gouvernement italien supprime, ce sont ses enseienements eux-mêmes qu'il s'arroge le droit de tenir asservis à son pouvoir tyrannique. Qu'un jour il plaise à ceux qui gouvernent en Italie de voir, dans une décision dogmatique du Saint-Siége, une excitasion contre la sûreté de l'Etat, en vertu du nouveau Code, le Pape pourra étre déclaré passible d'amende ou de prison. Cette situation est réellement intolérable! Ce Code est un insolent défi porté à l'Eglise de Dieu! Pour pas étre accusé d'exagération, Nous allons vous redire les paroles que Léon XIII adressait, le 24 décembre dernier, aux cardinaux, aux évêques et autres prélats qui étaient allés lui présenter leurs souhaits et leurs hommages, paroles qu'il Nous a été donné d'entendre Nous-méme et qui Nous ont fait une profonde impression. Aprés'avoir accueilli les vœux du Sacré-Collége, il dit : « Toutefois, tandis qu'il a plu au Seigneur de Nous combler de ses faveurs en cette année jubilaire, il ne Lui a pas plu, dans ses secrets desseins, de Nous
soulager et de rendre moins dure notre situation. Il a permis méme qu'elle sageravat, Tous voient à quelles extrémités on voudrait Nous réduire.
* Aujourd'hui plus que jamais, c'est nne guerre déclarée et systématique contre tout ce qui tient à la religion catholique. Contre toute institution religieuse on multiplie les attentats par des dispositions soit législatives, soit administratives.
“ On n'épargne méme pas les pieuses fondations destinées à porter au loin avec le nom italien les bienfaits de la foi. L'existence de ces fondations n'est méme plus assurée par le droit le plus légitime, prouvé et reconnu par les magistrats eux-mémes, car bientôt une loi nouvelle rend nulle la victoire remportée par elles devant les tribunaux.
« Les entreprises les plus dignes d'étre soutenues pour l'honneur de l'humanité et de la civilisation, comme la propagande contre l'esclavage et Ja traite des négres, sont mises en suspicion ou tenues en défaveur parce que l'initiative en est due à l'Eglise et au Souverain Pontife.
« Contre le Saint-Siège et contre Notre personne tout est permis: les injures, les offenses, les moqueries et méme les menaces de la plebe. Nos ennemis prennent en mains toutes sortes d'armes pour Nous nuire et, comme si les anciennes étaient insuffisantes, on en fabrique de nouvelles plus terribles. La vraie raison de tout cela, c’est la haine de sectaire dont on est animé contre l'Eglise et sa divine mission, contre le pouvoir spirituel de son Chef. Telle est la vérité, plusieurs fois confessée ouvertement par nos ennemis.
« T] en est d'au! il est vrai, qui, plus astucieux, cachent leurs des: .ns impies, et donnent pour prétexte à ces odieuses mesures que l'Etat doit se défendre contre le suprême ennemi de l'Italie. lis appellent ennemi le Pontife Romain, parce quil reste ferme dans la revendication d une souveraineté
effective pour sauvegarder son pouvoir spirituel,
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« Plusieurs fois nous avons repoussé comme folle et injuste cette accusation, malignement répandue pour aliéner les Italiens au Souverain Pontife. Mais si nous essayerions vainement de persuader ceux qui se trompent volontairement, il est utile de répéter que faire droit aux justes revendications du Souverain Pontife, c'est pourvoir à la tranquilité et à la prospérité de l'Italie d'une manière eilicace et ]a plus conforme à ses elorieuses traditions.
“Non, ce n'est pas être l'ennemi de l'Italie de vouloir que la plus grande puissance morale du monde ait en Italie, où Dieu la placa, une souveraineté effective, qui la rende libre de tout pouvoir étranger et fasse apparaitre aux yeux de tous qu'elle est vraiment libre dans l'exercice de sa mission.
“Non, ce n'est point agir contre l'Italie que de iravailler à atteindre ce but pour une cause si noble et si digne. Les catholiques qui la défendent sont convaincus d'aimer ainsi la patrie mieux et plus que leurs adversaires.
“Quand les évêques et les fidèles du monde entier élèvent unanimement la voix pour défendre les droits du Souverain Pontife foulés aux pieds, cette manifestation prouve la grandeur et la vitalité de notre cause, à laquelle sont 1iés les intérêts religieux, moraux, sociaux du monde entier.
“Tl est faux, d'ailleurs, que l'Italie reste muette. Les catholiques italiens l'ont prouvé en venant par milliers nous présenter l'hommage de lear dévouement. Nos ennemis l'ont prouvé en usait de destitutions, de persécutions, de menaces coitre ceux qui pétitionnaient en notre faveur, en votant une nonvelle loi pour étouffer la voix des catholiques italiens, pour empécher à l'avenir toute manifestation pour la cause de la Papauté.
“ Mais les catholiques ne déserteront pas leurs devoirs. Quelque puissants que soient nos ennemis, et quoiqu^ tout semble aller selon les vœux de ces
derniers, Nous ne devons point perdre confiance, mais bien prendre courage, car l'avenir est entre les mains de Dieu.
“ Done, en ces jours bénis, nous désirons ardemment que tous les fidéles s'unissent à nous de cœur et d'esprit, pour supplier la Providence de venir efficacement en aide aux besoins de l'Eglise."
En face de cette situation faite à la Papauté, le devoir des enfants de l'Eglise est tout tracé: ils doivent prier Dieu de se lever dans sa puissance et de dissiper ses ennemis, ils doivent réclamer, pour leur Pére, le pouvoir temporel et protester toujours contre l'occupation des Etats de l'Eglise par le gouvernement italien. C'est ce devoir que pendant les derniers mois, les évéques du monde accomplissent de nouveau avec leurs fidèles; c'est ce devoir qui a été rempli au mois de février par les catholiques d'Ottawa dans leur grande assemblée tenue à l'Université Cathclique de cette ville, à la grande joie de Léon XIII. comme en fait foi la lettre écrite au nom de Sa Sainteté, et dont le texte est publié à la suite de cette lettre pastorale, en réponse à l'adresse qui lui a été présentée.
Pour notre part, Nos Trés Chers Fréres, nous saisissons cette occasion de proclamer, en votre nom à tous eutant qu'au nótre, et de répéter que la parfaite liberté du Vicaire de Jésus-Christ est une consequence indéniable de son divin ministere et de sa supréme puissance et que Dieu, par une providence spéciale, l'a fortifiée par la possession d'un pouvoir civil. Notre foi nous fait revendiquer pour l'Eglise et son Chef toute l'indépendance que requiert l'accomplissement de leur mission sacrée, et voilà pourquoi nous sommes attachés à la cause du pouvoir temporel. C'est au nom de notre foi que nous réclamons et que nous ne cesserons pas de réclamer le rétablissement de la souveraineté temporelle du
Pape.
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La situation précaire dans laquelle se trouve notre bien-aimé Pontife ne l'empêche cependant pas de travailler à la création et au développement des grandes œuvres catholiques, et notamment celles de l'éducation, de la charité, de l'organisation de chaque diocèse conformément aux sages règles de l'Eglise. Nous en avons une preuve convaincante dans le fait que Léon XIII a daigné ériger un chapitre de chanoines pour notre Basilique et donner à deux congrégations religieuses, qui ont bien mérité de la religion en ce pays, un témoignage éclatant de l'appréciation qu'il a faite de leur zèle et de leur dévouement et surtout des ceuvres auxquelles, avec une abnégation au dessus de tous éloges, elles se sont dévouées depuis la fondation de ce diocèse. Nous voulons parler de la Congrégation des Oblats de Marie Immaculée et de l'Institut des Scours Grises de la Croix.
Université d'Oltawa.
Dés les premiers jours de son épiscopat, commencé le 30 juillet 1848, feu Mgr. J. E. Guigues, notre Prédécesseur d'illustre mémoire, s'oceupa à l'oeuvre de bâtir un collège. Cene fut d'abord qu'une maison en bois: commencée lé 10 aoüt, elle fut terminée en deux mois. Le besoin d'un local plus spacieux se fit bientot sentir. Au mois de mai 1851, on commenga la construction de la maison en pierre, rue Sussex, actuellement occupée par les dévoués et chers Frères des Ecoies Chrétiennes. En 1850, il fallut élever, sur un terrain plus vaste, de nouvelles constructions qui, d'année en année, ont pris les proportions considérables qui en font maintenant an des plus grands établissements du Canada catholique.
Les Révérends Péres Oblats de Marie Immaculée se dévouérent, dés la fondation, à l'enseignement
dans ce collège et, en 1856, ils assumérent, pour toujours, la. grave responsabilité de sa direction et de son développement,
Les commencements de cette Institution furent bien humbles; mais à mesure que les élèves devenaient plus nombreux et avangaient en science, le cours des études se développait Au bout de quel. ques années, il s’y donnait un cours commercial et un cours classique complets. La Philosophie et la Théologie ne tardérent pas à y être enseignées. Sous la direction raisonnée et prévoyante de celui que les anciens élèves aiment encore à appeler tout filialement le Pére Tabaret, le niveau des études s'éleva graduellement jusqu'au très haut degré qu'il atteint aujourd'hui. Ce maitre habile de la jeunesse qu'il a beaucoup aimée a eu des auxiliaires franchement dévoués, des coopérateurs qui lui ont été d'un puis: sant secours par leur zcle, lear dévouement, leur science et par une énergie qui soutenait la sienne au moment des difficultés. Disons-le hautement, la Conerégation tout entière des Oblats a fait de l'œuvre du Collège d'Ottawa son œuvre propre, au prix de mille sacrifices
I] nous a toujours été agréable de nous rappeler que nous étions au nombre des premiers élèves de cette maison; et nous n'avons jamais eu d'autre Alma Mater. Depuis notre ‘consécration comme évêque d'Ottawa, ce souvenir, comme aussi une étroite obligation d'état, nous a fait porter le plus vif intérêt au progrès de cette Institution: nous Wavons pas voulu y rester étranger. Notre Prédécesseur avait jeté les fondements, ses frères en religion avaient élevé assise sur assise, nous devions travailler au couronnement de l'édifice. Ce devoir, nous nous en sommes acquitté avec joie. Prosterné aux pieds du savant Pape qui gouverne l'Eglise, nous avons fait une pressante demande, appuyée sur des raisons que son vaste esprit à trouvé justes,
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et il a répondu: “Oui, je le veux, le Collége d'Ottawa prend rang, des ce jour, parmi les universites catholiques." Nous étions heureux et reconnaissant car, au front de notre unique Ama Mater, Léon XIII posait une brillante et précieuse couronne, Ottawa devenait un loyer inextinguible de lumière et, dans le Canada catholique, se plantait une nouvelle pépinière d'hommes instruits en toutes sciences.
Le Bref .trigeant l'Université d'Ottawa redira mieux que nous saurions le faire toute l'importance de la faveur que nous a octroyée Léon XII [.
Sœurs Grises de la Croix.
Le 19 février 1845, arrivaient à Ottawa, alors Bytown, quatre religieuses de la communauté des Sœurs Grises de Montréal, avec une postulante et une prétendante, Elles devaient y fonder un nouvel institut religieux
Elles furent reçues avec joie, respect et honneur par les citoyens et leurs zélés pasteurs les Révérends Peres Telmon et Dandurand, oblats de Marie Immaculée, qui ont laissé dans cette ville un souvenir qui ne peut s'effacer, tant ils ont fait de bien.
I] est à peine nécessaire de donner les noms de celles qui venrient se consacrer à l'édu ration des jeunes filles et au soin des malades, car ils ne sont pas oubliés ; mais l’œuvre qu'elles commencaient, il y a 44 ans, et qui s'est développée au prix de tant de travaux et de sacrifices, a été si importante, si utile et produit depuis longtemps de si nombreux et si heureux résultats dans cette ville, dans ce dioc?ce et ailleurs, que la reconnaissance comme la justice exigent qu'ils soient rappelés en cette circonstance. Ces héroiques épouses du Christ dont les cœurs renlermaient des trésors d’abnégation et de dévouement s'appelaient Mère E. Bruyère, qui est restée lere
supérieure jusqu'à sa mort en 1876, Sr. Thibodeau, Sr. Rodriguez et Sr. St. Joseph. Cette dernière retourna plus tard à Montréal, La prétendante, qui devint Sr. St. Pierre, a, elle aussi, comme les premières Méres, montré jusqu'à la fin de sa vie, un dévouement sans bornes,
Depuis l'arrivée de ses fondatrices, l'Institut des Sœurs Grises s'est accrü au delà des espérances les plus hardies de ceux qui avaient travaillé à son établissement dans cette ville. Avec zèle et intellivence, ces religieuses, dont le nombre augmente constamment, ont donné une excellente éducation à des milliers et des milliers de jeunes filles; avec charité et dévouement, elles ont pris soin des orphelins, des vieillards, des malades; jamais elles ne se sont refusées à faire le bien, toujours elles se sont dépensées à l'avantage des membres souffrants de Jésus-Christ Nous avons appris à leur donner ce bon témoignage de notre vénéré Prédécesseur, des évêques et des prétres dans les diocéses et paroisses desquels ces religieuses travaillent
Ne fallait-il pas que Nous leur obtenions la plus utile des récompenses qu'ambitionnent, avec raison, les personnes qui ont tout quitté pour »ntrer dans un nouvel Institut. religieux, à savoir: l'approbation de leur Congrégation et de leurs Règles et Constitutions ? Nous lesen croyious dignes. Aussi avonsnous supplié le Vicaire de Jésus-Christ dela leur accorder, Par un premier Décret du St. Siège, en date du 9 mars 1885, leur Instit.t fut loué et prit le nom de Congrégation des Sœurs Grises de la Croix; par un second du 15 janvier de cette année, les Règles et Constitutions ont été formellement et définitivement approuvées. Les Sœurs Grises de la Croix d'Ottawa forment maintenant une famille religieuse reconnue par la Sainte Eglise de Jésus- Christ et toute personne qui en fait partie est cer-
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Nos Tres Chers Frères, votre sympathie pour les Sœurs Grises de la Croix, l'intérêt que vous portez à leurs œuvres, l'appréciation que vous faites de l'avantage de posséder une Congrégation de religieuses aussi zélées pour les œuvres d'éducation et de charité, nous ont porté à vous faire part de la faveur et de la récompense que Léon XIII a daigné leur accorder, Avec elles réjouissez-vous dans le Seigneur, et, avec elles aussi, prenez la résolution de ne rien épargner pour que ces œuvres dont elles ont la charge réussissent pleinement.