FOURNEAUX
143. Cc$ fourneaux , suivant leur grandeur, peuvent servir à faire rougir des creusets , à chauffer des cornues de verre ou à tout autre usage; mais il est nécessaire d'y pratiquer plusieurs rangées de trous pour la circulation de Tair, comme il est indiqué sur la planche.
1 44. Il faut également les consolider au moyen de plusieurs cercles de fil de fer d'une grosseur convenable, que Ton place à différentes hauteurs, dans des rainures faites exprès. Enfin, l'on doit y adapter deux crochets, qui servent à transporter le fourneau au moyen d'une anse mobile. .
145. L'on doit avoir pour ces fourneaux des grilles rondes de différentes dimensions, afin de
rr^'?^^ pouvoir Ics placer, selon la commodité, à <îès hauteurs différentes.
146. Il est évident que la grandeur, le nombre et la disposition des trous doivent dépendre de la grandeur du fourneau. Le combustible que Ton emploie est ordinairement du charbon de bois; mais on peut, pour les plus grands , le mélanger avec du coke.
147. On peut presque toujours se rendre mattre du feu , soit qu'on veuille diminuer ou accroître son intensité; il faut pour eda avoir des bouchons ronds, faits avec de la brique tendre (1240) ou des débris de pots bleus, et d'une forme \ peu près semblable à celle d'un bouchon de liège. Ils servent à fermer les ouvertures qui introduisent l'air dans le cendrier ou directement sur le feu, et, qui en modérant cette quantité d'air qui entre , réduisent la chaleur au degré voulu«
98 MANIPULATIOMS CHIMIQUES.
Pour augmenter la température , et mettre plus de combustible, on fait différentes additions au fourneau.
Il en est Une fort utile, qui consiste à placer au-dessus la portion supérieure d'un autre fourneau bors de service {voy.
lajf^ure); cette disposition, comme on le Toit , permet de placer une plus grande quantité de combustible , et facilite beaucoup le tirage. L'on pratique quelquefois des trous dans cette partie supérieure , parce qu'il est en général nécessaire d'augmenter le courant d'air à mesure qu'on augmente la quantité de combustible. i
1 48 . Une autre addition fort utile aussi pour ces petits fourneaux portatifs est un tuyau d'environ 2 pieds de long sur 4 pouces de large, évasé à la partie inférieure, jusqu'à ce qu'il ait atteint un diamètre d'environ 8 pouces ( voyez îajigure en marge). Ce tuyau peut servir facileihent pour tous les fourneaux qui n'ont pas plus de buit ^^ pouces de fergeur, ni moins de.quatre j,<^ ou cinq. Il est très-facile à manier, et
augmente considérableuient le tirage.
n doit porter^ pour plus de conâmodité, une poignée en bois. L'on peut se disyfe==l penser de l'ôter pour alimenter le feu, / \ en projetant le charbon par la partie ^v ^ ^ ^ supérieure. Un creuset de deux pouces et demi de diamètre est porté ptomptèment à la chaleur blanche dans un fourneau de ce genre , et l'on a l'avantage de pouvoir suivre (kcilement toutes les périodes de l'opération. Ces fourneaux sont les seuls dont on se serve depuis long-temps à Tlnstitution royale pour l'analyse des minéraux, et surtout des pierres siliceuses.
FOURNEAUX. dll
1 49. iPour le retidre propre à faire toUgîr â^s tubes, il est nécessaire de faire dans la partie supérieure deux ebtailles , profondes d'enyiron un pouce , et dans lesquelles on pose le ttibe après avoir élevé la grille dans lé fourneau. Mais lorsqu'on n*a besoin de chauffer qu'une moindre longueur, on peut passer le tube pat deux des trous opposés qui se trouvent plus bas. Pour chauffer un tube de cette manière , il n'est pas nécessaire (ju'il y ait plus d'un pouce et demi de distance entre le tube et la grille.
150. Lorsque ces fourneaux sont grands, que les grilles ont plus dé six pouces de diamètre, et que le cônroustible occupe six à huit pouces de hauteur^ l'effet en est très-puSssànt , et l'on peut s*en servir pour chauffer deé creusets d^une grande dimension/ Quand le$ dimensions de la grille sont plus grandes, dn est ûfdi* nairément dispensé d'ouvrir à l'air un passage aU tnoyen de trous latéraux dans lé corps du fourneau ; niais il faut alors qu'il puisse entrer abondatnment pat lê/^ôéndfier. On doit se servir dans ces grands four^ neaux, dW métange de coke et de charbon, et quel» queifoià , lorsqu'il faut un feu durable pour dé IdUgueà opérations , de coke seul , car alors , le chàirbôn se con» sume avec une trop grande rapidité; l'on obtient d'ailleurs ta même éhaleur avec le coke , en augmentant le courant d'air.
151. Lorsqu'une chaleur considérable est nécessaire , il convient q^f e ces fouitiéaut commuiiiqiietit par un tilyau particulier avec la éheminée du labora^ toiré (à). Cette communication s'établit facilement au moyen de deux ou trois bouts de tuyaux semblables ' à ceux ret)résentés en niarge , «'ajustant les tins dans lé autres. Le tuyau inférieur , éh forme d'eiitôtinoir,
100 SiANIPUL^TIO?IS CHIMIQUES.
doit être enduit intérieurement d'argile ; les autres doi-
Tent avoir au moins
J quatr e pouces de dia-
A I J mètre. Ces fourneaux
produisent des effets considérables et com-
me oii en a quelquefois besoin pour de longues opérations, il faut y pour les alimenter sans rien déranger > qu'il y ait dans le tuyau enitfor-
me d'entonnoir une
ouverture qui serve à introduire le combustible, et qui puisse se fermer. L'on ajoute souvent au fourneau un^ nouvelle pièce qui a la forme d'un cône tronqué, où se trouve une ouverture par laquellq on peut alimenter le feu, et que l'on bouche à volonté; on adapte audessus Iq tuyau en forme d'^entonnoir, dont le prolongement va gagner le trou pratiqué dans la cheminée. Ces grands fourneaux doivent être entourés ayec des cercles de fer.
Pour plus amples renseignemens relatifs à cette espèce de' fourneaux , voyçz le Philosophical commerce oflhe jirls de Lewis y -pùgeslaiT.
t52. Le fourneau dont nous allons do^ner la description est destiné aux travaux généraux d'un laboratoire ; c'est celui dont nous avons déjà parlé (6). Deyant servir habituellement comme table,. il doit avoir de 34 à 35 pouces de haut; ses autres dimensiçns et même sa forme dépendent entièrement de l'espace qu'on veut lui consacrer. Celui qui se trouve dans le laboratoire
FOtIR.\EA.V-TABI.E. 101
de l'Institution royale , construit il y a plusieurà années BOUS la direction de M. Brande, a, en maçonnerie, 62 pouces de longueur ' "^ et 30 pouces de largeur î
la plaque de fer, en y ' comprenant les bains de
sable , a 57 pouces sur 4S.
Le corps du fourneau est en brique, la plaqué de dessus, les bains de sable et la face antérieure sont seuls en fer. Le devant est une plaque de fra: courbé, ayant deux ouvertures fermées par des portes de fer, donnant, l'une dans le fc^yer, l'autre dans le cendrier. Elle a 3i pouces de haut et 14 pouces de large; la porte du cendrier s'ouvre sur un exhausse- -ment en forme de marcbe ; le bas de la porte du foyer esta 22 pouces déterre, et la porte elle<méme a'fi poaoe et demi sur 7. La partie antérieure du foyer eat fermée intérieurement par une plaque en fonte poritont nue ouverture qui correspond arec là porte (vaye% -lafigareeniaorge^, ,
' Pour constnnre«ce fourneau, on commence par élever deux murs latéraux en brique des deux cAtés de la plaque du devant, et le mur de derrière, à la distance 'convenable ppur laisser la place. du foyer et du cendrier; ces murs sont endliits de terre réfractaire '( welch lamps ) à l'endroit où doit se faire le feu ; on scelle dans la maçonnerie deux barres dé fer destinées à recevoir les barreaux de la grille qui doiveiit rester mobiles^ et se trouvera 19 pouces environ au-dessus du'sol. Lesmiirsde côté sont élevés parallèlement jusqu'à la hauteur de ta plaque qui doit couvrir le
fourneau ; le mur d^ derrière du foyer est élevé dçt 6 powes l de moins que les murs latéraux. Il existe algrs eAtre Textr^mité de ce ipur et le fond du bain de sable UB ûiterYalle qui est le commencement delà cheminée dc^ fourneau^ le foyer^ ainsi constrait, a 14 pouces de profondeur sur d de large. La portion horizontale de la chepxiuéç du fourneau est destinée à chauffer le grand b^i^ de sable) le fond peut être construit en briques, quç^ Von appuie sur ^e& rebords pratiqués sur les deux jpf^ur^ de c6té; ou bien cm peut se servir d'une plaque de fonte repoaan^ également sur les murs latéraux , et sur \^ h^ul; d^ mur qui forme le derrière di| fayer* h&nr qu'on adopte cet arrange9ient il ne f^ut poinl iiceller la plaque daps^ la maçQn&eri^, n^ais Is^ laisser reposer jiibrc^i^ent sur les rçbords qui dpivent çtre feit» ^^fif^y fht^ pt solides ; car si on Tattaçhait aux fpur^tj, la dilii* tatiqi^ et la contraction alternative qu'elle doit. q[»rott- ^çr \^ étw^Blerait et les rf nver&eirait bientâ^ (.çs jpcxuxtt la^t^i^uil Il^^ve^^^ ^tr«i prçlcmgés jqs)q^'%^ mur, pr^ d^uel. le fpiiraçavi est bâti ; mai» souv^t çffiL consliHilt exprèa \\jfk pçtit mv^ parallèle à celui de devant» ee qui fait du tout un ensemble régulier. L'on in^K^a^^eordijtiairemenit dans le m^ieu une cavit^q^i ^rt{ d'ét^ive^ et qui est écliauÇGé^ par la partie i^fériçur^ de If qheoitî- ^é§ f pç^te ouverture aç feripie par u|^e porter ^^''9fK J ^d^pte, J^^'ony iSait quelquefois de«pe^4r^ Iç ^iiyw^du fow^eau lorsqu'on e&t obligé ^ le failli» pa^^er sd^n^ terrç. Toutes, ces dispqsitio^s df^ivqit'êir^faiAe^^v^t d^ placer sur Vpuvrage en brique U plaqua qiH forme le dessus , de manière que lorsqu'elle est ^^ifi . avec ses bains de sable,* eHe complète la por^op du tuyau horizontal dont elle forme la. partie sup^ rieure^
FOURXEAU-TABLË| BAINS DE SABLE. IQ^
153. Les dimeadons de, cette plaque sont la première chose sur laquelle il faut se fixer. Lorsqu'on les a déterminées d'après la place que doit occuper le fourneau, qu*on a également &xé ta place des bains^de sable y on dispose la maçonnerie de manière à correspondre avec cet arrangemen):. Les bains de sable et la plaque doivent êl^e indépendans les uns des autres. La forme circulaire est préférable à toute autrez le bain de sable qui est sur le devant doit être d'un diamètre tel, qu'il occupe toute la largeur du foyer, de telle manière que lorsqu'il aura été ehlevé on puisse y substituer un alambic, .une ms^rmitede fonte ^^u des cercles concentriques pn fer destipé^.à diminuer Tou- ^verture du foyer. La forme de Tautre bain de sable doit être en rapport avec la diçposjl^ion et les, dimensionp du tuyau qu'il est destiné à recouvrir. Ces bajna dp ^ble doivent (être en feiuîoulé d'environ trois dixièmes de pouce d'épaisseur, avoir deux poqces et demi à trois
pçuces de profondeur, .et <|es rebords qui puissent s'ajuster dans iine entaille pratlqué^e exprès dans fa pjaque afin qu'ils ne fussent point, saillie à Textériepr.
L'inspection de Içt.figpi^
ml
en m^ge sufGr4 pour faire concevoir tous ces détail^. Jl est essentiel que les dimensions des bains de. sable soient calculées de manière à ne pas remplir entièrement, lorsqu'ils sont froids, l'ouverture de la plaque, pt qu'il y ait au contraire tout autour un espace d'un huitième de pouce au moins ^ comoie on peut le voir dans, la figure; sans cette précai^tion, lorsqu'on viendrait à les chauffer^ il$ ^e dilateraieixt assez
par I'acrion de la chaleur pour remplir entièrement l'ouverture et briser la plaque*. Celle-ci doit avoir un demi-pouce d'épaisseur. .
1Â4. Lorsque la plaque et les bains de sable sont faits I que la maçonnerie en brique est terminée , il ne reste plus pour achever le fourneau qu'à ajuster la plaque su» la maçonnerie. Si l'on a lieu de craindre que les mural ne soient trop faibles , on peut les consolider en plaçant àl'iAtérieur quelques barreaux de fer qui seront scellés par chacun de leur bout dans la maçonherie-y ou bien en les entourant avec dés bandes de fer ; les chàÀgeinens alternatifs de température que doit subir ce fourneau ^ entraînant des détériorations bien plus considérables que pour tout autre ouvrage en lirique qui resterait exposé toujours à une température uniforme.
. 155. Les bains de sable que nous venons de décrire sont Sujets à un inconvénient qui a engagé plusieurs jâiimistes à les remplacer par (l' autres en fer forgé. En effet , lorsqu'on expose des bains de sable en fonte à une température un peu élevée,^ arrive presque constamiifient qu'ils éclatent par la distribution inégale de chaleur ; cela arrivé quelquefois aussi pour la plaque elle-même qui n'est exposée qu'à une moindre bhaleur. Le fer forgé, au contraire, ne présente pas ce défaut; mais il est sujict à se voiler, à se tourmaiter, etl^ changer un peu' la' forme des vaisseaux , ce qui n'arrive pas avec la fonte.
On doit se sei'vîr dé préférence de sable de mer bien lavé; il a l'avantage dene point donner dépoussière lorsque le remue. Il faut toujours . avoir près du bain de sable un morcibau de fer qui puisse servir àe spatule, pour arranger lé sable.
I^OCRNEAUX A. VENT ET A SOtTFFLETS. 106
156* Quelquefois on substiiue au bain de sable circulaire une suite d'anneaux concentriques comme
BOUS l'ayons déjà dit. Ces anneaux sont taillés en biseaux sur leurs bords, de manière à représenjter des côties creux tronqués ; par cette disj)Osition Von voit que la dilatation qu'ils éprouveront ne les fera pas âdbérer les uns aux autres , comme il pourrait arriver sans ioela.
Le plus grand doit, comme le bain de sable /'pouvoir jouer librement dans l'entaille pratiquée dans la plaque du dessus. L'on obtient alors, en mettmt.un nombre suffissent de ces anneaux , une ouverture jae plus en plus petite, que l'on peut proportionner à la dimension des vases que l'on veut chauffer.
157. Il faut encore,' comme nous l'avons dit, que le foyer soit disposé pour recevoir Talambic, et. qu'on puisse l'y placer commodément après avoir enlevé le bain de sable. «
1 58. Les pincettes, qui sont un accessoire obligé des fourneaux, ont reçu beaucoup de formes difFérentes|^ fl faut en avoir un assortiment, et au moins deux dé
formes semblables à celles
de la figure ci-jointe; l'uhe, dont la charnière est placée au milieu, pouvant s'ouvrir beaucoup, et destinée à saisir de gros objets; l'autre, dont la charnière est placée beaucoup plus près de l'extrémité , destinée à serrer fortement et à enlever des corps pesans.
1 59 et 1 60. On dLp^elle/ourneaujtf à vent [wind/amaces) ceux dans lesquels la combustion est excitée par pn fort
106 MANIPULATIONS CHIMIQUEâ.
courant d'air produit à l'aide d'un tuyau avec lequel ils sont en communication. Ils sont très-employés chez les afiSneurs et les fondeurs de métaux y ainsi que dans les laboratoires ; tout ce qui peut tendre à les perfectionner est d'une grande importance. Les fourneaux ordinaires.9 lorsqu'on les met en communication avec la cheminée du laboratoire, peuvent rentrer dans la classe des fourneaux à vent. Mais pour produire de grands effets calorifiques, il faut prop^irtionner le diamètre du tuyau de tirage aVec la dimension du fourneau. On a reconnu que la combustion est extrémemei^t active dans un fourneau d'un diamètre égal à celui du tuyau placé immédiatement au-dessus^ ce dernier ayant une hauteur égale à trente fois son diamètre; il faut donner d'ailleurs à lair un libre accès jusqu'à la grille. Cependant ces dispositions éprouvent dans la pratique quelques modifications qui rendent l'emploi de ce fourneau plus économique.
161. Dans les laboratoires de recherches, on remplace avantageusement le fourneau à vent par le four-
'*\ neau à soufflet, qui fournit une chaleur plus intense avec moins de combustible,. et qui est surtout applicable aux objets de petite dimension. L'on peut &e servir de l'un des fourneaux creusets précédemment décrits. L'on en bouche toutes les ouvertures à l'exception d'une seule au cendrier, à laquelle on adapte la tuyère d'un soufflet à double vent. Le fourneau doit être surmonté par le tuyau en entonnoir (148 ), et alimenté au charbon de bois.
162. M. Charles Aikin a imaginé une nouvelle disposition de fourneau à soufflet qui, sur une petite échelle, offre des effets consideraljles.Ce fourneau se compose des différentes parties dont nous doi^nons ici