‹ Manipulations de chimieChapitre 27 sur 596 · BURETTES GRADUÉES · texte numérisé non relu

BURETTES GRADUÉES

peu différentes, mais moins satisfaisantes que la précédente, convient très bien dans la plupart des cas ; la fermeture est bonne quand le tube de caoutchouc ne porte pas à l’intérieur de lente longitudinale, et quand la pince, très sensible, obéit bien aux mouvements des doigts.

Ses iii(;onvénienls sont l’altération spontanée du caoutchouc qui s’accole parfois à lui-mème sous l’inlluence prolongée de la pression, et l’action qu’il exerce, en tantque matière organique, sur certains réactifs tels que le permanganate de potasse et l’iode.

lûjl

“îf

TF

ÎO 'I

40. Burette à robinet. — Ces inconvénients n’existent plus dans la burette à robinet (lig. 20), laquelle ne diffère de la burette à pince que par l’appareil de fermeture.

Celui-ci est un petit robinet de verre, parfaitement rodé et terminé par un ajutage eftilé; lors({u’on tourne convenablement sa clef, il livre au liquide un passage aussi faible qu’on le désire. Le seul reproche fait à ces burettes est leur prix élevé, la construction du robinet devant être assez soignée pour qu’aucune fuite ne puisse se produire. Si elles renferment pendant longtemps une même solution saline, il arrive que celle-ci cristallise dans le robinet et l’empèclie de fonctionner; lorsque la nature du réactif ne s’y oppose pas, on peut oindre légèrement la clef avec une trace de corps gras ou mieux de vaseline, ce qui supprime cet accidenl.

Fig. 20. — Burette à robinet.

47. La burette de Molir et la burette à robinet s’emploient d’ailleurs de la môme manière. On les suspend dans la position verticale, au moyen de supports disposés de telle façon qu’on puisse aisément les élever ou les abaisser (lig. 18 et 20) ; ces supports consistent en un bras horizontal, mobile sur une tige verticale à laquelle on le fixe par une vis de pression, et terminé par

1*011)8 ET MESUllES.

une pince à vis dans laquelle s’engage verticalement le tube de la burette. Une potence en bois, percée d’un trou dans lequel passe la burette maintenue par un bouchon de liège, peut servir également.

Ces instruments présentent sur tous les autres un avantage précieux : l’œil de l’observateur peut se diriger exclusivement vers le vase qui reçoit le liquide mesuré et dans lequel s’accomplit la réaction, la main gauche agissant sur la pince ou le robinet, pour arrêter et régler l’écoulement, sans que les regards soient détournés. Avec la burette de Gay-Lussac et les instruments analogues, les yeux doivent se diriger alternativement sur le vase à réaction et sur la burette dont la position doit èti’e surveillée soigneusement; il en résulte fréquemment qu’on laisse écouler quelques gouttes de plus qu’il ne conviendrait pour l’exactitude de la réaction.

La graduation est faite habituellement en centimètres cubes et dixièmes de cenlimètre cube, dans les conditions indiquées par la figure 21 .

48. Lecture du niveau. — La détermination du niveau dans les burettes mérite quelque attention. Elle doit se faire en plaçant l’œil dans le plan horizontal tangent au ménisque à observer. L’apparence de ce ménisque varie d’ailleurs avec les conditions extérieures. S’il est aperçu se détachant sur une muraille bien éclairée, ou si on le regarde en appliquant le tube contre une feuille de papier blanc très lumineuse, on voit deux ligures semblables et brillantes, sé})arées par un espace ol)Scur (lig. 22). En principe, il importe peu de choisir comme point de repère l’une quelconque des lignes qui limitent ces ligures, pourvu qu’on se serve toujours de la même. En fait, les lignes noires étant celles qui se voient le mieux, il est préférable de lire le niveau en choisissant comme repère la courbe qui limite intérieurement la zone noire; le point correspondant sur la graduation est situé dans le plan horizontal tangent à cette ligne.

La lecture se fait plus facilement au moyen d’un artifice imaginé par M. Mobr. On se sert d’une feuille de papier mi-partie noire et blanche, obtenue en collant du papier noir sur du papier blanc. On applique cette feuille derrière la burette (fig. 23), le noir étant tourné vers le bas et la ligne séparative des deux

i8.— BUIIETTES GRADUÉES.

papiers maintenue horizontalement à 4 ou 3 millimètres au-dessous de la surface du liquide. Par réllexion de la couleur noire du papier placé plus bas, le ménis(iue forme deux courbes très noires et nettement visibles sur un fond blanc.

On a proposé d’introduire dans la burette un llotteur marqué d’un trait servant de repère ; ce trait vient, dans toutes les positions, se juxtaposer aux divisions de la. burette et indique ainsi le niveau. A moins que la graduation de l’instrument n’ait été faite

Fig. 21.

Graduation de la burette de Mohr.

Fig. 22.

Ménisque vu sur un fond blanc.

Fig. 23.

Ménisque vu sur un fond blanc et noir.

en employant le flotteur lui-même, ce moyen de faciliter les lectures doit être repoussé; les indications du flotteur ne correspondent pas à celles qui sont lues directement quand le tube de la burette n’est pas exactement cylindrique, la section de l’espace annulaire compris entre le flotteur et le tube variant alors avec la position du premier dans le second.

40. Le remplissage des burettes donne lieu, avec certains réactifs, à la formation d’une mousse persistante qui gêne pour les lectures. On évite cet accident en introduisant le liquide dans la burette de telle manière qu’il glisse contre les parois et qu’il ne tombe pas de toute la hauteur de l’instrument. A cet effet, on évase le haut des burettes en la forme d’un entonnoir sur lequel

l'OlDS ET MESURES.

011 appuie le liord du verre ou du dacon fournissant, le liquide, et ou évite de verser rapidement. On peut encore faire usage d’un petit entonnoir mobile, dont la douille est étirée légèrement et recourbée à 90 degrés; le liquide est amené par la partie horizontale dans le voisinage de la })aroi, adhère à celle-ci par capillarité et la suit jusqu’au bas de rapjiareil.

.jO. Quand on se sert conslainmenl d’une burette avec une même liqueur, il est nécessaire d’empêcher que l’évaporation par l’orifice ne modifie la con- (‘.eiitralioii du réactif. On bouche alors imparfaitement la burette avec du liège ou du caoutcliouc, mais il est préférable de roder légèrement à l’émeri l’angle intérieur de l’orifice du tube, et de déposer sur cet orifice une bille s|)liéi’ique de verre ou d’agate. Dans les laboratoires industriels, où l’usage constant d’une même liqueur se présente souvent, on se sert de burettes qui sont maintenues en relation avec un vase contenant la réserve de liqueur titrée : un tube muni d’un robinet et adapté à la burette au-dessous de la graduation, permet d’envoyer directement au vase gradué la li(jueur contenue ilans un réservoir placé au-dessus. On remplit ainsi à volonté l’instrument de bas en haut, sans craindre la formation de la mousse. Parfois on réunit par un autre tube, le haut de la burette au haut du réservoir, afin d’empêcher la communication des liquides avec l’atmosphère, et par suite l’évaporation : dans ce cas, une très petite ouverture pratiquée dans le bouchon du réservoir, permet la l’cntrée d’air indispensable au fonctionnement de l’a ppareil.

.“)i. La vérification et la graduation des bui’cttes se fait à peu pi'ès de la même manière que celle des éprouvettes cyliirdriques 38 et j; 39).

Dans le premier cas, opérant à la tempéi’ature voulue, on laisse écouler peu là peu dans un vase taré, le contenu de la bui’ette préalablement remplie d’eau, et on vérifie (|ue toutes les pesées faites à divei’s moments de l’écoulement, donnent un nondu'ede grammes et de fractions de gi’amme corresjmndant à celui des centimèires cubes (et fi’actions de ceutimèli’c cube que la gradualion indique comme écoulés.

Pipettes euaduées. — Ün se sert encore, pour mesurer les faillies volumes de liquide, de pipettes cylindriques graduées (lig. Ces pipettes ne dilTèrcnt des burettes que par le moyen employé pour maintenir le liqtiidc dans le tube. Elles sont moins commodes que les bitrcttcs; leur extrême simplicité les fait cependant préférer à celles-ci dans certains cas.

53. Instri'ments a graduations arritraires. — Tous les appareils pré- (•.(‘dents peuvent être gradués arbitrairement, on traçant sur les tulios des divisions é(|uidistanles (K a5 ett^Sfi), puis en construisant des tables indiquant

Page 1