‹ MandrinChapitre 170 sur 266 · Déposition de Marguerite Verd · texte numérisé non relu

Déposition de Marguerite Verd

2. Dépositions de Jos. Pionchon de Joudain et du batelier Laurent Péclier.

du terrain, depuis Romagnieu jusqu'à Rochefort, sur une lieue de distance1.

Ils suivent le vallon que dominent des hauteurs boisées, ils laissent sur leur droite Avressieux, avec son château à mi-côte.

Les argoulets marchent en ligne droite sur le château de Rochefort, dressé sur le coteau, parmi les vignes en foule, où se mêlent des plants de tabac.

Du milieu des pampres émergent les vieux murs de défense, percés de place en place par de longs et minces trous carrés, pour l'écoulement des eaux contenues dans les terres que le château enserre de ses fondations. Entre les grosses pierres, mal équarries, dont sont formés les murs massifs, la mousse, des touffes de bignones et de bouillon blanc ont jeté leurs racines. Les toitures du château sont en tuiles. Elles détachent leur couleur rouge, aux teintes diverses, sur la masse verdoyante des noyers touffus, qui s'alignent et se pressent par derrière, comme pour abriter la demeure contre les vents froids de la montagne.

De la terrasse, le regard a un horizon lointain vers l'Occident, où se découvrent, d'une part la vallée du Paluel, vers la France Avressieux, Belmont, Romagnieu ; de l'autre, la vallée de Saint-Genix-d'Aoste. Ainsi, vers le couchant, la vue s'étend jusqu'à la frontière française, et, au delà, elle embrasse une distance de plus de deux lieues. Au Nord et à l'Est, c'est la puissante muraille de granit qui soutient le massif de la Chartreuse, taillée à pic, dont le château de Rochefort, du haut de sa motte, est séparé par un vallon qui lui fait un large fossé naturel.

Le village de Rochefort est construit dans le voisinage sur un autre mamelon moins élevé.

Page 1