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Remontrances de 1775, p

Conséquences fatales du système. Ce ne sont pas les hommes qu'il faut incriminer, disait l'un des pamphlétaires qui ont attaqué le régime des Fermes avec le plus de violence : on ferait passer tous les Français successivement par les quarante places de cette compagnie, qu'ils en arriveraient à prendre tous, successivement, les idées, les sentiments et les procédés des fermiers généraux.

C'est l'observation d'Adam Smith : « Là où le revenu est en ferme, là sont les lois les plus sanguinaires *. »

Par un abominable vice d'organisation, le produit des amendes encourues par ceux qui avaient enfreint les édits bursaux, et les effets confisqués étaient distribués, pour un tiers aux fermiers généraux eux-mêmes, pour un tiers au chef des employés et des commis qui avaient découvert le délit et dressé les procès-verbaux, pour un tiers enfin à ces employés et à ces commis eux-mêmes. Or, devant les tribunaux de la Ferme, un procès-verbal signé de deux commis faisait la preuve sans contradiction possible. Ces procès* verbaux, qui causaient parfois des ruines, en enrichissaient les auteurs. « A la fin de l'année, les fermiers généraux et leurs stipendiés partagent entre eux les dépouilles de mille familles, qu'eux, ou Jeurs adhérents, ont légalement ou illégalement écrasées2. » Helvétius refusa l'argent de ces confiscations ; mais Helvétius était un philosophe, un original.

On conserve par centaines des documents semblables à cette lettre qui est aux Archives du Ministère de la guerre, où Ton voit de joyeux fermiers généraux, tels que Bouret d'Erigny et Dupin, déclarer que le dragon du roi, Claude- Joseph Maire, condamné aux galères pour fraude, ne mérite

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