Ant. Vernière, p
A Tapproche des Mandrins, tous ceux qui, de près ou de loin, touchaient à l'administration des Fermes et furent avertis à temps, coururent se cacher. « On escaladait à cet effet, de tous côtés, les murs des maisons religieuses1. »
Pour aller plus vite, Mandrin divisa à Roanne sa troupe en trois bandes, dont Tune se rendit chez M. Hue, receveur des gabelles et lui demanda 24000 livres, que M. Hue dit ne pas avoir en sa possession.
« Qu'à cela ne tienne, on vous emmènera en otage, vous et votre fils. Cela nous vaudra cinquante mille livres de rançon. Faites avancer deux chevaux. »
Ce qui modifia les idées de M. le receveur ; du moins demanda-t-il que ses caisses fussent ouvertes en présence d'un juge et d'un greffier.
« Rien de plus juste, dit Mandrin. Nous ne sommes pas des voleurs. »
Les caisses contenaient dix mille livres, que Mandrin fit descendre dans la salle basse, où il les répartit entre ses hommes. En échange, il laissa dix-huit gros ballots de tabac enveloppés de serpillière et deux autres ballots plus petits qu'il compta au même prix.
Une autre bande procédait de même chez M. Fores t, entreposeur des tabacs. L'entreposeur s'était enfui, laissant sa fille pour recevoir les « bandits ». Ceux-ci demandèrent à la demoiselle vingt mille livres :
« Mais, Messieurs, je n'ai rien. »
Mandrin n'était pas à la tête de cette deuxième bande et l'on s'en aperçoit à sa façon de procéder. Mlle Forest est promenée par la ville, comme l'avait été, à Bourg, Mme de la Roche ; mais, tout en marchant, les contrebandiers tenaient