FEUILLES DE CIGUË
Origine botanique. — Grande Ciguë, Conium maculatum , L. C’est une plante commune en Europe, dans les décombres et aux bords des chemins; elle vient aussi dans les régions tem-
Fig. 198. — Rameau de Ciguë officinale.
pérées de l’Asie et de l’Afrique; elle a été naturalisée dans le nord et le sud de l’Amérique.
Description. — Les feuilles de Ciguë ont de 8 à 20 centi-
mètres de longueur; celles de la base peuvent même atteindre 30 centimètres de longueur ; ces dernières sont pourvues d’un pétiole de 5 à 6 centimètres, tandis que celles de la partie supérieure sont sessiles. Le pétiole est fistuleux, cylindrique, et muni à sa base d’une gaine membraneuse ; il est jaunâtre à l’état sec et ridé sur toute sa longueur. Le contour général du limbe est triangulaire; il est décomposé, imparipenné, à 5-11 segments primaires; sa coloration est vert terne; il reste souple et les folioles recroquevillées donnent aux segments un aspect frisé. Odeur assez particulière rappelant celle de la Souris.
Histologie (Voir pl. XX VIII, fig. 1). — Un seul rang de cellules en palissade (p. p) ; de petits canaux sécréteurs (c. r ) autour du faisceau libéro-ligneux de la nervure médiane.
Usages. — La Ciguë exerce une action sédative particulière sur le système nerveux moteur ; on l’emploie aussi contre les engorgements lymphatiques, syphilitiques ou post-inflammatoires.
FEUILLES DE MATICO
Origine botanique. — Piper angusti folium, Ruiz et Pav. C’est un arbuste qui croît dans les terres humides du Pérou, du Brésil, de la Bolivie, de la Nouvelle-Grenade et du Venezuela.
Description. — Les feuilles de Matico arrivent dans le commerce en paquets fortement comprimés et mélangés de débris de tiges et même d’inflorescences. Les feuilles étalées, après avoir été légèrement humectées, présentent les caractères suivants. Elles sont courtement pétiolées, longues de 10 à 15 centimètres sur 3 à 4 centimètres de large, oblongues ou longuement ovales, acuminées au sommet, cordées et inégales à la base, finement crénelées sur les bords (fig. 199). La face supérieure, verdâtre, couverte de poils isolés, articulés, est parcourue par un système de nervures déprimées qui lui donnent une apparence marquetée. Ces nervures sont au contraire saillantes à la face inférieure, et elles délimitent ainsi une foule
FEUILLES DE MATICO.
d’aréoles qui donnent à cette face un aspect gaufré des plus caractéristiques; en outre, toute la face inférieure est rendue grisâtre par la présence d’un grand nombre de poils. La feuille est coriace très cassante. Odeur aromatique, rappelant à la fois celle de la Menthe et du Cubèbe ; saveur aromatique, un peu amère, chaude, comme camphrée.
Histologie (Voir pl. XXVIII, fig. 2). — La nervure médiane
comprend de 3 à 5 faisceaux libéro-ligneux volumineux (/*. Ib) ; on trouve un grand nombre de glandes à huile essentielle dans le parenchyme en palissade, dans le parenchyme de la nervure médiane et jusque dans le liber des faisceaux libéro-ligneux ; sur les deux faces, se montrent des poils assez courts, cloisonnés, terminés en pointe rigide.
Usages . — Le Matico possède les propriétés des balsamiques et est en même temps un astringent puissant ; il est employé comme antiblennorhagique et hémostatique.