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CHAPITRE II

LA CELLULE

A l’origine, tout végétal, quelle que soit plus tard sa complexité anatomique, est constitué par un tissu cellulaire, qui se modifie ensuite de différentes manières par l’effet même du développement. Les différents tissus que l’on peut alors rencontrer dans sa constitution proviennent de la différenciation d’un seul et même élément anatomique, la cellule ; c’est donc l’étude complète de cet élément fondamental qu'il convient de faire tout d’abord.

Pour avoir la notion de ce que l’on entend par le mot cellule, faisons une coupe longitudinale dans la portion terminale d’une racine ou d’une tige, et examinons-la au microscope, à un faible grossissement. On reconnaît ainsi que le tissu de l’organe est constitué par un très grand nombre de chambrettes, de même forme et de même dimension, placées côte à côte, et étroitement serrées les unes contre les autres; chacune d’elles est entourée de tous côtés par une sorte de cloison délicate, et renferme à l’intérieur une substance légèrement grisâtre (fig. 26, A). Un plus fort grossissement nous permettra de reconnaître que la substance intérieure n’est pas homogène, mais présente un très grand nombre de fines granulations. En outre, on constatera quelque part, mais le plus souvent dans la partie centrale, la présence d’une masse arrondie, plus dense que la partie environnante, et présentant ellemême un ou plusieurs points très brillants, facilement visibles à cause de leur grande réfringence. La paroi qui sépare ces lo-

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gettes les unes des autres est la membrane cellulaire ; le contenu granuleux qui remplit la cavité est le protoplasme, et le corps arrondi qu’il renferme est le noyau ; enfin les points brillants de ce dernier sont les nucléoles.

Tels sont les éléments constitutifs d’une cellule observée à

l’état jeune. Mais ce n’est pas tout. En effet, si l’on examine les cellules d’un tissu un peu plus âgé (fig. 26, B et C), on verra se creuser dans la masse protoplasmique, un certain nombre de cavités plus ou moins grandes ou vacuoles, qui sont remplies d’un liquide généralement incolore ou suc cellulaire. Enfin, un peu plus tard, toutes les vacuoles se fusionnent, de manière à constituer une cavité centrale remplie par

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le suc cellulaire. La masse protoplasmique se trouve ainsi rejetée contre les parois mêmes de la cellule où elle forme une couche plus ou moins épaisse renfermant le noyau (up, fig. 27). Le suc cellulaire vient donc s’ajouter aux éléments que nous avions déjà signalés.

Tous ces éléments sont bien loin d’avoir la même importance, et le protoplasme prime de beaucoup tous les autres; c’est lui qui est l’élément fondamental de la cellule, son principe essentiellement vivant ; car il convient de faire ressortir que la notion de cellule, en tant que cavité close, est essentiellement fausse. Une masse protoplasmique sans paroi, et même sans noyau, est une cellule. Mais une paroi sans protoplasme, n’est plus une cellule au sens étroit du mot, puisqu’elle a cessé d’exister comme élément vivant ; ce n’est plus alors qu’un élément figuré à qui les propriétés Celhlle avec protoPiasme pariévégétatives font complètement tal up\n, noyau; sc, suc cellulaire, défaut.

Le plus grand nombre des végétaux se trouvent constitués par un assemblage de cellules, en nombre incalculable, et différenciées de manières très diverses. On connaît cependant des êtres appartenant au règne végétal, qui sont formés par une seule cellule. Tel est par exemple, le Protococcus viridis , Algue verte qui forme un revêtement verdâtre sur le tronc des arbres exposés à l’bumidité : c’est là une plante véritablement unicellu taire.

D'un autre côté, certains organismes végétaux présentant extérieurement une complexité d’organisation relativement grande, paraissent être formés par une seule cellule, parce qu’on ne rencontre jamais de cloisons dans leur intérieur; tels sont les Mucor , les Caulerpa , les Vaucheria, etc. On dit aussi que ce sont des végétaux unicellulaires, mais à tort, sans nul

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doute, car il peut se faire que ces plantes soient constituées par un assez grand nombre de cellules nues, réunies seulement entre elles par une membrane extérieure. Et cette manière de voir se trouve justifiée par la grande quantité de noyaux que on trouve dans ces organismes dits unicellulaires. Aussi, pour ne rien préjuger de leur valeur morphologique, convientde dire simplement que ce sont là des plantes qui présentent une structure non cloisonnée .

En résumé, l’on peut dire d’une façon générale, qu’il y a à considérer dans toute cellule, la membrane et le contenu. Celuici est normalement constitué par le protoplasme, le noyau et le suc cellulaire. Mais on trouve en outre, à l’intérieur de toute cellule en voie d’activité depuis un certain temps, un grand nombre d’autres éléments résultant de l’activité même du protoplasme. Certains de ces éléments sont insolubles dans l’eau et se présentent à l’état de corps figurés dans le protoplasme ; d’autres au contraire, étant solubles, sont en solution dans le suc cellulaire, et il faut, pour les mettre en évidence, faire usage de certains réactifs capables de les précipiter ou de donner avec eux des colorations particulières. Nous avons donc à étudier : 1° le contenu de la cellule; 2° la membrane cellulaire.

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