‹ Manipulations chimiques (volume 2)Chapitre 20 sur 74 · GRADUATION DES TUBES · texte numérisé non relu

GRADUATION DES TUBES

noircit une portion du mur ou Von y cole un papier colore j de sorte que la ligne de séparation du noir au blanc soit à peu près horizontale; Ton a d'un autre côté une règle que Ton fixe à angîe droit siir cette première ligne : faisant alors couler le tube le long de la règle y on Tamène facilement dans la position où le niveau du mercure coïncide avec la ligne horizontale. Cette opération sera très-facile pour les tubes d'uii pouce de diamère et au-dessous , et si la règle que Ton emploie est épaisse d'un côté et taillée en biseau dé l'autre , elle pourra servir d'un côté pour les petits tubes, et de l'autre pour les plus gros.

121. Le tube bien établi dans l'angle, on peut le marquer horizontalement , comme ilous l'avons expliqué plus haut , avec la lime triangulaire. Cette première marque ne doit être qu'une légère trace hors dé la ligne perpendiculaire, un simple point , qu'on peut négliger, s'il n'est pas correct, pour en essayer un autre que l'on prolonge , après s'être assuré qu'il est exact, ir n'est pas nécessaire de laisser le tube contre le mur pour terminer la ligne de division , On peut le faire dans toute autre position plus convenable.

122. Mais il est encore un autre point à considérer dans la graduation d'un tube. Le mercure contenu dlans des vaisseaux de verre est , eh conséquence de son attraction cohesive , déprimé dans cette partie de sa surface qui approche dés parois du vase ; la portion en contact avec le Verre se trouve ainsi plus basse que la surface générale, et conséquemment il reste au-desspus de ce niveau un petit espace non rempli de métal. La marque qui correspondrait avec la surface supérieure comprendrait une plus grande parJlie du vaisseau quo

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oélle occupée par le métal ; et quoique dans les grands tubes Terreur produite soit légère , il n'en est pas de même dans les tubes d'un petit diamètre , où elle égale souvent une des divisions qui s'y trouvent tracées. Si Ton ajoutée à cela que la convexité du mercure lorsqu'on divise un tube est , eu égard à la position de ce tube» en sens inverse de celle qui a lieu lorsqu'on se sert du même tube pour mesurer un gaz , il est évident qu'en adoptant comtamment soit le haut soit le bas de la courbe, l'eiureur des deux observations s'ajoute^ce qui, avec de petites quantités de gaz et dans des expériences délicates, pourrait entraîner de graves méprises. Lorsqu'on mesure les gaz sur l'eau, la courbe, au lieu d'être convexe, est concave, et la correction à faire est nécessairement différente;

Ï2Z* Pour la graduation des tubes , on peut éviter la difficulté que nous venons de signaler, en se servant de mercure qui ne soit pas parfaitement pur, mais qui contienne quelque partie d'un autre métal, comme de Tétain ou du plomb , ce qui donne lieu à une sorte dç pellicule au-dessus de la surface. Le mercure de la cuve pneumatique , qui a beaucoup servi, est ordinairement dans ce cas ; Ton peut d'ailleurs en obtenir sur-le-ch^mp en mélangeant 1 partie de plomb à 4 ou ft mille de mercure. Lorsque du mercure ainsi préparé est intrpduit dans le tube , une légère secousse fait naître cette pellicule, et la surface du métal reste parfaitement plan^:., alors on peut marquer le yolume avec précision en tarant une ligne sur le verre à l'endroit où il coïncide avec cette surface. Il faut avoir soin .que le mercure dont on se sert ne soit pas trop impur ou chargé de poussière, au point déformer plutôt une cro&te épaissjB

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qu\ine pellicule à sa partie supérieure , car alor3 9^ n'aurait plus Tindication d'un volume de mercure appartenant au poids du métal introduit.

124. L'on voit que la pratique de l'opération que nous venons d'indiquer , consiste à peser dans le tube que l'on veut graduer 3 4*^""', 25 de mercure, le placer contre le mur, lui donner une légère secousse pour obtenir un surface plane , et enfin marquer la division avec la lime. L*on ajoute ensuite une nouvelle quantité de mercure , et l'on procède comme auparavant , jusqu'à ce qu'on ait atteint l'extrémité de l'échelle.

125. Si le tube est d'un grand diamètre, il coq^ tiendra bientôt trop de mercure pour être pesé facilement. On peut, dans ce cas, peser le mercure à part et l'ajouter successivement dans le grand tube, en marquant les divisions comme à l'ordinaire ; Ton trouve même un avantage dans cette manière d'opérer; c'est de pouvoir introduire de l'eau dans le tube, ce qui tend toujours à diii^inuer la convexité de la cour» bure du mercure, et facilite d'autant plus la graduation ; mais il faut avoir soin d'attendre que l'eau soit entièrement remontée à la partie supérieure, el que le mercure ait bien pris son niveau ; alors on peut négli£;er sans crainte la petite portion d'eau qui reste adhérente aux parois de la cloche.

126. Il existe un autre moyen d'obtenir successi-* vemept, et avec exactitude, plusieurs portions égales ^de mercure , c'est de le mesurer au lieu de le peser. Prenez un morceau de tube de verre qui contienne dans une longueur de six lignes à un pouce là division requise ; pour les centièmes de potjCC cube , le diamètre intérieur doit être d'un sixième de pouce; et pour les dixièmes^ d'environ un tiers; effilez à la lampe l'une

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de ses extrémités , de matiière à lui donner la forme représentée en marge y qui est, comme l'on voit y un prolongement capillaire d'où le mercure pourra s'écouler en petit filet; bouchez cette extrémité inférieure à la flamme d'une lampe ^ l'esprit de viri , dé manière qu'on puisse ensuite déboucher cette partie sans en couper plus d'un seizième jod d'un ^ huitième de pouce ^ Pesez alors dans ce tube 34graiD.^2S de mercure, ou 342«'"",53, suiyant que yos divisions devront être des centièmes ou des dixièmes de pouce cube.

Voyez s'il n'y a pas de bulles d'air adhérentes au verre , et faites-les sortir au moyen d'un fil de platine très-fin ou d'un crin, que vous enfoncerez dans le liquide jusqu!au point où se trouve la bulle ; s'il en restait une petite portion , tout-à*fait à l'extrémité efSlée , cela n'aurait aucun inconvénient , et pourrait même être utile. Ajoutant ensuite dé([|$ouvelles quantités de mercure , et marquant sur le tube les divisions correspondantes , l'on aura une écheUe exacte ; après quoi l'on coupe çiyec précaution l'extrémité inférieure audessus du point a.

127. La mesure étant terminée , il ne reste plus qu'à expliquer la manière de s'en servir. Supposons qu'on ait besoin d'une quantité de mercure égale à une ou plusieurs divisions; remplissez la mesure jusqu'à ce que le métal dépasse la plus haute division , posez le* doigt sous l'ouverture capillaire, bouchez la pai^tie supérieure avec l'indckx , et laissez couler le mercure par l'extrémité capillaire (117) jusqu'à ce que la surface supérieure du mercure coïncide avec la division la plus élevée. Arrêtez alors l'écoulement en inclinant la

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