SECTION III
Mesures, nutttnffe.
105. Les travaux ordinaires d'un laboratoire n'exigent d'autres mesilVes que celles servant à détermhieF le volume des liquides et des gaz. Ainsi , deux mesures difTérentes sont nécessaires: la pinte et le pouce cube. On peut employer pour mesure de pinte celles qui sont dans lé commerce, soit coniques, Cylindriques, Onde toute autre forme, en verre, et graduées; mais il faut toujours avoir soin de les vérifier avant de s'en servir. Lorsque la même mesure doit servir à des grandes et des petites quantités , la fortne conique est préférable à ta forme cylindrique; car dans les petites divisions ta sur(kc6 du liquide, ayant moins d'étendue, permet par conséquent de déterminer plus exactement le volume; mais il vaut mieux avoir deux ou trois mesures de différent diamètre. La mesure de pinte est ordinairement divisée en 16 parties, dont chacune s'appelle une once de liquide , quoique souvent les liquides qu'on y mesure sous ce volume pèsent plus ou moins
: d'une once: Le vase doit avoir deux graduations
: en regard, afin que, lorsqu'on détermine le volume d'un fluide, on puisse, pour plus d'exac-
: titudei, en observer la surface sur deux câtés opposés. Une mesure de pinte, de demi-pinte et de quart de pinte, semblable à celle représentée
^ en nmrge, doit exister dans tous les laboratoires.
MESUnES. 79
Il est encore utile d'avoir sur la même mesure une échelle en pouces cubes, placée de chaque côté, à égale distance des deux premières.
106. Ces mesures doivent être graduées suivant le dernier étalon adopté par le parlement, d'après lequel la pinte dozt contenir 8750 grains d'eau à 16® è7 cent. , le baromètre étant à 0^76 cent., le pouce cube doit être de 252,458 grains d'eau à la même température et à la même pression (1). On vérifie Texactitude de ces mesures en les mettant en équilibre dans une balance , et ajoutant successivement un poids d'eau égal à celui qui doit correspondre aux divisions de l'instrument, ^i la surface du liquide ne correspondait pas exactement avec le degré indiqué sur l'échelle , on inarquerait ce point par un trait de diamant ou de lime.
107. 11 faut, pour se servir de ces, vases gradués, avoir une place particulière sur une table solide et bien dressée, qui leur soit exclusivement réservée. Lorsque la mesure y est placée , elle doit être parfaitement verticale, et, après y avoir introduit lepoîds d'eau nécessaire, on observe si la surface du liquide coincide parfaitement avec les deux divisions opposées, ce qui se fait facilement en amenant l'œil au niveau du liquide, et observant l'élévation de l'eau sur les divisions latérales dont nous avons dit que rinstriiment était pourvu. Lorsqu'on est obligé de faire une suite d'observations, il faut toujours avoir grand soin de se placer dans lés mêmes circonstances.
108. Lorsque le verre est susceptible d'être moiiillé par le liquide , il y a une élévation sensible du fluide
cent, cubes. gramme.
(i) I«e pouce cube anglais vaut i6,3S648^ et le grain 0,06475
80 MANIPULATIONS GUISUQUES.
autour de la paroi intérieure , ce qui peut induire en erreur, à moin^ que le vase ne soit extrêmement étroit ; il faut alors compter la hauteur , non pas de la partie supérieure de la courbe ou de son milieu , mais du niveau général du liquide ; il faut d'ailleurs* procéder de la même manière que pour la vérificaition. Si Ton mesurait du mercure , il y aurait alors une dépression sensible du liquide autour du verre ; mais dans ce cas , comme précédemment, il &ut encore prendre le niveau général.
109. Lorsque Topératioij exige une grande précision, comme l'analyse d'une eau minérale, il vaut mieux la mesurer dans un matras de verre à col (t^oy ^2; Idjign en marge) , d'une capacité telle , qu'en y mettant
exactement une pinte d'eau , le liquide arrive dans le col jusqu'à une certaine élévation que
Ol'on aura marquée soigneusement avec un diamant ou une lime. La surface de l'eau, à l'endroit où l'on détermine le volume, est si petite, qu'il est presque impossible qu'il y ait la moindre erreur d'observation, si l'on opère toujours à la même température. Il suffit d'avoir deux matras de ce genre, l'un de pinte , et l'autre de demi-pinte; mais, en général, les petites quantités de liquide s'évaluent mieux par leur poids que par leur volume.
110. Il est encore utile d'avoir dans un laboratoire trois vases d'une capacité de pinte , de demi-pinte et de quart de pinte. i
111. Le pouce cube, ses divisions et ses multiples, servent pour mesurer indifféremment les liquides et les gaz. Pour les liquides, les vases dont nous avons d^à parlé , portant une graduation en pouces cubes , peuvent suffire; mais il est d'autres instrumens que nous
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«lions faire connaître, et qui pourront servir à la fois aux liquides et aux gaz.
113. Dans un laboratoire, il est toujours nécessaire d'avoir quelques vases et quelques tubes divisés avec soin en pouces cubiques, en dixièmes et centièmes. L'un deces vases doit avoir environ deux pouces de diamètre et six pouces de haut; un antre, un pouce de diamètre, et sixpouces également de hauteur; un troisième, qui n'est pour ainsi dire qu'un tube ordinaire , aura un demi-pouce de diamètre, et huit ou neuf pouces de long; enfin, on en aura un quatrième de la ménie longueur, mais encore plus étroit (voyex let figarts cidessoas). 11 faut qu'ils soient de moyenne épaisseur, et puissent supporter le poids du mercure lorsqu'on les remplira de ce métal; il faut de plus, que les extrémités en soient ssées sur la meule de manière à pouvoir être fermées hermétiquement & avec un disque de verre.
llsufSt que les petits tubes soient gradués d'un seul càté, mais il vaut' mieux , lorsque le diamètre est d'un pouce et demi et au-dessus, qu'il y ait une échelle sur les deux cdté& opposés pour rendre les observations plus exactes, comme nous l'avons expliqué plus haut (107).
113. Il fautvérifier la capacité de toutes ces mesures en y pesant de l'eau ou du mercure. Un pouce cube d'eau à I6° pèse, comme ilous l'avons dit, 253,458 grains, et un pouce cube de mercure à la même température 3435,35 grains. L'eau convient pour évaluer
83 HANIPULAtlbNS CHIMIQUES.
un ponce cube, et quelques divisions au-dessous; mais pour les dixièmes, et surtout pour les centicme;5, le mercure est plus convenable et beaucoup plus expéditif.
114. Il est souvent nécessaire de pouvoir graduer soi-même les yases et les tubes dont on se sert. La méthode à suivre pour cela est facile à compi*èndre d'après ce qui a été dit plus haut de la manière de vérifier les mesures ; îly a cependant quelques moyens d'abréviation qu'il est bon de connaître. C'est dans des tubes que Ton mesure les gaz sur la cuve à mercure ; Ton doit en avoir de plusieurs dimensions , et en grande quantité. Un tuhe d'un demi-pouce de diamètre ne doit pas avoir moins d'un quinzième de pouce d'épaisseur, cette épaisseur doit toujours augmenter en raison du diamètre ; il faut, autant que possible, que l'extrémité bouchée soit bien arrondie, et pas plus épaisse en verre que les autres parties du tube.
lis.' En général, les divisions des instrumens sont tracées avec la roue à graver le verre ; mais dans les laboratoires on peut y suppléer par des instrumens plus simples , tels qu'une pierre à fusil , et mieux encore , des fragmens de diamans montés exprès, et qu'on appelle, pour cette raison, diamans à graver ou à écrire. Les limes triangulaires qui servent ordinairement à couper les tubes peuVtent aussi être employées à tracer ces divisions.
116. Après avoir fait choix d'un tube, Ton y trace d'abord une ligne droite qui va depuis le haut jusqu'en bas. Pour cela on pose le tube sur la tablo le long d'une règle qui sert à diriger la pierre à fusil ou le diamant. Il faut que cette ligne soit bien distincte, pure et droite. Le tube est ensuite mis dans une ba-
GBADUÀTION DES TUBES. BÎ
Iftâce et équilibré (55); Ton y ajoute alors des poids égaux de mercure, qui représentent les capacités égales de rinstrument , et l'on marque les divisions par de petites lignés transversales qui coupent la première à angle droit. Supposons qu'il faille marquer des centièmes de pouce cube , et q^e le diamètre intérieur du tube «oit d'environ deux dixièmes de pouce, on y pèse 34,25 grains de mercure qui, à 16**, forment un volume égal à un centième de pouce cube, puis on marque le tube au niveau du mercure ; on ajoute encore *34,25 grains de ce métal, et l'on marque de nouveau une division sur l'échelle : Ton continué l'opération de la même manière jusqu'à la^ fin.
117. Quelque aisée que paraisse l'opération que nous venons de décrire, il est cependant nécessaire, pour Texécuter facilement, de prendre quelques précautions. Comme le mercure est un métal qui a beaucoup dé densité, il serait presque impossible d'ajuster exactement une pesée avec cette substance par les procédés ordinaires, Ton prend alors un tube comme celui représenté en marge, d'environ un demi-pouce de diamètre , et quatre pouces de long, coupé carrément à l'une des extrémités , de manière à pouvoir se boucher avec le doigt, s'il est nécessaire, effilé à ia lampe pari autre extrémité, et se terminant par une ouverture capillaire.
118. Si l'on introduit du mercure dans ce tube, ^t qu'on place le doigt sur la plus grande ouverture, l'on conçoit que l'on réglera à volonté l'écoulement du mercure en tenant le tube dans une position plus ou moin^ verticale , et laissant rentrer l'air suivant le besoin . Ainsi il sera , comme on le voit , très-facile d'introduire
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par ce moyen les quaaiitëa nécessaires de mercarit dansle tube que l'on veut^graduer; si la quautité introduite se trouvait un peu trop forte , on renverserait le tube en bouchant l'extrémité inférieure avec le doigt, et l'on pourrait ainsi n'en laisser échapper que des quantités minimes , de telle sorte qu'avec peu de tdtonnemens on parviendrait bientôt à un équilibre parfait.
119. La première çliosc à faire ensuite est de marquer le volume occupé par le mercure , formant esactcment un centième de pouce cube. La meilleure manière est de seservird'une lime triangalatre; la pratique enseigne qu'il est beaucoup plus aisé de tracer cette division en partant de la ligne' qui s'étend du haut en bas du tube , qu'en cherchant à faire mordre la lime d'abord sur la partie polie de la surface eu tube. Pour faire une marque ncite , Il faut une forte pression sur la lime et un mouvement de peu d'étendue. On sentira facilement au toucher si la marque est faite , mais les commençans doivent d'abord s'essayer sur un mauvais morceau de luhe , en cherchant à tracer des lignes dans différentes directions, et , au bout de peu de temps , ils auront acquis assez d'habitude et de dextérité dans la main pour opérer avec sûreté.