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OXYDE DE CARBONE

•A. — Oxyde «le carbone.

Equiv. : CO =: U = 2 vol. P. mol. : C-0- = 28 = GO- = 4 vol.

743. G(iz incolore, inodore, très toxique, découvert en 1770 par Lassonne.

Densité à 0“ et sous la pression ü"’,76ü : 0,9678 par rapport à lair; 14 par rapport à riiydrogène.

Solubilité sous la pression 0"',760 : 32",87 par litre d’eau à0°; 23“,12 à 2Ü“,

744, L’oxyde de carbone est doué de propriétés toxiques très énergiques : l’air qui en renferme une très faible proportion est

Fig. 279. — Préparation de l’oxyde de carbone.

dangereux à respirer. On ne saurait dès lors trop recommander de ne pas laisser ce gaz s’échapper dans l’atmosphère du laboratoire et de prendre toutes les précautions nécessaires pour se soustraire à son action. Il est également indispensable d’observer que l’oxyde de carbone est combustible et forme avec l’oxygène ou avec l’air des mélanges explosibles : on ne devra donc jamais entlammer un courant de gaz s’échappant d’un apjiareil à oxyde de carbone incomplètement purgé d’air, non plus que faire usage des premières portions d’oxyde de carbone dégagées.

745. Par l’acide oxalique et l’acide sulfurique. — On se sert d’un appareil composé d’un ballon B (lig. 279) de 350 centimètres cubes, au bouchon duquel sont adaptés un tube droit à entonnoir e, plongeant jusqu’au fond du ballon, et un tube à déga-

gemenl c, recourbé une fois. Ce dernier est relié par un caoulcliouc à un flacon laveur L, muni d’un tube de sûreté et d’un tube a dégagement mnp, conduisant le gaz lavé sur la cuve à eau. On place dans le ballon 30 grammes (1 partie) d’acide oxalique cristallisé 21 et on introduit dans le flacon laveur de la

lessive de soude, diluée de trois fois sou volume d’eau. On dispose le ballon sur un appareil de chaulîage; puis, parle tube à entonnoir, on y verse 180 grammes (0 parties), soit environ 100 centimètres cubes, d’acide sulfurique concentré. Après avoir agité le ballon pour mélanger son contenu, on chauflé. En présence de l’acide sulfurique, l’acide oxalique en se décomposant donne de l’eau, du gaz carbonique et de l’oxyde de carbone :

C4II208 = 2 110 + 2 CQ2 + 2 CO.

L’eau provenant de la décomposition est, avec l’eau de cristallisation, retenue par l’acide. Le gaz carbonique est absorbé par la lessive alcaline dans le flacon laveur, et l’oxyde de carbone se rend seul sur la cuve à eau. On le recueille à la manière ordinaire.

716. Par le ferrocyanure de potassium et l’acide sulfurique. — On se sert d’un appareil identique à celui de la préparation précédente. Dans le ballon de 500 centimètres cubes, on introduit 20 grammes (1 partie) de ferrocyanure de potassium pulvérisé et 180 gi'ammes (9 parties) ou 100 centimètres cubes d’acide sulfurique concentré. Le flacon laveur ayant été garni de lessive de soude caustique, diluée de trois fois son volume d’eau, on chauffe doucement le ballon. Le ferrocyanure se détruit en dégageant de l’oxyde de carlione. La réaction est assez complexe, mais elle se résume en disant qu’il se forme d’abord de l’acide ' cyanhydrique par l’action de l’acide sulfurique sur le ferrocyanure, puis que cet acide cyanhydrique est transformé en oxyde de carbone et ammoniaque :

G^AzH + 2 HO = 2CO -P AzHL

Une portion de l’acide cyanhydrique se dégage sans subir la seconde réaction; elle se trouve arrêtée par la soude du flacon laveur. Le même réactif absorbe l’anhydride sulfureux qui prend naissance si l’on chauffe trop fortement le mélange, l’acide sulfu-

OXYIJE DE CARBONE.

riqiic se trouvant alors réduit par la matière organique ainsi que par le sulfate de protoxyde de fer formé dans la première phase de la réaction.

Pour diminuer la production du gaz sulfureux, il faut éviter de chauffer plus qu’il n’est nécessaire pour provoquer la liquéfaction du mélange de ferrocyanure et d’acide sulfurique.

Le ballon a été pris volumineux parce que le mélange en réaction mousse fréquemment.

747. On peut purifier l’oxyde de carbone obtenu par les procédés précédents en se servant de la coniliinaison (|ue forme ce gaz avec le sous-clilorure de cuivre ou protochlorure de cuivre, Cu^Cl (M. F. Le Blanc).

On prépare une solution concentrée de sous-cblorure de cuivre (voy. ce mot) dans l’acide chlorhydrique, on place celte solution dans un ballon |)Ortant un bouchon que traversent un tube desûreté vertical, plongeant jiisi|ii’au fond, et un tube à dégagement recourbé une fois. Bar un tube de caoutchouc fixé au tube de sûreté, on dirige dans la solution un courant d’oxyde de carbone impur. L’oxyde de carbone se combine au sous-cblorure de cuivre pour former le composé 3CO,2Cu“Cl -f 7 110, qui reste dissous, tandis que les autres gaz s’échappent du ballon. On enlève ensuite le caoutchouc adapté au tube de sûreté et on relie le tube à dégagement à un llacon laveur contenant de la soude diluée, puis on chaulfe le ballon. La combinaison d’oxyde de carbone et de protochlorure, stable à froid, est détruite par la chaleur; elle laisse dégager l’oxyde de carbone qu’elle renferme. Le lavage à la soude arrête les vapeurs chlorhydriques entraînées.

Pour observer à l’état cristallisé la combinaison d’oxyde de carbone et de sous-cblorure de cuivre, on sature d’oxyde de carbone une solution concentrée de sous-cblorure de cuivre dans l’acide chlorhydrique, puis on la partage en deux parties égales. On chauffe l’une de ces parties dans un hal- 'on et on dirige dans l’autre le gaz qu’elle dégage : des lamelles cristallines nacrées ne tardent pas à se déposer dans le liquide froid (.M. Berlhelol).

748. Par l’anhydride cardonique et le charbon. — Dans un liibe en grès AB (lig. 280), on introduit du charbon de bois concassé en fragments du volume de petites noisettes. On en remplit le tube; si l’on a pris soin d’écarter la poussière, celui-ci continue à livrer un passage facile aux gaz qui le traversent. En A, on fixe, au moyen d’un bouchon, un tube droit de 10 centimètres de longueur, que l’on relie par un caoutchouc au tube à dégagement T d’un appareil producteur de gaz acide carbonique. Ce dernier se compose d’un flacon tubiilé F, portant un tube à entonnoir S et le tube recourbé T; il contient de l’eau et du marbre concassé qui, décomposé par l’acide cblorbydrique, fournira du gaz carbonique

(§ 753). A l’extrémité B du tube en grès, est fixé un tube à dégagement G, dont l’extrémité libre plonge dans une cuve à eau.

On porte au rouge le tube AB, soit avec un l'ourneau à charbon, soit au moyen d’une grille à gaz, puis, par le tube S, on introduit de l’acide chlorhydricpie dans le flacon; le gaz carbonique se dégage et vient en contact avec le charbon porté au rouge, qui le change en oxyde de carbone :

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