‹ Manipulations de botanique médicale et pharmaceutiqueChapitre 132 sur 206 · ÉCORCE DE CANNELLE BLANCHE · texte numérisé non relu

ÉCORCE DE CANNELLE BLANCHE

Origine botanique. — Canella alba , Murray. C’est un arbre qui vient aux Antilles, surtout à la Jamaïque, dans le sud de la Floride et aux îles Bahama, d’où on l'exporte.

Description. — La Cannelle blanche arrive dans le commerce en rouleaux cylindriques ou en gouttières, de 2 à 8 centimètres de diamètre et de 2 à 5 millimètres d’épaisseur. La face externe, lorsque le périderme manque, est d’un jaune orangé pâle, comme cendrée, et parsemée de taches blanchâtres ; la face interne est blanchâtre, lisse, ou pourvue de fines stries longitudinales. La cassure est grenue, marbrée de blanc et de rouge. Odeur agréable, légèrement poivrée, rappelant celle du Girofle; saveur amère, aromatique et piquante.

Histologie (Voir pi. XX, fig. 1). — On trouve à l’extérieur une zone plus ou moins épaisse de cellules scléreuses [c. s) disposées en files radiales. Le parenchyme cortical renferme un grand nombre de grosses glandes à huile essentielle ( gl ) que l’on retrouve aussi en abondance dans le liber (/). Celui-ci est traversé par des rayons médullaires, composés d’une série simple de cellules, renfermant un cristal mâclé d’oxalate de chaux.

Usages. — L’écorce de Cannelle blanche a des propriétés stimulantes et carminatives. On la substitue fréquemment à l’écorce de Winter.

ÉCORCE DE COTO

Origine botanique. — L’écorce de Coto provient de la Bolivie, mais on ignore encore quelle est l’espèce qui la fournit; on suppose cependant que c’est une plante de la famille des Laurinées.

Description. — Il existe dans le commerce deux écorces de Coto ; l’une appelée Coto-verum , et l’autre désignée sous le nom de Paracoto : c’est cette dernière sorte que l’on rencontre le plus fréquemment.

L’écorce de Paracoto se présente en fragments irréguliers mesurant de 15 à 20 centimètres de longueur, et environ 10 à 15 millimètres d’épaisseur; sa surface extérieure est d’un gris peu foncé, légèrement fongueuse, se laissant facilement entamer par l’ongle, et portant des fissures longitudinales profondes. La surface interne est grossière et striée par de grosses fibres longitudinales. La cassure est grenue, de couleur brune ; un peu au-dessous du liège on aperçoit des raies blanches, parallèles et légèrement ondulées, et, dans le reste de l'épaisseur, on voit des ponctuations blanches, disséminées sans régularité. Odeur de muscade prononcée ; saveur légèrement brûlante.

L’écorce de Coto-verum se présente en morceaux irréguliers plats ou légèrement incurvés, mesurant de 7 à 14 millimètres d’épaisseur, et de 5 à 6 centimètres de largeur. La surface extérieure est d’un gris rougeâtre, profondément crevassée dans le sens de la longueur, et présentant quelques fissures transversales moins profondes; elle est en outre parsemée d’un certain nombre de taches blanchâtres. Cette partie externe se détache facilement mettant à nu le liber qui est de couleur rouge brun. Cassure fibreuse; la section transversale laisse apercevoir un grand nombre de ponctuations jaunâtres. Odeur

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aromatique rappelant celle du camphre et du Gingembre; saveur pénétrante et chaude, un peu poivrée.

Histologie (Voir pl. XX, fig. 2). — C’est l’écorce de Paracoto dont l’étude est faite ici. A noter comme particularités : la présence dans le liber (/) de gros amas fibreux assez réguliers, arrondis, de cellules scléreuses rarement isolées, généralement groupées par trois ou quatre, et de glandes à huile essentielle en assez grand nombre. Les rayons médullaires sont formés de deux assises de cellules.

Usages. — Cette écorce est employée comme antidiarrhéique, comme stomachique et pour arrêter les sueurs profnses des phthisiques.

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