FOURNEAUX A SOUFFLETS
d*ouy.epture. Âlorç, Qn enfonçait le petit dans. le plus graodj jusqu'à ce qu'il portât sur son bord inférieur, la partie supérieure des deux devant se trouver au même niveau. L'intervalle entre les deux pots , qui allait en s'élargissant par le haut, était rempli avec des fragmens de creusets de verrerie piles , auxquels on ajoutait ass)ez d'eau pour en faire une pâte , que l'on tassait au moyen d'un bâton, pour faire du tout une masse compacte. On plaçait dans le fourneau une grille ronde, de grandeur à s'arrêter à environ un pouce au-dessus de l'extrémité inférieure du poj; intérieur ; l'espace qui se trouvait en dessous formait ainsi une. chambre à air, et Impartie du haut le corps du fourneau. La première partie avait sept pouces et demi entre la grille et le fond , et la dernière sept pouces et demi de la grille au sommet. Enfin, un trou horizontal , de forme conique, et d'un pouce et demi de diamètre à l'extérieur, était pratiqué dans le pot extérieur, et destiné à recevoir la tuyère du soufQet qui devait introduire l'air dans l'intérieur (voyez la Jig* en marge). Le fourneau ainsi complété, oh le faisait séchçr graduellement, afin que, lorsqu'on venait à s'en servir, la vapeur aqueuse tendant à s'échapper ne le fît pas éclater en morceaux ; à cet effet, on le chauffait pendant quelques heures avec un léger feu de charbon de bois. Lorsqu'il ne se dégageait plus de vapeurs aqueuses , le fourneau était en état de servir.
164. On a toujours fait usage avec ce fourneau d'un grand soufflet, fixé par une garniture en fer ; on élevait le fourneau sur un support, de manière à ce que l'ouverture inférieure se trouvât de niveau avec Ja tuyère du soufQet. On Ty fixait ensuite assez exactement, afin que l'air, qui éprouve une résistance assez considérable pour passer au travers du' charbon (surtout si le fourneau
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eàt long par rapport à soq diamètre), né revint pas sortir entre la tuyère et la paroi du trou^Le soufflet dont nous venons de parler était beaucoup plus gfrand qu*il n'est nécessaire pour ce fourneau , aussi donnait* on rarement plus d'uti tiers du vent; car autrement la chaleur se serait élevée à un si haut degré que le creuset aurait été détruit , et les résultats de Texpériei^ce perdus ; il est cependant toujours à propos d'avoir un grand soufflet à sa disposition.
166. La chaleur qu'on obtient avec un fourneau de ce genre est telle, qu'à chaque opération il se produit des scories causées par la fasio'n de la surface intérieure du fourneau , à l'endroit où la combustion a été le pluâ active. Ces scories, coulant le loiîig de Tintérieur, 66 rassemblent autour du bord de la grille, Ton doit après chaque opération les détacher avec un ciseau , afin de laisser celle-ci parfaitement libre. lyorsque après quelque temps de service l'intérieur du fourneau a souffert assez pour être devenu mince et faible , il faut l'enlever et le regarnir à l'intérieur avec de la terre réfractaire, pour le remettre dans son état primitif.
166. Le coke est le combustible qu^bh doit préférer pour ce fourneau : il fournit une très-grande chaleur au bout d'un temps très-court, et la quantité qui s'en consomme est fort petite. C'est surtout la moindre quantité'de combustible employé, et la grande élévation de température obtenue presque siir-le-champ , qui donne à ce fourneau une grande supériorité Sur Iç fourneau à vent. On est obligé de s'en servir en plein air ou sous un soupirail bien disposé , à cause de l'immense quantité d'étincelles, delà flamme, et du courant d'air chaud qui s'échappent durant l'opération, et qui pourraient Qccasioner deq^ccidens graves dans une chambre , k
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moins que le plafond ne f&t à une hauteur considérable, ou protégé par une plaque de métal.
167. Lavoisier proposa Tapplication de Toxigëne aux fourneaux , pour augmenter la rapidité de la combustion 9 et conséquemment Hntensité de la chaleur. Mais il eist évident que ce ne sont pas les moyens d'augmenter la température que Ton doit rechercher, tant qu'on ne sera pas parvenu à se procurer des vases assez réfractaires pour résister à celle que nous pouvons produire.
168. Le combustible dont on se sert peut être d^ trois espèces : le charbon de terre , le coke , et le charbon de bois. Le charbon de terre est le combustible qu'on emploie ordinairement pour le fourneau-table du laboratoire (6 — 152), destinéà un usage journalier, aux fusions , aux grillages , et autres opérations qui n'exigent pas une température fort^élevée. On doit le choisir de bonne qualité , et rejeter celui qui contient beaucoup de soufre ou de matière terreuse; car ces substances étrangères ne sont pas sans inconvéniens : le soufre surtout , a de Taction sur plusieurs corps , et peut influer sûr beaucoup d'opérations : c'est pour cette raison qu'il convient quelquefois dé se servir, dans le fournéau-table, de coke et de charbon de bois. Il ne faut jamais employer la houille dans le fourneau à soufflet; car, en conséquence de l'amollissement et du gonflement qu'elle éprouve par la chaleur , elle s'aglutine, empêche l'air de passer, et arrête la combustion.
169. Le coke est d'un usage continuel , mais sa qualité varie selon le charbon d'où il est extrait. Celui qui est destiné au service d'un fourneau à soufflet doit être dégagé de toute matière sulfureuse , terreuse ou métallique. Tel est celui du Stafibrdsbire ; il est com-
pacte y et conserve à peu près Taspect du charbon primitif, n brûle presque sans résidu dans le fourneau à soufflet, laissant à peine une trace de Scorie; de sorte *qu'on peut en brûler une grande quantité sans craindre que le résidu obstrue les jours de la grille( ou puisse agir comme fondant sur la matière du creuset. . 170. Si Ton se sert au contraire du coke provenant des établissemens de gaz, il contient une si grande quantité d'oiide et de matière terreuse, que les scorieis qui en résultent ne tardent pas à boucher la grille et faire fondre lé creuset. Ce coke, qui ne coûte que la moitié du précédent, peut être employé avantageusement dans \e fourneau-table, et dans beaucoup d'autres circonstances , parce qu'il n'est p$8 sujet à s'aglutiner comme la houille.
171. Lorsqu'on se sert du coke du Staffordshire pour le fourneau. (163), ^ faut le concasser de manière à former des morceaux de la grosseur d'une noix environ , et le cribler poui:'en séparer le menu, afin que les morceaux ne soient ni assez gros pour ne pouvoir passer entre le creuset et le fourneau ^ ni assez petits pour remplir tous les interstices , et s'opposer au passage de l'air.
172. ,Le charbon de bois est très-convenable toutes les fois que l'on .veut obtenir promptement de la chaleur, et une température uniforme et modérée. Il est inutile dé dire qu'il faut toujours le prendre d'une grosseur proportionnée à l'emploi qu'on doit en faire, et qu'il doit avoir une caisse particulière comme le charbon de terre. Mais il est bien inférieur en durée au coke du Staffordshire, celui-ci doit lui être préféré dans tous les cas où il est applicable. Assez souvent on emploie up mélange de coke et de charbon de bois, qui
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réunit à l'avantage de la durée celui de brûler facilement.
173. Nous avons dit qu'il fallait , autant que possible, ne se servir des fourneaux que dans des. lieux assez élevés., et où Vi^n pût être à l'abri de tous les accidens/ que pourrait oecasioner le feu; mais si par quelque circonstance particulière l'on avait à craindre l'actioa du courant d'air ascendant, l'on y remédierait en plaçant à une certaine hauteur, au-dessus du fourlieau , une plaque de fer^blanc, qui briserait la direction de l'air à angle droit, le forcerait à se mêler à l'air ambiant , et le dépouillerait ainsi de la plus grande partie de son calorique. Si Ton avait à craindre l'effet du feu pour quelques boiseries latéral^, il faudrait placer devant elles une feuille de fer-blanc poli qui , réfléchissant la presque totalité dé la chaleur, l'empêcherait de pénétrer jusqu'au bois. .
174. Lorsqu'on place de petits fourneaux sur des tables I des tabourets, ou aujtres supports en bois, il faut mettre entre le fourneau et le support une brique ou une feuille de fer ou de fér-blanc, selon les cîrconsxances , qui seront d'ailleurs facilement appréciées parles chimistes.
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175. Les lampes sont des sources de chaleur trèséconoiniques , et toujours prêtes. Elles peuvent ifoumir une haute température; car, comme sir Humphry Davy l'a démontré, l'intensité de la chaleur est trèsgrande dans la flamme. Depuis qu'on a pratiqué et perfectionné la méthode d'opérer sur de petites quantités de maticro, non-seuleraent on s'est servi avec
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avantagé de là flamme d^une simple lampe , privëè de toute addition étrangère , mais on a imaginé un gràînd iiombfe d'éxpédiens , qui en ont augmenté considérablement le pouyoii', et ont rendu son application beaucoup plus iitile.
llGi Parmi les nombreuses lampes dont on se sert 'dans lés laboratoires , la plus utile est celle à esprit dé vin. Sa.flamme, quoique pâle , produit une chaleur intense , comme on peut s'en convaincre en introduisant ' (}ans son intérieur un petit fil de platine bu un morceau dé toute autre matière filamenteuse. L'étudiant doit 3*exercer à introduire dans' la flamme de petits fragmens de minéraux y de métaux , et d'autres substances, placés a l'extrémité d'un fil métallique fort mince, où d'un morceau de feuille de platine, ou même sur un filament d'asbeste où de cyanite, afin de reconnaître^ par l'aspect que prend la matière, quelles sont les par^ ties les plus échaufiees de là flamme.
17t . La flamme de Talcohol ne produit pas de fumée, ce qui est un avantage précieux. Si l'on expose à la fiammë d'une chandelle une capsule ou un petit creuset de platine» ils seront bientôt recouverts d'une légère couche de suie, qui, à cause de son grand pouvoir rayonnant, tend à diminuer la température que le vase pourrait prendre. Si l'on se sert au contraire d'une lampe à esprit de vin y les vases ne se noirciront pas, et la température s'élèvera davantage ; de plus, cette couche de suie que dépose la* flammé d^une chandelle ternit le verre , le rend opaque , et le prive ainsi de sa propriété là plus essentielle.
178. Quand la flamme est en contact direct avec les substances que l'on chauffe ,. cette matière fuligineuse peut agir chimiquement sur elles, et d'une manière
bien |ylti9 âeUâible que nt le ferait Yettxi et IWicle caiv bonique prorenant de la combustion de l'alcofaoL
il9. La place où ëe fait seiitir la plus grande cha-^ iaur- dans la flamme iton agitée d'une l$mpe-à Fesprlt de TÎày est précisément le sommet. La substance que Pou Veutebaùffer, quand elle peut supporter le contact direct de la flamme 9 doit être aussi petite qlïe ]fK»slbIe^ , pour pouvoît* n^iieux observer les changemens qu'elle ëprdUTe. On la tient au moyen d*une pincé délicate en platine 9 ou K Textremite d^un fil de même xMtal ^ ou 'sur un morceau de feùill)B de jpktine; lor$(|uè IfL substance peut {»e diviser en longs filamens {spUiUer)^ l'on introduit Tune des extnémites dans la flamme , l'autre servant de support. Dans tous les cas le sup» port doit être aussi mince et aussi délicat que possible, àflti de ne pas enlever la chaleur à la substance objet Ae Inexpérience , et ne pas refroidir la flamme. Quel* ^uefois il est nécessaire/ surtout lorsque le sup{K>rt est en piatine 9 de \t tenir aussi éehaufië que possiile iimiW la partie cjxA avoi$tne l'objet, afin de diminuer là pertf^ de chaleui^ qui se fait en vertu de la conduieti* bilitéi ce à quoi l'on parvient en donnant au fil tme position èonvenable dans la flamme.
180. Lorsqu'on vent chauffer un corps plus volumineux, il vaut mieux généralement le mettre un peu plus bas dan^ la flamme , que précisément au point le plus ardent; la flamme entoure alors plus complèteinent le corpâ s l'on peut ainsi faire rougir facilement tin petit creuset ou une cuiller de platine, tandis jqûe dans une partie plus rapprochée dar sommet ces vases ft'échavlfent làoins par l'effet du contact contilniel de Tair.ambiant. '