‹ Manipulations chimiquesChapitre 37 sur 58 · MAmWLiTIDHS CHIMIQUES · texte numérisé non relu

MAmWLiTIDHS CHIMIQUES

^rernis» de papier, ou de toute autre substance dcnd mé ulUque^ sa faculté d'absoil>er et d'émettre la chaleur est coDsidéraUexnent augmentée. Le -«ase placé deyant le £èu. s'échauffe alors promptement, et ne tarde point à ^eyenîr ensuite à la température ordinaire par l'effet du rajonnement/Ges &its» qui sont consignés dans les traités de diimie les plus élémentaires, sont souvent snsiceptâbles d'utiles apfdicattons. Lorsqu'on est obligé, de placer un petit fourneau (14S) assez près de la cuve pneumatique ou de tout autre appareil, pour qu'il soit à craindre qu'il les endommage par l'effet de la chaleur qu'il pouirait leur communiquer^ il suffît d'interposer une feuille de fer-blanc brillante pour garantir le bois de tout accident (173). Mais comme les corps métalliques sont d'excellens conducteurs de la chaleur, cette espèce d'écran ne doit point être mise en contact avec la partie chaude du fourneau ; ou s'il est absedument nécessaire qu'il porte sur le fourneau, il faut intercepter le passage de la chaleur à l'aide d'un morceau de brique, de tuile ou de pierre.

1245. Lorsque Ton veut tenir pendant long-' temps one substance très«ehaude ou très-froide à la même température, il peut être avantageux de la placer dans un vase métallique dans lequel le rayonnement ou l'absorption de la chaleur se fasse très^ifficilement par la surface. 11 faut aussi s'opposer avec des cônes de papier (Ôljr, 1229), ou avec des enveloppes de flanelle, à ce que la substance n'ait pas immédiatement le contact de Tair , qui enlèverait ou communiquerait la chaleur par sa faculté conductrice. Au moyen d'une feuille de fer-blanc brillante on remplace souvent avec avan* tage les couvercles métalliques^ 1^ , par exemple, on. a besom de maintenir chaude une ^partie du col

MANXèRS DECRIRE StR LE VERRE. , 233

il*an.e cornue, afin d'empêché les vapeurs àû se coW denser trop vite^ on y parviendra souvent en employant une enveloppe de fer-blanc , tandis que TappUcation de la flanelle, du, papier ou de tout autre moyen, serait plus incommode ou peut-être insuffisante.

13 46-. S'il arrive qu'en chauffant un vase sur une lampe chimique ( 169 , 3&9 ) Textérieur se noircisse par la fumée de la flamme , il faut enlever immédiabe* ment la couche qui s'est formée , car son pouvoir rayonnant entraînerait une perte ccmsidéraUe de la chaleur communiquée par la lampe.

1247. Lorsqu'au lieu de chercher à conserver la température d'un corps , on a au contraire pour objet de l'élever ou de l'abaisser rapidement au degré de celle des corps environnons, il faut ccmvrir Ic^ iiais<seaux avec une surface qui rayonne ou qui absorbe la chaleur avec facilité. Les vaisseaux métalliques tels <|iie boites, tubes, et les enveloppes que l'on af^lique an ool des cornues , etc. , doivent alors être noircis on revêtus d'un corps qui sayonne facilement.

% IX* Jiùmièrê démise sar U varre.

124d. Lors€pi'(Mi ponrsuit une expérience avec activité «et que divers flacons, cloches, verres, etc*, contenant, des préparations et des produits diffîrens, ont •besoin d'être étiquetés (1 197) , il faut, autant que poa- -aible , éviter de détourner sa pensée de l'opération* Par conséquent, il est souvent très-commode de pouiioir écrire sur le verre même avec une plume et de l'ep-

224 MA2<riI>tJl.ilLTIONS CHIMIQUES.

tsre ordinaire , en se réservant toutefois d'y substituer plus tard une étiquette plus régulière. On peut écrire très-distinctement sur le verre, pourvu qu'il soit parfaitement sec, et bien essuyé avec ilh linge propre , en ayant la précaution de ne le frotter sur la fin que lentetnent, afin d'enlever toute l'électricité que la rapidité du frottement aurait pif produire sur la surface d'un verre chaud et très-sec. La plume doit contenir de l'encre en abondance, être tenue presque perpendiculairement au verre; les lettres être larges et rapidement tracées. Ces inscriptions suffisent parfaitement pour distinguer, siir la èuve pneumatique , lés cloches qui contiennent des gaz différens ou les flacons de gaz dont on peut avoir besoin.

1249. S'il est nécessaire, que l'inscription reste pen^ dant quelque temps et qu^elle résiste à l'action des vapeurs humides ou acides qui flottent constamment dans le laboratoire , il convient d'avoir une encre particulière qu'on prépare en délayant du vernis noir, tel que le noir de Brunswick , dans un volume égal d'huile de térébenthine , et de conserver ce mélange, ainsi qu'une plume particulière, dans une bouteille destinée à cet effet. Cette manière d'étiqueter est supérieure au papier et à l'encre quand il s'agit de marquer des flacons , cloches ou bouteilles de gaz qu'on tient dans des lieux humides et non aéréà. L'écriture se sèche bientôt, et quoique pâle, elle reste très-distinçteet très-lisible. Si ensuite on y passe un peu dé noir de fumée avec du coton ou de Tctouppe, elle devient immédiatement aussi noire que si elle eût été tracée avec de l'encre ordinaire, et alors elle résiste longtemps, au frottement d'un linge mouillé ou sec.

MAN. DE I»ERCEV. LES ODEURS A l'aIDE D*UN TUBE. OS

§ X. Manière de' percevoir les odeurs à l'aide d'un tube.

1350. Certaines expériences exigent qu'on emploie tous les moyens possibles de savoir si une subaiancé possédé ou non quelque odeur; comme, par etefisiple^ ai Tammoniaque réduite à une très^basse températuM affecte ou n'affecte point les nerfs olfactifs : dans ce ùas il peut être très-utile d'employer de la manière suivante un tube de six ou sept pouces de longueur : on met l'extrémité inférieure dàiis le vase en contact avec la ^bstance qui y est contenue ; appliquant ensuite l'extrémité supérieure à Tune des narines, on'boucbe l'autre avec le doigt, et l'on respire l'air à travers le tube ; cet air passera par la substance avant d'entrer datîs la narine y et si cette substance a quelque odeur on ne peut manquer de s'en apercevoir. On peut examiner de cet temanière les substances renfermées dans l'intérieur des vases ou au fond de tubes qui sont soumis à une très^basse température ; mais lorsqu'on opère de la sorte il faut, avant de mettre le tube en contact avec la substance, le refroidir au même degré que la substance elle-même*

§ XI. Gravure sur verre.

1251. Graver sur verre est une expérience amusante, et qu'il est quelquefois utile de savoir mettre à exécution ; nous croyons donc devoir en donner ici la description. Supposons que l'on veuille graver un dessin sur une plaque de verre le verre ordinaire est celui qui convient le mieux à cet effet )| on 2. 15 '

2S( . \HAyif\}L^XlON8 CHIUigqiS,

se procure un carreau de telle dimension, qu'on puisse y taeaciec im cèrcdéassez large pour y rtaferiDcir le .dessin qu'on se propose de graver. On le chaufife ensuite ^H-dësaus d'une lampe à esprit de vin, d'un bain; de SiaUe^ etc. f. et on Tenduit de cire jaune ; elle se fc^^ |eré{)^cl rapidement sur le verre chaud, et y laisse Hiç^coucbe: uniforme; lors même que cette uniformiçéi i^^'e^^d^erait plu^ lorsque la cire est refroidie, il suffirait à la rigueur qu'elle couvrit parfaitement la sur&ce sui: l^queUe on veut graver. Il faut ensuite y tracer le defr< 9Îliy au moyen d'une pointe aiguë, et faire en sortq qae ch&que trait pénètre jusqu'au verre* On peut polir, (^lâ se servir d'une pointe de canif, d'un fil d'archali d'une alêne,, etc. ; et en lui donnant une forme conver Mble, on n'éprouvera aucune difficultépour tracer dans la cire des lignes plus ou moins fines, suivant la position delà poinie de l'outil et la ligne qu'il décrira. Lorsque Ifi^dèssin a été préalablement tracé à l'encre sur du papier, on peut très-ÊLcilement, eu l'appliquant sur L'aiM^e fiûce.du "^Ferre, le distinguer et en suivre les traits àtra** vBTBilacipe.

1;3&2 ..On dionâra une capsule à evaporation, de tejrr^ ou de métal (344, 1236), dont le diamètre soit plu9 grand que celui du dessin. On prendra du fluate de chaux dans la proportion de deux onces pour une capsule de deux pintes , et on lé placera dans la capsule avec une quantité suffisante d'acide sulfurique concentré pour faire une pâte claire; les deux substances ayant été bien mélangées à l'aide d'une tige de fer, on pla» cera lé verre enduit de cire, le dessin en dessous, sur l'ouverture de la capsule, qu'on chàufiera modérément au bain de sable. Cette légère chaleur, qui ne doit pas cQEcéder 60 degrés centigrades^ suffira pour produire

GRAVURB SUA VERRE. •— if ANOmCtrES. 327

bieùtàt une vapeur abondante que Ton verrl s'élever dumélange.

1268. Après avoir ainsi chauffé légeréthetït lè vafsêf , on lé place danà une partie pltisfroîdè du bsiittdiS sable ^ où on le Idssè pendant une demi-'hëuré: on reccmnatt que l'opération tnaréhe, en soulevailt tin pèù lé plateau que Ton veut graver, et regardant s'il" fe'élèJtè de rintérieur Une vapeur visible. Au'bout d'une demiheure de réaction, on !aVe le plateau pour enlever Tacide , et on rélire la cire avec la lartie d'un* coriteatï j ôil de tome autre manière. Le verre est alors parfkitetnent gravé ; et si Ton veut faire ressottir davantage fe deâsm, il suffit de passer sur le plateau un petit tampon de coton, couvert de vermillon en poudre trë^-finé. !

§ XII. Manomètres. "m

1254. Les manomètres au moyen desquels on me^ sure la pression de la vapeur des gaz liquéfiés (892) se font de la manière suivante : l'on étire des tubes capilïâireé (1079) de 8 à 12 pouces de longueur (578)j aîlaiu progressivement en diminuant vers Tune de leurs ex-^ h'émités, de manière qu'un certain volume dé mercure occupe dans la partîé la plus étroite un espace huit ou dix fois plus long que daiis la partie la plus large; It ék\ bon de préparer une assez grande quantité.de ce& tubes, et dé choisir ensuite les mieux calibrés.. , ,

1255. Pour diviser les tubes que l'on a choisis eâ espaces d'égale capacité , on plonge dans le me|:cur& ^extrémité la plus large, et loAqu'il y en est entré une certaine portion, on le place dans une position hori^ zoùtàle. On peut alors en inclinant le tube d^uu côté

228 KAlflPULATICHIS CBHHQUAS*

OU de Tautre, et au moyen de légères secousses, faire passer successivement le mercure dans toutes les parties. Arrivé dans la partie la plus étroite , on voit le mercure s'étendre sur une longueur considérable ; il faut alors en laisser échapper une portion, et ne Conserver dans le tube qu'une colonne d'un pouce, qui doit servir à donner les divers degrés, de l'échelle. On la rapproche ensuite de l'autre extrémité, jusqu'à ce qu'elle soit parvenue au point où le calibre commence à s'élargir, mais assez peu pour que la ce- (lonne de mercure conserve presque entièrement sa longueur primitive. Arrivée à cette place, on marque avec de l'encre (1248) les deux extrémités de la colonne de mercure , et Ton obtient ainsi le premier degré de l'échelle. 11 est aisé ensuite de marquer les autres divislops en faisant couler le mercure progressivement vers la partie la plus large du tube; et dès que l'extréjnlté de la colonne de mercure , du côté le plus étroit, est arrivée à la hauteur de la dernière marque tracée, on fait une marque à l'autre extrémité, qui devient à son tour le point de départ d'un nouveau degré.

1256. En procédant de la partie étroite du tube à la partie la plus large, la colonne de mercure diminue de longueur, et augmente en diamètre. Aussitôt que cette longueur est au-dessous d'un demi-pouce , il ne faut plus s'en servir pour diviser la portion du tube large; mais il faut ajouter au mercure dont on vient de se servir une nouvelle portion du même métal, jusqu'à ce que son volume soit égal à deux,^ trois, ou même quatre degrés* Cette nouvelle colonne servira alors pour diviser la partie la plus évajsée du tube, seulement on tiendra note de la valeur de ces degrés sur un morceau de papier» sur lequel seront répétés les ppints tra-

GRADUATION DES HATfOMÂTKES. . 329

ces sur le tube ; ce qui est aisé à faire en plaçant Tin* strument sur une feuille de papier /et y marquant exactement chaque nouveau degré au fur et à mesure qu'il aura été tracé sur le tube.

1257. De cette manière , le tube se trouvera divisé en un certain nombre de parties, ayant entre elles un rapport connu. Il ùluI ensuite chasser le mercure du tube, et n'en laisser qu'une quantité telle, qu'elle n'oécupe qu'un tiers de pouce, ou tout au plus un demi« pouce , lorsqu'elle sera placée dans la partie la plus > large , et laisser une distance de 20 ou 30 degrés entre l'ihdex de mercure , et le premier degré tracé sur le tube. Il ne s'agit plus alors que de fermer à la lampe à esprit de vin l'extrémité étroite du tube un peu audessus du point où commence le premier degré. Cette opération doit être faite en ne chauffant qu'une très- . petite portion du tube et de l'air intérieur, de manière à ce que sa capacité n'éprouve pas de variation sensible. Ou peut même la conserver exactement en fermant d'abord le tube un peu au-dessus de la première division , puis continuant à le chauffer jusqu'à ce que le verre se ramollisse et retombe sur lui-même , de façon à produire un tube plein , qui se terminera précisément à l'extrémité du premier degré. Supposons que la capacité du tube se trouve ainsi augmentée d'un vingtième de degré , cette augmentation ne formerait qu'un quatre ou un six-centième de la totalité de l'air contenu dans le tube , ce qui ne serait d'aucune conséqnence; mais ce qui est très-essentiel, c'est que le tube soit ensuite fermé précisément à l'endroit où commence le premier degré, afin que les divisions soient parfaitement dans le même rapport.

12&8. La dernière opération consiste à ramollir le

;^|0 UAEIiflJLATXOIfS CHIMIQUES.

yerre à la distance d -environ pn pouce au-delà de la colonne de mercure, et à l'étirer (1071) en ne laissant à re;i^trëmitë qu'une petite ouverture pour seryir de passage à Tair qui doit presser sur le métal. • 12&9., . Qn introduit ces manomètres dans Içs tubes dftps lesquels on effectue la comppression des gaz (893). Ils devront, dans ce cas, être plus loQgs que ceux^ employés ordinairement à cette opération; ils devrcmt aussi être courbés deu2ufois au lieu d'une ; c'est-à-4ire présenter trois lignes droites, séparées par dei^x angles; on placera le manomètre dans une des branches. Si, au bout d'un certain temps, les lignes qui marquent les. degrés sur le manomètre v^aient à disparaître , on pourrait les retrouver en ayant recours à l'échelle tracée ÇAir le papier: il suffirait de faire correspondre les deuiç extréipités de. celle-ci avec les deux extrémités dumaliomètre> On pourr^^ ainsi retrouver avec une exactitude suflfisante le djegré de pression qui aurait été indiqué dans une expérience.

On calcule la pression comme avec les autres manopiètres. Ci le tube marque trente degrés eiitre le mercure et le bout fermé, et que dans le cours de l'expérieif ce le mercure monte au quinzièmci alors la pression exercéç sera égale à deux atmosphères ; s'il arrive au troisième degré , la pression sera égale àdix atmosphères; s'U s'élève jusqu'au premieç dpgré y^ la press|pn sera égale à trpJ^^ fttcj^i^p^pyeft. E?x pqn^équenpç de la grande longi^eur flv Iff^.9\\^^ deg^é, U ç^^ a^sé avec cp max^ojpaçtre de calculer |a pf es^ipn ]usqvi'au-del^ de cent atmosphères , ea cpqsid^r^i^t cpm^^e c^xficte la loi de UarioUe^ ^PPViy^^ P^ 1^^ der^ièreç expériences d'Oersted. Quoique le terre de cçs| manomètres ^oit très-]ppi^çe , il^ nç sont pas exposés à éçla(?r , car. ils

ECRANS ET 'MASQUES POUR LES YEUX fit P. LA FIG. 3^1

sont soumis à une pression égale à l'intérieur et i Textérieur^ et, par la même raison, ah n'a à craindre Httcune inexactitude résultante de Tinégalité dans la pression.

1 2^0. Ces manomètres sont également ntiteë poulr ^i^éter les expériences de M. Cagniard de la Tour, et «n général, pour toutes celles où les. gaz ou les vâpMrs sont soumis à une pression quelconque, soit pat des Moyens chimiques , soit par des Hioyens mécaniques.

■aOBBMi*— •—

§ XIIL Ecrans et masques pour Us yeux (U la figure*

• 1261, C'est une imprudence impardonnable de né- •gliger les moyens de garantir sa figure , lorsque dans quelques expériences on a à opérer sur des substances sujettes à détonner avec violence , telles que le chlorure d'azote, ou les gaz soumis à une haute pression dans de& vases de verre ; il faut, dans toutes ces circonstances, se servir d*un masque. On en fait d'excellens avec un tissu métallique très-fin. On en coupé un morceau suffisamment large pour couvrir tout le visage, et on l'attache à un ressort élastique qui passe autour de la tète, et le retient à sa place. Ce masque est flexible ; il n'est point sujet aux mêmes inconvéniens que les masques de verre, qui se brisent, et qui «'obscurcissent par la condensation de Thaleinçi. Mais il offre quelques inconvéniens dans les expériences qui demandent à être exa« minées de très-près, à cause de l'obstacle qu'oppose le tissu à la netteté delà vue, il n'empêche point non plus de respirer les gaz délétères, et il ne peut défendre là ligure dans les expériences où l'on est exposé à être

S3S MAlflPULATlONS CHIMIQUES.

atteint pftf des liquides corrosifs; par exemple , lorsqae l'on traite le chlorure d'azote par les acides.

1262. On fait d*excellens masques en cristal , on même en verre commun, en doublant la partie qui cou- Tre les yeux av^c une feuille de mica ; on fixe à la partie supérieure un morceau de bois courbé , et des cordons pour le lier autour de la tête. Si le verre vient à se briser par reflet d'une explosion violente , le mica, plus flexible, ne sera probablement pas endommagé, et empêchera ainsi que les yeux et la figure ne soient blessés. Le mica seul ne conviendrait pas bien , car il est très-rare de trouver des morceaux de ce minéral qui soient en même-temps asses épais pour résister et assez transparens pour transmettre la lumière sans aucune altération. Le mica est d'ailleurs sujet à se rayer Iprsque rien ne le garantit. Un masque de verre et de mica n'a pas besoin de descendre plus bas que les yeux; le reste de la figure peut être garanti avec ^m ^mMcple de tissu métallique; on évitera, par ce moyen, l'inconvénient résultant de la condensation de l'haleine.

1263. Il suffit fort souvent de se munir d'une paire de lunettes ayant quatre verres , deux de càté, et deux sur les yeux, pourvu que les verres soient plus grands et plus épais que les verres ordinaires. Ces lunettes doivent s'appliquer exactement de manière à ne laisser aucune ouverture.

§ XTV. Procédé pour élamer le verre.

1264. Le verre étamé est souvent nécessaire aux expériences sur la lumière; et il est facile de s'en procurer dans .un laboratoire de la manière suivante. Après avoir choisi un disque de verre de dimensions convenables

ETAMAGB DU TEaRB. •— PHOSPHORESCENCE* 233

(1234), on coupe de la même grandeur une feuille d^étain mince et sans trous, on l'étend sur-plusieurs dou^ bles de papier à filtre (201). On verse ensuite sur retain une. petite portion de mercure que Ton étend bien également avec une patte.de lièvre, ou un. tampon de lîoton légèrement enduit de suif, jusqu'à ce quel'amal* game ait lleii; on ajoute alors du mercure, de manière à. ce qu'il soit en quantité suffisante pour flatter sur toutes les parties de la feuille d'étain. On place sur Tamalgame une feuille de papieç à lettre ; puis, posant la glace elle-^léme sur la feuille de papier, on presse sur la glace assez fortement pour la maintenir en place, mais, pas assez pourtant pour empêcher de retirer la feuille de papier , qui se trouve ainsi entre le verre et retain. Â mesure que Ton retire le papier, il entraîne avec lui tout Tair qui se trouvait entre la glace et le métal , ce qui établit entre eux un contact parfait. Lé mercure est ordinairement en excès , mais il est aisé de le faire couler, en plaçant, pendant quelques jours, la glace sur le côté, dans une position verticale, ou en la mettant à plat entre deux planches légèrement incli» nées , que Ton charge d'un poids.

1265. Le mercure dont on se sert pour étamer ne dqit contenir aucun métal étranger; celui qui aura coulé de dessous la glace devra être gardé à part , et ne pourra, servir qu'après avoir été purifié (1 174); car U contient toujo^urs un peu d'étain.

§ XV. Phosphorescence.

1266. Il est beaucoup de substances qui, à l'aide dû calorique, deviennent plus ou moins lumineuses; mais presque toujours la lumière produite est si faible, qu'il

SS4 ^ MANlPfJLATIONa CHIMIQUES.

frut lescitaconstancès les plus favorables pourlaxendr^ appareiUe. Une excellente iQéihods pour produire cet effet consiste à chauffer uée plaqae'de fer épaisse jusqu'à une température presque rouge, à la placer sut une briqtie dans un lieu sombre, et à y projeter les substances que Ton veut essayer. Il est bon de chauffer une partie de la plaque plus que Tautre, de manière à ce que Tune soit visiblement rougse, et que Taiitre ne le soit point. On peut alors faire des expériences avec la même substance sur les deux parties. Il est des substances qui émettent si peu de lumière , qu'elle n'est point apparente sur la partie rouge , mais susceptible Cependant d'être aperçue sur la partie plus sombre, parce qu'alors elle n'est pas éclipsée par la lumière émise par la plaque.

1 S 67. La substance doit être réduite en poudfe à différens degrés de grosseur, afin de pouvoir varier les eàsâis. Quelquefois les gros grains réussissent s^Is, et aloris on aperçoit sur la partie de la plaque chauffée au rouge-b^un une légère phosphorescencle. Sou^ vent même l'on emploie un fragment entier, et comme la totalité n'atteint pas au même instant le mêihe degré de température, on aperçoit une faible lumière qui parcourt successivement toutes les parties , à mesure qu'elles acquièrent la température nécessaire.

1268. Il vaut beaucoup mieux mettre sùr^le-champ la substance sur un corps chaud; où elle puisse recevoir immédiatement le degré de chaleur dont elle a besoin, que de la placer, soit sur une feuille de platine, soit dans un creuset , et de les chauffer ensemble. L'opération Serait plus loqgue, puisque la masse que Ton aurait à chauffer serait plus considérable, et il en résulterait d'ailleurs un autre inconvénietit plus grave ; c'est que l'œil

s'aecoatmncFait tellement à Fdugaient^tioil sbcdesàive de la lanpiièrey qu'il ne pourrait plus distinguer Tfeffet dit à la phosphorescence. Il faut éviter dç fixer auparavant les y eux sur d^ cQrps liimipeux ; il faut inieux, au contraire ^ rester dans Tojmhrey parce qu'alors ils sont plus sensibles à l'impression de la lumière* - ■ %

1269. Lie docteur Qrewster^ en re^daip^t complte des çxpérienjces par lesquelles il a découyert la propriéi<i phosphorescente dans un nombre de corps qu^re fois plus gr$ind que celui qu0 l'on co^nAi^sait aya^l lui, s'exprime ainsi : « Je n'ai î^Hiais pulvé^ i^ le eorpS'snr » lequel j'opérais ; inais^ ^u contraire^ j'en ai tdujoura tt pls|cé un fragment sur yne plaqtie de fe^ éps^isse, qud irjje pprtais dans imç çhlimbre obscure^ Lorsque par » ce moyen je ne réiississais pas à rendre la phospho* ]> resçence bien apparente, je prenais un canon clt pistole let, j'en bouchais la lumière, jlii^tcofluîaaîs le minéral » dans rintérieur, e|; je i)[iettais la çula^Be 4an^ le feu: la p phosphorescence deyepait visible ayant que la tpmpén » rature ne fût élevée au roDge. Quelquefois je:r^ardaia t au travers d'un verre, afin de préserver ipQn œil de » l'inQuemce de Tair chaud; d*autres fois j$ me servais » d'une petite lorgnette,, que j'avais ajjostée d'avance » dans le canon même. Il m'est arrivé aussi de n'in*» D troduire le minéral dans le canon qu'après qu'il était » retiré du feu , et que la chaleur rouge était entière- » ment dissipée (1). »

§ XVI. Milieux au travers desquels on peut observer la direction des n'ayons lumineux^

1270. Si Ton fait bouillir du charbon animal dans

' (i) Edinburgh Philo«opliicalJounial,'i,3S5.

236 MàNlI^UtATlOMS CHIMIQVB8.

de lalcoholy qu'on le laisse refroidir ,' et qu'on le filtre après l'avoir agité , il passera au travers du filtre , en même temps que le liquide, une certaine quantité de matière solide, tellement divisée, qu'après plusieurs semaines elle sera encore Détenue en suspension. Sa présence ne se fait point remarquer par une teinté noire, ainsi qu'on pourraitle présumer, mais.seulement par un reflet particulier qui se manifeste sur les bords du vase , et surtout par une teinte opalescente. Lorsque Ton fait passer un rayon lumineux à travers le liquide, les petites particules solides sdnt éclairées de lama* nière là plus brillante; et l'on produit lesefiets dé lumière les plus agréables et les plus étonnans, lorsqu'on emploie les rayons lumineux concentrés au moyen d*une lentille, ou décomposés par le prisme.

1271. Une dissolution de quinine dans l'alcbhol, précipitée par l'eau, ou Une «dissolution de sulfate, ou de tout autre sel deja même base, précipitée par un alkali , fournit un liquide qui agit de la même manière sur la Idniière. Il n'en faut qu'une très-petite portion pour donner à une très-grande quantité d'eau les propriétés dont nous venons de parler. Ces liquides, ainsi préparés, peuvent être d'une grande utilité pour observer et reconnaître la direction des rayons lumineux.

§ XVII. Emploi des rayons solaires.

1272. On s'est assez fréquemment servi des rayons du soleil, concentrés au foyer d'une lentille, pour échauffer certains corps placés dans l'intérieur d'un vase de

EMPLOI DIS RAYONS SOLAIHES p •^ M JL6NETI8HB. 2S7

Terre, et auxquels la chaleur ne pouvait être appliquée par d'autres procédés. C'est ainsi que les académiciens de Florence, et après eux (1) sir Humphry Davy^ ont brûlé le diamant 4ans le gaz oxigëne* • 1273. Les changemens chimiques qu'ils opèrent sur les corps, soumis à leur influence sont si différens des effets produits par les autres agens, que leur ustfge est d'une haute : importance ^ dans le laboratoire; il est à regretter que les chimistes, en général, ne fas» sent pas d'expériences sur les corps qui. n'ont point encore été soumis à leur influencé. L'acide dilorocarbonique (2) est toujours un produit de leur influence; de même que l'hydriodure de caiiione, il n'est rpas de meilleur moyen de produire avec facilité le chlorure de carbone. C'est à l'aide de: ces rayons que le chlore peut décomposer Teau, cequinep^ut avoir lieu qu'avec beaucoup de difficultés sans leur secours* Lorsque nous avons* tant de preuves évidentes d'une ao* tiou particulière, il n'y a pas de raison pour ne pas espérer que la lumière solaire ne produise des effets tout* à-fait indépendans du calorique , et donne lieu à des résultats «nouveaux lorsqu'on la fera agir sur les corps solides mis en contact avec des gaz , des vapeurs , et même des liquides* '

§ XVlII. Magnétisme.

1274. Quoiqu'on puisse penser que ce qui tient au magnétisme soit hors du domaine de la chimie, le chi-

(i) laroisier et autret Français.

(») Gac'Mide chbiro-^ttbOB^aa 4t H. ThMuurd.

2Sft . lIAIÏlfHJLAtlOllë G^HIQBtfS» -

miste doit cependant coimaitrê tels principales pro-^' priétéft de ce fkiide, à causé de son dëteloppei&ent èx^ traordinake^ par Yélecttiéiiéf et de sa présence à(M moins extraordinaire àamd <|nëlque9 métanx. Nous ne parierons îeî qae dol'etoiplol dé rdguiflièalmsH^tée peur déoottVnr la fvréience du dutde • nlragnétique dans 1^ nnéranx ou dan» le^ snbfttances qui contiennent dn:" fer y etidè son développentent dand les oj^ratil^eyhs éleé^ troi-chimiques^ .

Iâ75v Lorsqu'on se sèi^t d'tme aiguillé aimantée ordmaire^ il faut faire attention que U pÎTOt sur lequoF eHè se meut «bit eKti*éiiieiâen« déHcàt y àfih cfuè ion' mouMmént ne ptdsse éti^e rétafdé par lé frottement ; il^ fiait latfôsî 4|iié l'agathé, ôU te morceau dé cristal qûîl^ rapporte soit bien uni, pour U ménfe raison. On juge si f aiguillé eët suffisamment aiteentée par la prbm^trtude et la liberté avec laquelle cHe oscîHe, quand par uaa m(}^én ^idconque on Itiî fait changer de position." On peut auslsi Pessayér eh plongeant lès poSmcs dans* de la limailte de fer; k( fitisceau de lim^illo attirédoit' être considérable, et sî raîguilïeèët Bien aimantée V le* mîtiett ne doit eiercer aucune attraction sVir les particules^ de .fer.'

1276. Lorsqu'on se sert de Taignilte -j^ur rècon-* naître la puissance magnétique d'un corps, d'un minerai de fer, par exemple , ou de tout autre , il faut lui laisser prendre l'état de repos, et approcher progressivement le corps de Tun des pôles : lé mouvement de l'aiguille indiquera l'état magnétique du corps présenté, et Ton jugera de l'intensité de son action parla distance pluis ou moins giraude à laquelle la substailce' aura commencé à faire mouvoir l'aiguille.

Lorsque le magnétisme est très -faible, on peut

MANIÈRE DE Ill|CO|fir« LE KAGIIKT. SilklISaES CORP&^ 2#&

%a rendre les efi^ts plas évîdefas. en s'y pifeiiitnt 'd« M iuftnière Àuiyante : sbpposons tpe la substance que l'oft veut soumettre à Texpérience soit aii moreean de mi» Bidrai de fery qu'on Fait présenté an o6tié droit du.fiàle, et qu'il n'aie produit qu'une ta?è»-légèrë dériatisQaÉi de l'aiguille , si l'on retirie le minerai, et . qixtm laisse l'ait guiUç reprendre sa pésitiony celle-ci,. si ^^^ ^^ I^î^^ suspçndue^ dépassera le méridien sia§nétH|ue, du cAté gauche, d'une quatitité à peu près é^le à cfUe dôHt elle l'avait dépassé du càté droit, et ne regagnwa son pcÂnt.de /repos .qu'après plusieurs osoîllati6nft.vAjrlîeii de la laisser retourner naturelietaent à son pointi die repos.,, après qu'elle s'est portée ati oété. gauohay il &ut, loraqu'^e est.an moment dereiCourafir an càl;é droit,- attirée par l'attraction de la^ terré , présenter de nouveau le morceau de. fer du même côté, et joindi» ainsa .^, force . attractive à' ia force qpie nous yenbns ^è citer ^ et la &ke dévier à: droite autant que poi^ sibLe. On rettrera le minerai comma la premiixe £Dift^ et,, lorsque l'aiguillé aur4 passé- aa^côté ^uehe^, on le représentera de nouvesiu au memeiit où elle re* oommMicera^son mouvem^it rétrojg^ade ; on répétera cette opéral;ion plusieurs fois, en farorisant toujoni^s l^oasiUatioius de l'aiguille datas une Même dmetien^ par la puissance attractive du mineFài* Cette opéra4> taon est très^simple; il ne s'agk que de.rappuoélierki main du p^le, et de l'en éloigner succes^ementeii la Kepwielit vers le côté droit : l'objet qu'on se* propose étant détenir le minerai aussi près que possible de l'ai* guiUe, quand elle se meut de gauche à droite, et de là soustraire à son influence lorsqu'elle opère le. mouvez ment inverse. De cette* manière, on donne une nouvelle

340 KANlVULiTIOlfS CHUÉIQUES. '

impulsion à Vaigùille à chaqbe oscillation ; elle se porte ehaque fois, plus à droite , et la déviation ,qai d'abord était'^à peine sensible, devient de plus en plus marquéei . 1277. Si c'était une action répulsive que Ton voulût rendre sensible y il faudrait faire suivre Taiguilte par }è corps que Von étudie au moment où elle s'éloigne de lui^ et le retirer lorsqu'elle conimence à rêve* nir ; mais dans ce cas il vaut mieux agir sur l' autre pôle par la force attractive de la substance ; car ^ alors aucune cause étrangère ne peut faire illusion lorsqu!on agit par attraction; et il n'en est pas de ménie lorsqu'il s^agit de la répulsion ; l'effet observé pouvant être produit par le mouvement communiqué Mécaniquement; au moyen de l'air, par le corps qui, en s'approchant y le chasse pour ainsi dire devant lui, .en même temps que l'aiguille eUe-méme. ^ v ' 1278; M». Haûy nous appirend qu'au moyen de l'influence combinée dé là terre et d'un barreau aimlainté, on peut rendre l'aiguiHe aimantée beaucoup plus sensible , et découvrir par là la présence d'attractioils magnétiques très-faibles. L'angle que forme une aiguille sivec le méridien magnétique , et qui mesure sa déviation , s'accroît av€c la puissance magnétique du corps soumis à l'essai, de sorte qu'elle est très-faible lorsque cet angle est très-petit , et qu'il ^est à son maximum lorsque l'angle est à 90^ ; mais cet accroissement suit une progression décroissante, de telle manière qu'il faut une force beaucoup plus considérable pour amener l'aiguille de 0^ à 10<^, que pour l'amener de 80® à 90<*. Pour profiter de celte propriété, au lieu de laisser, l'aiguillé dans sa direction naturelle, on lui donne unedirection perpendiculaire au méridien ma-

MANIÈRE DB KECONN. LE HAGIi!f.T. DANS LES CORPS. £41

gnéijqae / ce qui .s'obtient facUemetit à Taide d'art bar* teau aimanté ,. dont on approche le p61e sud .^n regard du p6Ie du même nom de Tâigtiitte i dti k dévie ainsi de la direction dû méfidieii itiàgnétiê^e, et Ton peut, a l'aidé de quelques tâcôâiiéittétis'y la maintenir dans ta position perpendtculaircj. Ôettè position est la -plus fatoràble pour dêcoti^tit ëa magnétisme faible , car tel corps qui né dérangerait pas sensiblement! raiguille de sa diréctk>â to^ tnrelle la fera, dans ce cas, changfêr toùt-<à-âilf àé position.

1279. Lorsque Toil veut soumettre tin bai^i-éAtt dé

fer à répreuve de Taiguille , il faut obseHér si séè

deux extrémitéâ attirent les deux pôles , et si dan^

certaines situations il ne se manifeste pas un Àio^é-

knent de répulsion dans Tun d'eux. Cette répulstén

serait la preuve que le fluide magnétique existe d^tié

le fer, mais dans ce cas il faut le tenir dans ulie posi*

tion horizontale, et perpendiculairement à là direction

dé i'aîguilft, car dans toute autre position un bslr*

reau de fer doux qui ne serait point aimanté parràl'-

tralt rétre , et avoir des pAles , en raison seûlénient

de sa position relative avec la terre. Lorsqu'on lé

|)îacê dans un plah perpendiculaire à la dSi'éictioii dé ,

Taiguille, il ne prodilit plus l^f inênie ëflfet; mais hori

de ee plan, Textrémité inférieure agira comilie pôié

nord sur Vaigûille, et TîCutre agira côinmé |iôte sttd*

Quoique nous ayons avancée que le barreau placé 'ainsi

que nous venons de te dire ne produit pas dVffét ttA-

ignétique, cette assertion n'est pas elacteiiient vraîi^*

seulement le pouvoir est si faible , que TefFet dn éi^ H

peine perceptible. .^

1280. On peut aussi examiner la propriété magnétique d'un barreau de fer, eh rapprochant, de. la liinaiUe de fer ; s'il a des pôles ^ il attirera la limaille : ^lais cette épreuve n'est pas , à beaucoup près, aussi sûre ni aussi exacte que celle de l'aiguille. Le volume •de limaille enlevé est toujours, en proportion directe de la puissance attractive du barreau.

1281. Il, est facile, au besoin, d'aimanter une aiguille à coudre ordinaire , et de se procurer ainsi une ILiguille magnétique très-sensible; on la fait flotter sur l'eau, sur un petit morceau de liège, ou bien on la suspend à un fil de soie. Lorsqu'on adopte cette dernière méthode^ il faut attacher à chaque bout du fil de soie deux petites boules de mastic ou ciment mou (103o), qui servent l'une à suspendre le fil à un endroit convenable, l'autre à fixer l'aiguille dans une position horizontale ; on l'abandonne alors à ellemême. Bientôt elle pi-end sa position naturelle, et ainsi suspendue elle est plus sensible et obéit mieux à ruction du corps qu'on lui présente , qu'i^ne ai£[uille tournant sur un pivot.

1282. On aimante aisément les aiguilles à l'aide d'un aimant ordinaire. Si l'on n'en a point à sa disposition;, on pjBut aimanter fortement un barreau d'acier, par la méthode de M. Scoresby, qui, consiste à placer le barreau dans la direction du méridien magnétique, parallèlement à l'aiguille, c'est-à-dire que l'une de ces extrémités soit à 24° nord-ouest, et placée, la pointe en bas, de manière à former un angle de 72® avec l'horizon. Tenant 1^ barreau dans cette position, on appuie l'un des bouts sur une grosse barre de fer, placée dans la même direction, et l'on frappe sur

- MANIÈRK DE SB paOCURBR VN AIMJkNT. ^4'

Tautre trois ou quatre fois avec un lourd marteau ; le barreau se trouve ainsi suffisamment aimanté pour communiquer les mêmes propriétés à de petites aiguilles.

HI UlfiîPtitinMt câtHtQùfeft;

SECTION xxiy.

§ L Cours dtexpériencts instructives*

L'étudunt en chimie ne doit pas espérer, quand il aara lu ce livre , d'avoir terminé tout-à-fait son instruc* tioii, et d'être capable d'exécuter les divers procédés qu'il y trouvera indiqués ; on n'acquiert pas à si peu de frais l'art d'opérer. C'est seulement en s'exerçant beaucoup que l'on peut arriver à opérer avec facilité; il en est de cela comn|e de toute occupation manuelle, ^fous n'avons écrit cette section qu'afin d'indiquer les moyens d'acquérir cette pratique si nécessaire. On y trouvera la description d'un certain nombre d'expériences isolées y ou de suite d'expériences. En les répétant , rélève acquerra d'abord beaucoup de facilité y et s'instruira en même temps sur plusieurs points importans de la chimie ; il apprendra l'application et Futilité des ressources que nous avons indiquées, de manière à pouvoir en faire usage lorsque dans la suite il voudra se livrer à des recherches nouvelles. Toutes les expériences sont accompagnées de notes qui renvoient aux explications déjà données sur le même sujet, afin que l'on puisse y recourir lorsqu'on en aura besoin : ainsi , ayant sous les yeux la manière de manipuler, on pourra faire l'expérience avec plus d'exactitude et avec plus de succès.

EXP£RIENaBS.lJtaSS»15GSIVKS ^ «ALâVOE f POIDS. 8ê§

. § 11. Balance , poids ^ ^tc. * ' î *

1 . Oh3ervez d'abord attentivement votr,% .][)f44b09 (37) à y'vS^i (H towite tihairgâi d'an |^QÎ^i.%i(t au quart ^ puia:à la i»QUw|(k M^!idll»pçùa^:^€bfivO^}i efiafniti0z la facilUéplu» pstmo^is ^ndé d4 a9$>0ftfî|ir

lVmiU9^«:»5Ii»afid j«0 ib^jEU» sont !f ides fit t^ifflui^ ^toQQ^Àf^^^ ^moin^ m i)^^;dti]i6ifi:«:iBteticim^F#

ou non; si elle estparesseuse(38)9 enlevez peu à peïidby l^^l^p i^fi^i 46;i^^QAi;(9itrc^^Qii»tf|fi^ corn*

- 3f r¥^l$tfi««i vi9^.|Knde lofrlwrpaff }«s auiireçt, et (1^

. 4/ SMminaiJes ^iiiu» poidp qtii appavliièniiaiit à la ^e^ùe/;eii'fe8 .coa^paraat avèodbMf poids > nmi& ili| l'exactitude desquels vous serez sûr (43)f lîfia deùe p«i 4QMti^ltoè:d'eÉr«ur y ituottat tons nraa poicb^à iessà^er ^'pi^cdt4> etftott»éûiixii»$»yéà)de.i'a«|r«i . •' '

. .$« JfetMi'dbais l-uoii^ l/putrd bapsiit'd» lâ^ l>a* Imce miipôidMgal à la moiûçdeiâxjiM[get«lttlft«[u'^ett# ptMt pjftSéfr (2&) r loRfique le balancier tat cm âqailibrë ^ (^11909 b&.pcàésldebqsèm.,:e( observez^ ii le €étfi| re-* prend sa position d'équilibre (42, 52.) / $• P^csEr)cn&tfiibtB dhaiA firagmens d'un corpe séMde ^45^.40)9 à.ua eeniième de;^i»inprèsv;.{iasaz-lês ehaiHte séparémmt, et Toyez.silaâ0nfinë>dé leurs poids égale U'pneiifier poidbi troav^.^

7. £tabliâsez l'équilibre en^e deux ^ morceaux de papÀerià éprtre placés- dan« I».i)al|iilcé (53). Mettez suc« cessivement ces deux morceaui& de papier dânalenièaitè

SM vjuimaiTioiis cwkiqum.

bassin ; pesez 300 graips de sable dans ehacan (54, 52),

et assure2>YOUS si les portions pesées font la tare Tune

dd Vautré.

8. Paii^s la tare d:*un morceau de papier à lettre bien «im*(r5S)? pesez dans le papier 50 grains de m^gnMe (54)'; ètez hiiBagnésie, et assurez*-vpas si la por^ tion qui est restée adliérènte au papier le rend sensibinent pins pesant. Faites la même çipârience Sivec une poudre fine et pesante, telle que du carbonate de baryte ; de cette manière , vous acquerrez une idée de ia quantité tie. poudre qui peut rester adhérente au papier* . —

. 9 . Bésez '49 9 : 7 grains de earboiîate^ de ichaùx p^ir4> rise (53, 54); pesez-en une seconde porûon, égale aussi à 49, 7 grains; récBiissez4e8, et voyez s'ils pèsent ensemble exactement 99^ 4 grains ) dans le cas contraire^ .examinez si la qafmtitf» qui manquai se trouve sur le papier, ou quelle peut être la cause de cette différence dan» le réetiltat.- .

10. PesezoD anormau de verre ou de métal d'envi-^ ron 4 ou 500^ gvains ( 45 ); refiroidissez*lè bien ( 42 1 , 1S85); tiriieajepcndbizlt quelques minutes dans !an vase, oft il.y elm un pen d'eau , sans toutefois le laisser toucher au liquide; assurez-vous ensuite ai le poi^s du corps r^frbidi a ;été augmenté par Thumidite condensée sur sa surface. - 4. - • «

1 1. faites la tare d'un creuset de platîae'froid (55); chauffez-le , mettez-le dahfr*la balance dans cet état, et observez de combien.le poids aura diminué (51).

12. Faites la tare d'un tube placé sur iuv siq>port de Uàge(55, 58), versez dedans ekactement IOjO grains d'eau (60)9 en ayant grand soin qu'aucune portion hq soit répandue à l'extériQur< .

BALA>rCBy PESEES. 247

18. Faites la tarre d'un verre (55), et pesez etiMike dedans 127 grains de mercure (117, 118).

14. Faites la tare d'une petite fiole supportée sur un anneau de liège (55, 58), ppsez-y 150 grains d'acide sulfurique concentré (60) , ajustez la pesée scrupuleusement à Taide d'une baguette de Terre (61).

15. Faites la tare d'une petite capsule à evaporation (55) , peséz-y 30 crains de térébenthine de Venise (61); ajustez scrupuleusement la pesée avec un fil métallique ou une tige de verre.

1 6. Faîtes la tare d'un petit vase de verre (55) , dans lequel vous pèserez 300 grains d'eau (60) ; faites entrer en fusion du chlorure de calcium dans un creuse* de Hesse, pour faire évaporer toute l'eau qu'il contîenlS (608, 633, 634), versez-le sur une pierre ou sur une plaque de métal : aussitôt qu'il sera solide cassez-le en morceaux , et avant qu'il n'ait eu le temps d'absorber l'humidité de l'gir (63), jetez- en dans l'eau deux ou trois fragmens, pesant ensemble plus de 100 grams. Assurez-vous de l'augmentation du poids; agitez alors soigneusement la dissolution avec un tube de verre plein, jusqu'âPce qu'elle soit parfisiitement homogène (477); transvasez-en une certaine portion (60,. 62), de manière à ce qu'il reste exactement T^OO graine de chlorure de calcium ; c'est-à-dîrc que si vous avez ajouté 1 lO grains du chlorure, et que, par conséquent, la dissolution pèse 410 grains, vous ert transvaserez la onzième partie, pour retirer dix grains de chlorure, de sorte qu'il en restera 100 pour T'analyse ou pour d'autres expériences. • '

17. Faites la lare d'un tube de verre vert, fermé à l'une de ses extrémités (55, 57); pesez dedans 60 gfains

!^4| MANIFUUkTIONS CBIHliQtllS.

da miariate de baryte cristallisé à l'état secr (44); chanfifez le tube, pour faire évaporer toute Teau de cristallisa* tion, etfaireentreirle sel en fusion (669); lorsqu'ilsera frçid, pesez-le de nouveau, et examinez quelle sera la diolinution occâsionée par Tévaporation de Tean (52)« Sa perte devra être de 8, 71 grains. Recherchez alors» soit par l'échoie des équivalens (1209), soit par le «alwl (121 7), à combien de proportions d'eau corresppiï4 cette quantité.

18. Pesez deux ou trois portions d'un corps solidQ ^^B la balance de ^lack (100), ou dans ui^ balance ^q^OL éprouvée, en ayant soin de placer successivement le poids et la substance à peser du même côté. Pesea; ensuite les mêmes substances dans une bonne balanois a|in de (52) coipparer les poids obtenus.

1^. Faites la tare d'un flacon de verre (56)^ ou d'un tube (57) attaché par un fil métglUque en dessous d'un de^ bassins de la balance.

. 20. Prenezlapesanteur spécifique d'un corps solide bi^n uni, tel qu'un morceau de crisul (71, 74), Prenez également ,1a pesanteur spécifique d'un corps brut çtan* glileu^ , comme un morceau de zinc ou d' wtimoine(7 4) «

2U Â^surex-vous de la pesanteur spécifique dç l'ai* çohol, de l'éthePj^de l'acide sulfurique, et de l'eau (80), ^ moyen des flacons destinés à cet usage.

22. Faites un certain nombre de petits ppid^ (10«3) ; flssurez-voùs dç lew J»i^tessie çn Içj% cowpari^nt avec d'autres poids |\çcpn«,us^2(açts(43),

23. Faitçs nne balwç^ t^e BUck (iOO), et comparez ses résultats avec ceux donnés par une boçne balance (6?,jete.). , - . ■

84, Prençz \% pjç^anteiir spéçifiquç de Teau et de \^

- IH|4ill8S> IIISSII114W. 918

nMttkats AYfie ctixx obtenus {i»r le flaeoai et ia ba^

§ III, Memrfif5 ^ rnfifura^^ p ^c*

25. Mesurez une pinte d'eau (107^ 108), en évitant qu'il ne se forme des buttas d'air prè&de la graduation* Versez lentement le liquide dans la mesure, afin de pouvoir obsèî^er et terminer du premier coup la quantité précisément nécessaire.

.36^ V«i*seBtmec«ruinequnititéd'iaadaiisun^erre BOH giwiiio, ou dans un fUieoD, et mésureE-l;â(lôî^ 1^) ; Ytrsez ensuite dn mercnire dans le prei^ier «rasé àr]]iiiiâiiie:bQiilettt(l08), puis mesurez-k dans uni vase {[radw^(lOi),, afin de vérifier le premieri^ésultat. •: 27. 'Faites la tai^e d'v»e mesure gm^nëe (55)) ver** sez*y une certaine quantité d'eau distillée, quatre onisès^ par inooiple^ (10£}; pieniz-la ensuite (ôÔ), et assurez* vous si le poids O0rpeispo3id à la mesure, c'est-à-dire 1750 grains, à la température de: 62p. de Fahrenheit (1Ô4). Jetez I« première eau mesurée, mesurez hl même quantité une seconde fois (107)^ voyez si iêpoidd de la seconde quantité eut le même que'cèhii dé la première,' et, dans le cas contraire, quelle est la dififérencd.

28. Mesurez un demi^pouce cube de m^cure (108, 122), et tàcificoK^en lepoids (1 13).

• 29^ Tirra une ligne sur la longueur d*un tube de lierre (116). Faites , avec une lime, une ligne transversale ( 1 19); divisez un espace d*un pouce de long, d'abord ta éffùTL , ensuite en ^atre , et enfin on hiilt {larties

940 HANIPtItATtdN9 <3lllkl((ItIE8.

éga)eK;:i|i0 ToUs fiez qa'à>otTe oeil, et ne tous servez cPaucun inatrament pour mesurer (1 36) ^'assorèz-yous si les divisions sont exactes, en y versant du mercure^ que vous pèserez ensuite (113).

30. Graduez un tube par dixièmes de pouce cube, eny pesant de Teau ($6, 114, 62, 113, 116, etc.).

31. Graduez un tube en centièmes de pouce cube, en y pesant du mercure (56, 118, 116, eto.). ^

' -33. Faites un fdurneaia avec lin pDt;}iiea(i4S, et€.); çfaaufiEez ensuite un creuset de tense (608^ cbi^»n9nftds la craie (634f), pour la convertie en.chaox vive* Voyez ai l'opération a bien réussi, en mettant tut' pedit morceau de cette chaux dans Teau, et en yàjouMtftde l'acide muriatique. : il ne devra point y avoir d'ëïfervescence (341). Y

33; Fondez de la fonte de fer danis uii creuset de Hesse (609) sur le même fourneau (1 43).

- 34. Chauffez du zinc dans un creu3et. de Hesse^ sûr le même fourneau (143), jusqu'à ce .qu'il brûle librelâent lorsqu'on l'agitera œ l'exposant à Tair. ^

35. Faites bouillir dé l'eau sur lebaindésabie(lââ)^ cbuas un flacon de Florence (355) ; observez la tempe* rature de ia vapeur (256, 262) ainsi que celle de l'ebu ; Jetez de la limaille de fer dans le. flacon , et examinez dé nouveau la température de la vapeuï* et de l'eau (408). ,36. Mettez une once d'amidon dans .une f^inf:^ d'^au froide , agitez, puis laissez reposer (521) ; déeafittz en* ^\k\\^ une pei^Ue po^r^on du liquic^ fa^es-la ,é¥:a[|Qr^s

' APPUCAfTlONS DE LA C&ALBIJR. 3&I

Jtèqu'à sicctté (&63) j et Toyez si elle contieAH qudliopie résjdu; chauffez ensuite le mélange aes^ et d'amidon [Z&kf etc.),' etTons Terrez Tamidon se dissoudre; laissez reposer pendant .12 heures, décantez une portion- dtt liquide '(522), évaporez jusqu'à siccité (5.71) au^bainttmrie, couvert d'huile, et exaioiinez combien il reste ^émîdon , et dand quel état il se trouire« -

37. Chauffez un peu d'amidon dans un tttbe (648^ 6i6) , à l'aide d'un bain métallique (242), jusqu'à 500^ deFahrenh^t; laiaB6z refroidir, puis versez de l-eail dessus tii se dissimdva sans le secours de la^chaleur. £& faisant éraporer la dissolution dani^ unie capsule sub la lampe (562, 1891), tous obtiendrez les mêmes résuk tâts que dans l'expérience précédente.

38. Faites évaporer jusqu'à siccité, sur un bain de Tapeur (248, 251), une partie de dissolution d'amidon ernlesatus. >

3^9* Faites évaporer jusqu'à siccité, ^ur la. kmpe (5 64y 189), un quart de pinte d'eau minérale: ajoutez une goutte d'eau au résidu, et reconnaissez s'il est alkalin par le moyen indUqué(591). Toutes les eaux provenaoïl. des puits profonds de Londres abandonnent des ma-* tières alkalines.

40. Chauffez un ^morceau de bois sur une feuille de platine (1239, 181) àla lâMpe àesprit de Tin(176); obt serrez L'odeur, la flamme, le résidu charboneux et sa combustion. Chauffez aussi de la même manière im morceam de fromage ou de colle de poisspn; remarquezl'odeur fétide, ammoniacale, la flamme, la insiont, la différence entre le résidu charbonneux du bois et celui^ei , ainsi que la difficulté plus grande de l'inciné^ ration. >

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