CHOIX DU PAPIER A FILTRER
aucune substance soluble et qu’il arrête les précipités les plus fins, mais il doit de plus être régulier d’épaisseur et surtout ne laisser qu’un poids de cendres très faible. Tous les papiers du commerce abandonnent aux solutions acides, une certaine quantité d’oxyde de fer, de chaux, de magnésie et d’alumine; on doit choisir ceux qui en fournissent le moins. L’un des meilleurs papiers d’analyse provient depuis longtemps d’une fabrique suédoise sise à Lessebo [)rês Wexiœ (Smaland) et porte filigranée dans sa pâte la marque .1. II. Munklell. Il est généralement désigné sous le nom de papier de ney'zelius, l’illustre chimiste suédois ayant indiqué les conditions de sa préparation. 11 laisse de 2 à 3 millièmes de son poids de cendres formées de silice pour plus de la moitié. On l’a souvent imité, même avec sa marque de fabrique, mais le plus ordinairement sans reproduire la pureté de sa pâte et sa qualité de filtrer rapidement. Cette dernière est due surtout, dit-on, â une modification particulière que subit la pâte lorsqu’on la soumet à la congélation en l’exposant à un froid énergique.
Les impuretés solubles du papier intéressent l’analyse à deux points de vue : d’abord elles souillent les liqueurs filtrées dans lesquelles leurs éléments peuvent intervenir comme réactifs; de plus, elles font varier le poids des cendres que laisse un filtre, avec la nature du liquide qui l’a traversé; or ce poids de cendres n’est pas indilTérent, comme on va le voir, dans la pesée du solide retenu par le filtre.
359. Papier lavé. — Le papier le plus pur n’élimine que partiellement celte cause d’erreur; on évite absolument celle-ci en lavant le papier avec des dissolvants appropriés.
S’il s’agit de puritier quelques filtres seulement, on en superpose plusieurs dans un même entonnoir et on verse sur eux de l’acide chlorhydrique assez dilué pour dissoudre les oxydes métalliques sans attaquer notablement la fibre organique : un mélange de 1 partie d’acide concentré et de 2 parties d’eau, convient parfaitement. Après quelques heures de contact, on lave les hltres à de très nombreuses reprises avec de l’eau distillée (voy. Lavage), jusqu’à expulsion de toute trace d’acide, puis on les laisse égoutter et on les sèche dans une éluve à l’abri des poussières. On peut également faire le lavage par décantation, dans un vase plat tel qu’une cuvette à photographie.
SÉPARATION DES CORI’S NON MISCIBLES
Si l’on veut, purifier un grand nombre de filtres, on place ceuxci étalés liorizonlalement, dans un vase à précipiter avec de la li- (lueur acide en quantité sulfisante pour les baigner largement; après une journée de contact, au moyen d’un siphon installé à demeure dans le vase, ou d’un robinet adapté à une tubulure située vers le Ibnd, on enlève la liqueur; on la remplace par de l’eau pure qu’on décante de la même manière une demi-heure après et qu’on remplace à son tour par de nouvelle. On continue ainsi jusqu’à ce que le liquide décanté n’agisse plus sur le papier de tournesol bleu très sensible. Il faut opérer sans agiter les filtres afin d’éviter les déchirures. Finalement on les laisse égoutter, on les étale sur du papier à lillrer et on les sèche à l’étuve.
Il est à remarquer qu’en raison de l’action spéciale exercée par l’acide chlorhydrique sur la cellulose, les filtres perdent toute solidité si on laisse la moindre trace d’acide dans leur pâte.
Les seules conditions à rechercher dans le papier qu’on soumcl au lavage, sont la solidité, la régularité d’épaisseur et la rapidité avec laquelle il se laisse traverser par les liquides.
En opérant de même dans un vase en guLla-percha, avec de l’acide lluorliydrique dilué, on enlève au papier la silice qu’il contient et on réduit dans une proportion très considérable le poids de ses cendres.
On fabrique en grand du papier lavé à la fois à l’acide chlorhydrique et à l’acide fluorhydrique ; un filtre rond de 7 centimètres de diamètre, ainsi purifié, ne fournit plus que O'', 00007 de cendres.
dOO. Gendres des filtres. — Un papier étant adopté, on détermine la proportion do cendres qu’il fournit. En rapportant le poids des cendres à celui du papier, on serait obligé de sécher et de peser chaque filtre avant de l’employer, aussi n’agit-on pas ainsi d’ordinaire. On préfère tailler les filtres d’une grandeur fixée, et déterminer le poids moyen des cendres laissées par eux; on admet alors que l’erreur causée par les inégalités d’épaisseur du papier est négligeable; un papier trop irrégulier doit donc être écarté. Pour tailler les filtres de grandeur constante, on plie le papier comme pour faire un filtre sans plis (vi dih), et on l’applique sur un (piart de cercle en carton ou mieux en métal, dont les cotés de l’angle droit sont mis en coïncidence avec ceux