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Storia deltanno

Ayant terminé sa tâche, qui lui avait pris deux heures, Laurent Péclier demanda à être payé.

« Ayant voulu demander mon paiement, dit le jeune homme, l'un de ces hommes armés m'enjoua avec son fusil, et menaça de me tuer : un autre me frappa sur l'épaule gauche d'un coup de crosse de son fusil. »

De cette monnaie de singe, le batelier dut se contenter : dernier trait et qui achève de donner leur caractère à ces exploits.

Durant les jours qui suivirent, on vit les La Morlière vendre sur la frontière de France les habits galonnés d'or, qu'ils avaient pris àRochefort à M. le Président de Thoury, et d'autres objets qu'ils ne voulaient pas garder pour leur usage personnel l.

Le lieutenant-colonel de La Morlière partit tout aussitôt pour Paris, afin d'y voir le ministre et de lui donner personnellement des détails sur ces faits d'armes. Le 12, il était à Lyon, où, en l'absence de l'intendant, il s'entretint avec son secrétaire, M. Imbert*.

Au moment de quitter son poste, il avait écrit à son chef, le comte de Marcieu, auquel il avait tout caché, et auquel il jugeait prudent de continuer de tout cacher :

« Je suis obligé de m'absenter pour quelques jours du Pont-de-Beauvoisin, attendu quelques renseignements que j'ai à prendre concernant le service du roi... ; je vous prie de vouloir donner vos ordres à M. de Larre à qui j'ai donné les miens3. »

Mandrin dut partir le jour même, pour Valence, où

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