‹ Manipulations chimiquesChapitre 31 sur 58 · RÈGLES GENERALES · texte numérisé non relu

RÈGLES GENERALES

dépare de la partie du laboratoire où Ton travailk , et où rien ne doit être changé sans Tordre du chimiste. Il est plusieurs circonstances où le» expériences, ou le» dissolutions y doivent être mises de côté pendant u|p semaine ou deux , pour être ensuite reprises de nou« Teau. H faut alors les étiqueter avec soin , et les placer dans nn lieu particulier, il faut avoir une armoire pla* cée de manière à ne pas embarrasser, pour y di^osep les expériences qui ei^igeront des semaines ou des mois entiers , ou les objets qui ne devront étire repiû» de nouveau qu'après un long espace de temps**

1196. Les dissolutions , les précipités , et généralement tous les produits qui sont joiis de côté pour qnelr que temps , doivent être étiquetés suivant les mairqaea ou dénominations sous lesquelles ils sont inscrits suv le livre du laboratoire. Ainsi , les précipités et lies dis*solutions dont il a été précédemment question (i 188) y seront étiquetés sur les verres ou bouteilles qui les contiendront , A , B , C. Quand ces produits sont noi> veaux et importans, cette précaution doit être prise sans délai afin de prévenir toute espèce d'erreur. Le papier enduit de gomme ou de colle (1029 j 1231) est alors fort commode.

1197. On ne peut observer avec trop de soiâ toutes ces règles d'ordre et de propreté; nous ne saurions mieux terminer cette section qu'en rapportant les excellentes observations que Macquer fait à ce sujet. « Il faut bien se persuader , dit-il , que l'arrangement , » l'ordre et la propreté sont essentiellement nécessaires 9 dans un laboratoire. Toutes les fois qu^on sé sert d'un » vase quelconque , il faut le laver avec soin et le » remettre à sa place : on doit placer des étiquettes sur n toutes les substances , tous les mélange» et poodopts

19S HANiPlJLATrONS CHIMIQUES.

»jd,'opérations que Ton conserve dans des flacons ou » autrement. Il faut les examiner, les nettoyer, et re- » nouTeler de temps en temps les étiquettes. Quelque •lÎRsignifians et quelque fatigans que paraissent ces » soins , ils sont cependant les plus importans, et sou- » Tent les plus négligés. Lorsqu'on est sérieusement

• engagé dans une recherche, les expériences se suc-\ » cèdent avec rapidité : quelques-unes semblent décider là la question , et d'autres suggérer de nouvelles idées. » On ne peut s'empéchcr de les poursuivre immédia- » tement; on passe de Tune à Tautre croyant qu'on » pourra toujours fiicilement reconnaître les produits » de la première expérience ; on néglige de les mettre

• en ordre; on poursuit avec empressement les der- » nières expériences : cependant les vases dont on s'est » servi, les flacons remplis, les verres, etc. , s'accu* » mulent au point qu'on ne peut plus s'y reconnaître, » ou que le chimiste n'a plus que des doutes et des in- 9 certitudes sur la nature des premiers produits qu'il » a obtenus. Le mal s'accroît encore si Ton entre- » prend une nouvelle série d'opérations qui embarras* » sent le laboratoire , ou si Ton est obligé de s'éloigner » pour quelque temps : alors tout devient confusion , » et il arrive souvent qu'on perd le fruit de beaucoup de 9 travail , et qu'on est obligé de rejeter presque tous les j» produits de ses expériences. Le seul moyen d'éviter 9 ces inconvéniens est de procéder avec le soin et les pré- » cautions déjà recommandées. 11 est vrai qu'il est très- » désagréable et très*diffîcile de s'arrêter continuellem ment au milieu des recherches les plus intéressantes, » et de perdre un temps précieux à nettoyer des vases, 9 à les arranger, et à y placer des étiquettes. Ces occu- » pations suffisent pour refroidir et retarder la marche

RilGLES GÉNÉRALES.

» du génie; elles sont ennuyeuses, dégoûtantes même.

» mais nécessaires. Les personnes qui peuvent avoir » aide sur Tintelligence et l'exactitude duquel elles 9 puissent compter, évitent la plupart de ces embar- » ras ; mais elles n'en doivent pas moins veiller par » elles-mêmes à l'exécution de tous ces détails, quelque » minutieux qu'ils paraissent; car toutes ces précautions » sont d'une si grande importance, que nous ne devons » nous en rapporter qu'à hous-méme. Elles deviennent » d'ailleurs indispensables lorsque les expériences doà- » vent rester secrètes , au moins pour quelque tenips^ » ce qui arrive fréquemment en chimie.

» Quand on se livre à des recherches nouvelles , les. » mélanges, les résultats et les produits de toutes les » opérations, doivent rester long-temps notes et eUqve^ » tés. Souvent il arrive qu'au bout de quelque tempe o l'on y observe des phénomènes fort singuliers , et a«x:- » quels on ne se serait jamais attendu. Il y a en chimie » plusieurs bellf s découvertes, qui ontété faites de celte » manière , et sans doute un plus grand nembre qui ont » été perdues, pour avoir jeté trop tôt les produits, » ou parce qu'on n'a pu les reconnaître après les cbao- » gemens qui s'étaient opérés en eux (!)• » '

f i) DiGlioDii«ir« d« ehilnie par Mftcquer, ii, iflU,

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198 HANJPfJIATlONS CHUIIQVB8.

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