ÉCORCE DE RACINE DE GRENADIER
Origine botanique. — Grenadier (. Punica Granatum ). C’est un arbuste originaire de l’Asie occidentale et qui est aujourd’hui cultivé dans toutes les parties chaudes de l’Europe, notamment dans région méditerranéenne.
Description. — Cette écorce se trouve dans les pharmacies en morceaux enroulés en tubes ou simplement cintrés, de longueur variable, épais de 1 à 4 millimètres. La face externe convexe est plus ou moins rugueuse, d’un gris blanchâtre ou brunâtre ; la face interne est lisse ou marquée de fines stries, de couleur jaune cannelle, offrant souvent des traînées blanchâtres produites par des fragments de bois encore adhérents. La cassure est courte, compacte, granuleuse; la section transversale montre au-dessous du liège, une zone épaisse, jaune verdâtre, finement striée à la fois dans le sens radial et dans le sens tangentiel, d’où résulte un aspect quadrillé qui n’est bien visible qu’à la loupe. Odeur nulle; saveur astringente, styptique, sans amertume; mouillée avec de l’eau ou de la salive, cette écorce laisse sur le papier une tache jaune qui bleuit par les persels de fer.
Structure histologique (Voirpl. XXII, fig. 1). — Dansle parenchyme cortical (ec), on trouve quelques cellules à cristaux. Le liber (/) qui à lui seul forme au moins les 4/o de l’épaisseur totale de l’écorce, est constitué par des couches alternantes de cellules remplies d’amidon et de tannin, et de cellules à mâcles d’oxalate de chaux. Comme d’habitude ces séries se correspondent dans tous les faisceaux libériens, on a ainsi les stries concentriques de la section transversale. Les rayons médullaires, très étroits et très nombreux, donnent d’autre part les stries radiales ; ils sont formés, au voisinage du cambium (c), d’une simple assise de cellules radiales, puis, en se rapprochant
du parenchyme cortical (ec), ils s’élargissent et comprennent alors deux, trois, quatre cellules tangentielles qui se confondent peu à peu avec le parenchyme cortical. En concomitance avec cet élargissement des rayons médullaires, se produit un amincissement des faisceaux libériens, qui s’effilent et se terminent en une pointe plus ou moins ondulée.
Substitutions. — On peut falsifier l’écorce de racine de Grenadier avec les écorces de Buis et d’Épine-Vinette, et on lui substitue aussi très fréquemment l’écorce de tige de Grenadier, dont nous indiquons plus loin les caractères différentiels. Quant aux écorces de Buis et d’Épine-Vinette, elles possèdent toutes deux une saveur très amère, et de plus ne donnent pas de coloration par les persels de fer.
Usages. — L’écorce de racine de Grenadier constitue un remède efficace pour déterminer l’expulsion du taenia ; l’écorce fraîche serait plus active que la sèche.