PARIS
LIBRAIRIE J. -B. BAILLIÈRE et FILS
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PREFACE
PAR M. G. PLANCHON
DIRECTEUR DE L’ÉCOLE SUPÉRIEURE DE PHARMACIE DE PARIS MEMBRE DE L ACADÉMIE DE MÉDECINE.
Pour connaître dansleurs caractères essentiels les médicaments simples qui ont fait partie d’un organisme végétal, il faut avoir une juste idée de leur structure anatomique.
Et pour cela il ne suffît pas de décrire tel agencement de cellules, de vaisseaux ou défibrés qu’on voit sous le microscope, il faut avoir la signification de ces éléments fondamentaux de l’organisme, en connaître le rôle et la nature, de façon à pouvoir, de leur examen, tirer quelque conclusion sur la partie de la plante à laquelle on a affaire ou sur le groupe naturel auquel elle appartient.
C’est ce qu’ont parfaitement compris les auteurs du nouveau livre que nous nous faisons un plaisir de présenter aujourd’hui à tous ceux qu’intéressent les études de matière médicale.
La première partie est l’introduction naturelle à l’étude spéciale des drogues simples. C’est un précis d 'histologie générale , suffisamment développé pour que rien d’important dans ce domaine, qui s’étend tous les jours, n’échappe au lecteur, et qui, d’autre part, ne se perd pas dans des détails inutiles ou superflus.
PRÉFACE
M. Hérail, qui a longtemps dirigé les élèves de l'École de Pharmacie de Paris dans leurs travaux pratiques de micrographie, sait bien par expérience quelle est la juste mesure à tenir, et, en même temps, quels sont les exemples à la fois simples et démonstratifs qu’il convient d’utiliser.
L’intérêt de la seconde partie, Y histologie spéciale des plantes médicinales, est plus particulièrement dans les figures faites par M. Yalère Bonnet qui, en qualité de dessinateur, a collaboré avec M. Hérail à la direction des travaux de nos élèves.
Cette partie spéciale est un atlas de nombreuses planches (95 environ) faites par des observateurs habitués à l’exactitude, et accompagnées chacune d’une notice comprenant l’origine botanique, la description, les substitutions et les usages de la drogue.
Ces planches présentent l’avantage de n’ètrepas au simple trait noir, mais d’indiquer par des couleurs la teinte des divers tissus vus sous le microscope.
Cette intervention de la couleur peut, au premier abord, paraître du luxe: mais on s’aperçoit bien vite combien elle est utile, et parfois même indispensable. Ces teintes variées permettent en effet de/listinguer nettement les tissus les uns des autres et, dans certains cas, elles mettent en relief le caractère le plus saillant d’éléments de première importance. Nous avons montré jadis, dans une étude sur les Fal ifications du Poivre, quel rôle joue la couleur des tissus dans la reconnaissance des poudres de cette substance, si souvent mélangées d’autres produits. 11 en est de même dans beaucoup d’autres cas.
PRÉFACE
Remercions donc les auteurs et les éditeurs avec eux de leur bonne inspiration.
Eten terminant, félicitons-nous du développement qu’ont pris en France, depuis une vingtaine d’années, les études de matière médicale. Lavoie féconde dans laquelle elles sont entrées a produit toute une littérature spéciale qu’on ne connaissait pas auparavant : les travaux pratiques de nos Écoles ont été le point de départ d’ouvrages pleins d’intérêt. Pour ne parler que de Paris, trois livres importants, dus à nos chefs de travaux micrographiques, sont sortis de nos laboratoires, chacun avec son caractère particulier, si bien que, loin de se nuire et de se remplacer l’un l’autre, on peut dire qu’ils se complètent mutuellement.
En souhaitant la bienvenue à celui qui paraît aujourd’hui, nous lui désirons tout le succès qu’il mérite.
15 mars 1891.