‹ Manipulations de chimieChapitre 378 sur 596 · TU · texte numérisé non relu

TU

CUIVRE

(iiiction d’une liqueur bleue limpide, mais en ayant soin d’éviter un trop Ibrt excès d’ammoniaque. Le liquide étant au repos, on verse doucement à sa suiface un volume égal au sien d’alcool à 00 centièmes; on opère avec précaution et en faisant couler l’alcool sur la paroi du vase, de manière à éviter le mélange des deux liquides; ceux-ci restent superposés, leurs densités étant très dilTérentes. On recouvre le vase d’une lame de verre et on l’abandonne pendant 1 ou 2 jours. L’alcool se difl'use dans la solution aqueuse de sulfate de cuivre ammoniacal, et diminue la solubilité du sel dans l’eau, celle-ci devenant de plus en plus alcoolique. Le sulfate de cuivre ammoniacal se dépose lentement en cristaux volumineux. On décante l’eau mère, on cssoi’e les ciistaux entre des feuilles de papier à liltrer, et on les enferme dans un llacon, sans les exposer longtemps à l’air, auquel ils cèdent de l’ammoniaque.

iM EH eu RE.

E(iuiv. : Mg = tOO = ^ vol. P. aiom. : Hg = :200 =: I vol.

lllü. Métal liquide à la température ordinaire, brillant, ne mouillant pas le verre, d’un gris bleuâtre, faiblement altérable à l’air froid, eonnu des anciens. — Densité : 13,5959 à 0". — Cristallise en octaèdres à — 39", 44, en se contractant et en produisant uni métal de densité 14,391, présentant la malléabilité du plomb. — Chaleur latente de fusion : 2,84 calories. — Coefficient de dilatation entre 0“ et 100“ : absolu 1/5550 ou 0,000180180; apparent dans le verre 1/6480 ou 0,0001544. — Chaleur spécifique : solide 0,03247 ; li(|uide 0,0333, — f'.met des vapeurs sensibles à partir de 20" ou 25". — Température d'ébullition sous la pression 0“,760 ; 357", 25. — Chaleur latente de volatilisation : 15,4 calories. — Densité de vapeur ramenée à 0“ et à la pression 0"',760 : 6,976 par rapport à l’air; 100,74 par rapport à riiYdrogène.

1117. pRÉi'AR.VTiON. — Le sulfure de mercure ou cinabre, qui ronstilue le principal minerai de mercure, est volatil sans décomposition. Quand l’air agit sur lui en môme temps que la cbaleur, autrement dit quand on le grille, il donne du mercure et du gaz sulfureux :

lIgS -P "2 0 = Hg 4- SQ2.

Cette réaction est la base de la métallurgie du mercure. Les propriétés toxiques redoulablesdes vapeurs mercurielles, qui sont

M17. — MEUCUIÆ.

entraînées par le gaz sultiireiix, empêchent de la réaliser facilement dans les laboratoires. La méthode suivante, ([ui est celle dont on fait usage pour traiter le minerai de mercure dans le duché des Deux-l’onts, est plus souvent suivie soit pour extraire le mercure du cinabre, soit pour l’iitilisation des résidus riches en mercure, laissés par certaines opérations.

On mélange intimement 60 grammes de cinabre en poudre avec son poids de chaux éteinte et pulvérulente. On introduit le tout dans une cornue de grès, que l’on dis[)ose dans un fouimeau, en inclinant son col de manière à faire écouler au dehors le liquide qui pourra s’y condenser ; on enroule et on fixe par un fil, autour de l’extrémité de ce col, un morceau d’étoffe qui forme ainsi une sorte de tuyau de toile, attaché par un de ses bouts à la cornue (fig. 295) : les vapeurs pour se dégager de cette dernière devront dès lors traverser le tube de toile avant de s’échapper. On fait plonger l’extrémité libre de la toile dans un verre à pied contenant de l’eau froide ; celle-ci imbibe l’étoffe et la rend à peu près étanche par rapport aux vapeurs mercurielles, fl est indispensable pour éviter une absorption, et par suite l’explosion de l’appareil, que le col de la cornue ne plonge pas dans l’eau, celle-ci baignant seulement le bas du tube d’étoffe. On chauffe la cornue; il se forme des composés sulfurés et oxygénés du calcium, tandis que le mercure distille avec de la vapeur d’eau. Les vapeurs métalliques se condensent au contact de l’eau froide et le mercure s’aé^cumule au fond du verre. On le sépare de l’eau en versant le tout dans un entonnoir dont on tient la douille bouchée avec le doigt, ou mieux dans un entonnoir à robinet : on laisse écouler le métal qui a gagné le fond de fentonnoir et on arrête l’écoulement dès que l’eau se présente pour s’échapper. On enlève avec du papier à filtrer les quelques gouttes d’eau entraînées par le mercure.

On ne saurait trop recommander de ne pas s’exposer, peu-

MEKCl KE.

liant la dislillallon, à l’action toxique des vapeurs mercindelles.

Quand on opère sur de plus grandes quantités, on remplace la cornue de grès par une cornue de 1er, ou simplement par une bouteille de 1er telle que celles dans lesquelles le commerce transporte le mercure. On visse à son orifice un tube de fer recourbé, auquel on adapte la toile.

1 118. PuiuriCAïiON. — J. e mercure du commerce est le plus souvent chargé d’une certaine (|uantité de métaux étrangers. On le purifie souvent par distillation, en se servant soit d’une cornue de grès, soit d’une bouteille de 1er, ainsi qu’il vient d'être indiqué pour la préparation (î^ 1 1 17). Cette méthode est insuffisante, la vapeur mercurielle entrainant toujours des quantités notables de métaux étrangers. Ile plus elle est d’une exécution un peu délicate, l'ébullition du mercure devenant fort irrégulière quand il contient des métaux non volatils.

On se contente d’ordinaire de verser sur le mercure du commerce, placé dans une terrine de grès, une couche de 1 centimètre d’épaisseur d’acide azotique, étendu de 8 ou 10 fois son poids d’eau. On agite fréquemment et on laisse en contact pendant une semaine au moins. Il se fait d’abord de l’azotate de mercure, lequel se décompose peu à peu au con- Fig. 296. — Fontaine ù mercure, ^l^s métaux étrangers, en donnant les sels

solubles de ces derniers. On sépare le métal à l’aide d’un entonnoir à robinet, on le lave à l'eau, on le sépare de nouveau et on le sèche.

On peut encore agiter énergiquement et pendant longtemps 1 kilogramme de mercure avec 30 grammes de solution de pcrcblorure de fer, de densité 1,26. On ajoute de l’eau, on agite de nouveau, on décante la liqueur aqueuse, puis on lave le métal à l’eau et, en se servant de l’entonnoir à robinet, on le sépare de la poudre grise qui le surnage. On le lave encore à l’eau, on le sèche avec du papier à filtrer et on le conserve quelque temps sous l’acide sulfuri([ue concentré. ♦

L’action de ce dernier réactif est à recommai\der pour terminer toutes les purifications du mercure. On la réalise le plus souvent au moyen d’un petit appareil qui a été indiqué par H. Sainte-Claire Deville et qui constitue une sorte de réservoir à mercure pur.

Cet appareil (fig. 296) se compose d’un llacon V, tubulé latéralement à sa partie inférieure. La tubulure porte, solidement fixé au moyen d’un bon bouchon, un robinet de verre ou mieux de fer ?t', terminé à l’intérieur du llacon par un tube horizontal en verre tf, de 1 centimètre de diamètre. Ce

1118. — MEKCUKE METALLIQUE.

tube est garni de fragments de potasse caustique fondue. lJu mercure étant introduit dans le llacon jusqu’en Hll, on verse à sa surface, par le goulot muni d’un entonnoir E fixé à demeure, de l’acide sulfurique concentré SS. Si l’on ouvre alors le robinet, le mercure s’écoule après avoir abandonné dans le tube à potasse les traces d’acide qu’il pouvait entraîner. En versant de nouveau du mercure dans le flacon, le métal doit traverser la couche d’acide sulfurique pour arriver au fond du vase. L’appareil maintenu bouché peut fonctionner pendant très longtemps; il faut seulement avoir soin de ne jamais y faire descendre le niveau supérieur du mercure HH jusqu’au voisinage immédiat du tube à potasse tV, l’acide sulfurique pouvant atteindre le réactil solide et le mettre hors d’usage.

Le mercure pur n’adhère pas au verre; il ne fait pas la queue, c’est-àdire (|u’il ne laisse sur le verre propre aucune trace de son passage et coule sans s’allonger en arrière par des adhérences. Quand on le dissout dans l’acide azoti(|ue pur, et qu’on cbaulfe l’azotate produit, il donne par décomposition de l’oxyde de mercure, volatil sans résidu (jj -iOÜ).

A. — Oxytio de mercure.

Équiv. : HgO = 108. F. alom. : HgO = :21(i.

1119. Sijnonijuies : Oxyde mercurique, bioxyde de mercure, précipité perse, i)récii>ilé rouge. — Composé rouge lorsqu’il est obtenu à chaud, noircissant lentement à la lumière, cristallisable en prismes rliomboklaux obliques. — Densité : 11,29. — üécomposable vers 400°. — A ])cu près insoluble dans l’eau. — Jaune, lorsqu’il est préparé par précipitation ; il semble alors doué de propriétés diflërentes et posséder une activité chimique plus marquée.

1120. Oxyde rouge préparé par l’azotate de mercure. — Üans im matras de 120 centimètres cubes, on mélange 40 grammes d’acide azotique concentré (D = 1,083) et 13 grammes d’eau, puis on y verse 50 grammes de mercure. Le métal est aussitôt attaqué, il se dégage des vapeurs rutilantes que l’on entraîne dans une cheminée bien ventilée, et il se forme de l’azotate mercureux, plus ou moins mélangé d’azotate mercurique :

U Hg -j- 4(.\zO^,HO) = 3 (AzO^,Hg“0) -f- AzO^ i HO ;

3 Hg -1- 4 (AzO^HO) = 3(AzO%HgO) -f- Azü- + 4 HO.

On dispose le matras sur un petit bain de sable; ce dernier peut être un tôt à rôtir au fond duquel on a placé une couche de sable fin où l’on enfonce le matras (fig. 297). On chaufle d’abord doucement pour parfaire la dissolution du métal, puis pour chasser par évaporation l’eau et l’acide azotique en excès.

iMEHCUUE.

7“iO

Lorsque le résidu conlenu dans le nialras esl solidifié, on adiève de garnir avec du sable chaud l’espace annulaire compris enlie le lêl et le nialras (voy. fig. 298, § 1127) et on chauife plus l’orlerneiiL. L’azotate mercureux entre bientôt en décomposition; il

dégage d’abondantes vapeurs d’iiypoazotidc et laisse de l’oxyde rouge de rnei-cure :

Az0Sllg20 = “211g0 + Az0^.

Telle est du moins la réaction totale, car en réalité les choses sont un peu plus compliquées. Tout d’abord de l’acide azotique est chassé et de l’azotate mercureux basique, l'acilement reconnaissable à sa couleur jaune, prend naissance; ce dernier corps se décompose ensuite à une température élevée, en donnant de l’oxyde de mercure et des vapeurs rutilantes. D’autre part, une partie du sel mercureux s’oxyde aux dépens des composés oxygénés de l’azote mis en liberté ; le sel mcrcurique ainsi l'oriné esl décomposé par la chaleur, ainsi cjue celui qui existait dans le sel à l’origine, en laissant, comme le sel mercureux, un résidu d’oxyde :

l'U',. !21)7. — Préparation de l’oxyde de mercure.

Az0^llg0 = !2 IlgO + AzO^+ 0.

On cliaulï'e tant qu’il se dégage des vapeurs rutilantes, mais en ayant soin de ne pas dépasser la température indispensable pour provoquer le dégagement. L’oxyde de mercure est, en elTet, décomposable vers 400" (§ 490); il est donc indispensable de ne pas atteindre cette limite. Quand l’opération est terminée, la production des vapeurs nitreuses s’arrête et l’atmosphère du matras se décolore. On reconnaît d’ailleurs aisément que le résultat est atteint en examinant le résidu ; celui-ci est d’un rouge brique et devient facilement pulvérulent lorsqu’on l’écrase sous l’extrémité d’une baguette de verre. Un reste de sel non décomposé communique au résidu une teinte jaunâtre, en même temps qu’une certaine solidité. D’ailleurs, une portion du produit, chautTée dans un tube à essais jusqu’à ce que l’oxyde commence à se décomposer et à donner quelques globules de mercure, laisse incolore l’atmosphère du tube, si l’oxyde ne contient plus d’acide azotique.

H“il. — OXYDK DE MEKCUKE.

11^21. OYVDE JAUNE PRÉPARÉ PAR PRÉCIPITATION. — Oïl précipite une solution d’azotate ou de sullatc inercuriques par une solution étendue de potasse caustique, employée en excès :

Azü^lIgO -l-KOdlO =AzÜ5,KO + HgO HO.

On laisse la liqueur alcaline en contact avec le précipité pendant quelque temps, pour assurer la décomposition des soussels que l’oxyde a pu entraîner. Après dépôt, on lave le précipité avec de l’eau distillée, par décantation et liltration, jusqu’à ce que les eaux de lavage soient neutres. Enün on verse le produit sur le filtre, on l’égoutte, puis on le sèche à l’air entre deux feuilles de papier à filtrer.

L’oxyde jaune de mercure se dissout à froid dans l’acide oxalique, tandis que l’oxyde rouge reste inatlaqué, même à lüO", pai" ce réactif.

B. — Niilfui'e de iiiereui’e.

Êquiv. : HgS= 116. F. atom. : llgS =232.

1122. Sijnoiiijme : Sulfure mercurique. — Existe sous deux étals: noir ((uauil il a été préparé à froid, rouge quand il a été soumis à l’action de la chaleur.

Süi-FUKE NOIR. — Synonymes : Éthiops minéral, sulfure de mercure amorphe. — Composé noir, pulvérulent, se transformant à froid en sulfure rouge, quand on le laisse longtemps eu contact avec un sulfure a^lcalin.

Sulfure rouge. — Synonymes : Cinabre, vermillon. — Composé d’un rouge cochenille, cristallisant en rhomboèdres hémiédriques, doués du pouvoir rotatoire.

Densité : 8,06. — Fonce de couleur par la chaleur ; devient brun à 250“, puis noir et redevient rouge par le refroidissement. — Volatil sans fusion préalable. — Densité de vapeur : 5,51.

M2.S. Sulfure noir préparé par le .mercure et le soufre. — Le produit de cette préparation constitue plus spécialement ['éthiops minéral des pharmacies.

On triture dans un mortier de porcelaine 10 grammes de soufre en canon pulvérisé, avec 120 grammes de mercure métallique, jusqu’à ce que le mélange ait pris une teinte noire bien uniforme, le mercure étant complètement éteint. Le produit est un mélange de sulfure mercurique noir avec un excès de soufre. On le purifie de cet excès de soufre par des lavages répétés au sulfure de carbone.

112i. Sulfure rouge préparé par voie sèche. — Si l’on prépare du sul- •lUNGFLEisCH. — Matlip. de chimie. 46

MEHCÜHE.

fure noir de mercure par simple trituration, comme il vient d’ètre dit, mais sans employer un grand excès de soufre, ce qui rend l’opération beaucoup plus lente, par exemple si l’on opère en broyant ensemble pendant fort longtemps, 8 parties de soufre et 42 parties de mercure, et qu’on cbaulfe ensuite le mélange, celui-ci se sublime et donne du cinabre.

On introduit le sulfure noir dans une cornue de grès, que l’on chauffe. Le cinabre se condense dans le col de la cornue, sous la forme d’une masse fibreuse rouge. Les portions (jui se déposent loin de la partie chauffée, sont d’ordinaire souillées de soufre.

On peut fondre ensemble, dans la cornue, le soufre et le mercure, sans extinction préalable, et en chauffant d’abord vers 200”, ce (|ui détermine la combinaison des deux corps. On sublime ensuite le cinabre en chauffant plus fortement.

1125. Sulfure rouge préparé par voie humide. — On transforme 50 grammes de mercure et 19 grammes de soufre en éthiops minéral (§ H23), on agite le produit dans un matras avec une solution de 12,5 grammes de potasse caustique dans 75 grammes d’eau, puis on maintient le tout en contact prolongé dans un endroit tiède, en agitant fréquemment. Le soufre en excès donne avec la potasse du sulfure de potassium, lequel agit coninie dissolvant sur le sulfure mercurique et le transforme peu à peu dans sa modification cristallisée rouge. Le mélange commence à rougir après sept ou huit heures de contact. Quand il a accjuis la belle teinte caractéristique du vermillon, on le lave et on le sèche.

G. — Nous-cliloriire «le inei’cure.

Éqiliv. : Hg-Gl =:235,5=4 vol. F. atom. : llg-CI- = 47l =8 vol.

112(5. Siinoniimes : Calomel, précipité blanc, proloclilorurc de memire, dilonirc mercureux, mercure doux. — Composé incolore, crislallisable eu prismes droits à hase carrée, mentionné par Réguin au dix-septième siècle. — Densité : (5,5(1. — Suhlimable entre 420“ et 450°, sans fusion préalable. — Densité de vapeur : 8,21 par rapport à l’air; 118,(5 par rapporté l’Iiydrogène. — Légèrement altérable à la lumière. — Insoluble dans l’eau.

1127. Préparation par voie sèche. — Le calomel s’oblicnt le plus souvenl en rétluisanl le chlonire de niercui’e à rélal de souschloriirc par l’aclion du mercure métallique :

HgGI + IIg-IlgHlI.

On broie dans un mortier dO grammes de biclilorure de mercure, préalablement mouillé de 2 à d centimètres cubes d’eau, et on ajoute peu à peu 24 grammes de mercure, en triturant avec

Il“27.— SOUS-CIlLOIlUliE DE MEKCUHE. 723

soin do manière à produire l’exlinclion complète du métal, c’eslà-dire la disparition de ses globules. Le mélange des deux réactifs ne doit pas être fait sans addition d’eau, à cause des propriétés toxiques de la poussière du chlorure de mercure. On dessèche ensuite la masse à l’air et mieux à une très douce chaleur, puis on l’introduit dans un matras à fond plat de 125 centimètres cubes, que l’on dispose sur un bain de sable en recouvrant entièrement sa panse (hg. 208). On chauire d’abord doucement pour dessécher complètement le mélange; si le matras n’était plongé qu’en partie dans le sable, la vapeur d’eau se condenserait sur ses parois r i

refroidies par l’air et l’eau retomberait sur le verre chauffé, dont elle provoquerait la ; ,,

rupture. Lorsque la totalité de l’eau a été expulsée, on enlève du sable, on découvre le matras jusqu’à la hauteur occupée par les réactifs, puis on élève la température du bain de sable. A partir de 400'’ la réaction, déjà accomplie partiellement à froid pendant la trituration, s’achève et le sous-chlorure de mercure se volatilise.

Il se condense sur les parois du matras que l’air refroidit et forme à leur surface intérieure un revêtement incolore et crislallin. Lorsque la quantité de sel est suffisante, les cristaux se mélangent et se soudent pour former un pain solide, garnissant la paroi supérieure du matras et présentant en son milieu une ouverture qui correspond au col de l’appareil. La sublimation terminée, on laisse refroidir, on coupe ensuite circulairement le matras (§ 158) à la hauteur de son plus grand diamètre, en évitant de le secouer. Il est dès lors facile de séparer le pain de sous-chlorure de mercure, sans le souiller au contact des résidus restés sur le fond du vase.

Le sous-chlorure de mercure est d’ordinaire mélangé de chlorure, le métal ayant été employé un peu en défaut, afin d’éviter de donner au produit une teinte grise. Pour le purifier, on le pulvérise finement, soit mécaniquement, soit et mieux encore, en refroidissant brusquement sa vapeur [calomel à la vapeur) par le contact d’une autre vapeur ou d’un gaz suffisamment froids, puis on le lave à l’eau distillée jusqu’à ce que les eaux de lavage

Fie. 298. — Préparation du *sous-clilorure de mercure.

MK KOI J U K.

liltrées iie bruiiisseiil plus p;u‘ l’hydrogèue suHuré. Ou leniiiiie en l’égoultant el en le séchanl à Pair, entre deux feuilles de papier buvard.

On peut, dans les inênies conditions, chauller à la place de la masse indiquée ci-dessus, le mélange obtenu en éteignant 8 parlies de mercure dans 18 parties de sulfate mercurique sec, en ajoulant b parties d’eau, broyant le tout avec 26 parties de chlorure de sodium^ et desséchant à l’étuve. La réaction est alors la suivante :

llg -j- SOMlgO + .\aCI llg-^Cl + SO^^aO.

11 est indispensable, dans les deux cas, d’opérer sous une clieminée à tirage énergique, pour soustraire l’opérateur à l’action délétère des vapeurs mercurielles.

IK28. i'uÉPARATiQN PAR VOIE iiu.MiDE. — Lc sous-clilorure de mercure étant insoluble dans l’eau, on peut le produire, au sein de ce liquide, par double décomposition entre un sel de sous-oxyde de mercure soluble, tel que l’azotate, et un chlorure alcalin ou l’acide cblorhydriijue :

Hg20,Az0"+llCl llg2(’|-f AzO^llÜ.

Dans un mortier de porcelaine, on écrase 50 grammes d’azotate mercureux cristallisé et on le broie avec de l’acide azotique préalablement étendu de 10 fois son poids d’eau. Après saturation du liquide, on décante et on recommence la même opération avec de nouvel acide dilué, jusqu’à dissolution complète du sel. On réunit les liqueurs limpides et on les verse peu à peu, en agitant vivement, dans un mélange de 25 grammes d’acide chlorhydrique et de 100 grammes d’eau. Tout le sel mercureux est précipité à l’état de sous-cblorure. On lave à l’eau distillée tiède, par décantation et tiltration (§ 37i), jusqu’à ce que les liqueurs de lavage soient neutres au tournesol, on égoutte le produit sur le liltre, et on le sèche à l’air entre deux feuilles de papier à filtrer.

Ü. — C'Iiloriirc «le iiiercur«“.

Éqilic. : llgCl = 135,5 — 2 vol. F.atom.: UgGl- = 27l =; lvol.

1120. Siinonijtnes : Biclilonire ilc mercure, dilorure mercurique, sublimé corrosif. — Cristaux incolores, anliydres, dérivés d’un prisuie rhomboidal droit. — Densité : 5,32. — Point de fusion : 26<>® environ. — Point d'ébullilio7i : 295®. — Densité de vapeur : par rapport à l’air; 136 par rapport à l'hyiirogène. — Solubilité:

5,73 parties dans 100 parties d’eau à 0®; 6,57 parties à 10"; 7,39 parties à 20"; 21,30 parties à 80®; 53,96 parties à 100". l'ius soluble dans l’alcool et dans l’éther. — Très toxique.

I i:io. — ciiLOiu’nE de medcup.e.

1130. Préparation par le sulfate mercurique et le chlorure DE SODIUM. — Quand on chauffe un mélange de sulfale mercurique et de chlorure de sodium, du chlorure de mercure se sublime et se sépare ainsi d’un résidu de sulfale de soude (Kunkel) ;

Hg0,S03 + NaCI =HgCI4-NaO,SOL

On pulvérise séparément 40 grammes de sulfate mercurique, pur de sulfate mercureux, -40 grammes de chlorure de sodium décrépité ou fondu, et 4 grammes de bioxyde de manganèse ; après avoir mélangé ces substances, on les introduit dans un malras de 125 centimètres euhes. On chaulîe d’abord doucement le inatras dans un bain de sable où il plonge entièrement (voy. Iig. 208, §1127), afin de chasser toute trace d’eau (§ 247). Ce résultat atteint, on découvre le malras jusqu’au niveau de la matière, et on le chauffe plus fortement afin de sublimer le chlorure de mercure. Le sel forme un pain peu solide, qui s’applique exactement sur la paroi de verre refroidie par l’air. La volatilisation terminée, on recouvre de nouveau le matras de sable chaud, et on continue à chauffer pendant quelques instants, afin de ramollir la masse sublimée et de lui donner plus de solidité ; on évite cependant avec soin de chaull’er au delà de ce qui est nécessaire, pour ne pas fondre complètement le chlorure de mercure et le chasser à l’état de vapeur. On laisse refroidir, on coupe le matras suivant son plus grand cercle et on recueille facilement le pain de chlorure de mercure, sans qu’il soit souillé par le contact du résidu noir.

Le bioxyde de manganèse est ajouté pour assurer et maintenir la peroxydation du sulfate de mercure, ce qui empêche que le chlorure de mercure soit mélangé de sous-chlorure (§ 1127).

Les vapeurs du chlorure de mercure étant extrêmement dangereuses à respirer, on doit éviter soigneusement de les répandre dans l’atmosphère du laboratoire. A cet effet, on pratique la sublimation sous une hotte à tirage énergique. En déposant un cornet de papier sur l’orifice du matras, les rentrées et les sorties d’air entraînent peu les vapeurs de sel mercurique.

MEUCUKE.

E. — Sous-iodiiro de iiieeciirc.

Éqniv. : Ilg^l =3“27.

F. alom. : Hg-I- = ()54

1131. Synonymes : Proto-iodure de mercure, iodure mercureux. — Poudre jaune verdiUre, crislaUisable ]>ar sublimation, isomorphe avec le sous-chlorure de mercure. — Devenant rouge à 70“ et rouge grenat vers 220“. — Point de fusion : 200“. — Point d'ébullition : 310“, mais avec sublimation dès 100“. — /«.so/uWe dans l’eau et dans l’alcool. — Altérable à la lumière.

1132. Préparation. — Le sous-iodure de mercure s’obtient par l’action directe de l’iode sur le mercure. On triture dans un mortier de porcelaine 10 grammes de mercure avec G grammes d’iode, en ayant soin d’ajouter 10 centimètres cubes d’alcool à 00 centièmes. On agite jusqu’à ce que le mercure ait complètement disparu, le mélange ayant pris une coloration verdâtre. On verse alors dans un matras la bouillie homogène, on entraîne par un peu d’alcool les portions qui adhèrent au mortier, on ajoute de l’alcool jusqu’à parfaire 50 ou 00 centimètres cubes, on porte à l’ébullition en chauffant au bain-marie, enfin on lave le produit à l’alcool bouillant, lequel dissout l’iodure de mercure qui a pu se former, mais non le sous-iodure. Quand l’alcool de lavage est devenu volatil sans résidu, on recueille le produit sur un filtre, on le laisse égoutter et on le dessèche à l’air, en l’abritant des poussières et de la lumière par quelques feuilles de papier.

La réaction s’opérant avec un dégagement de chaleur noUible, capable de produire l’ébullition de l’alcool, et même des projections si l’on opère sur des quantités importantes, il est nécessaire dans ce dernier cas de n’ajouter l’iode que par portions et avec lenteur.

1133. Syn07iymes : lüdiire merciirkiue, bi-ioclitre de mercure. — Composé dimorphe: rouge ou jaune. — Volatil. — Solubilité : 1 partie dans 150 parties d’eau froide Très solul)le dans l’alcool cliaud. — Toxique.

M0DIHCA.TION ROUGE, obtenue par précipitation. — Substance d’un beau rouge vif.— CrislaUisable en octaèdres d’un prisme rhomboidal droit. — Densité : 0,32. — Point de fusion : 253“. — Transforme par la clialeur, dès 12C“, en la modification jaune.

.Modification jaune. — Cristaux d’un jaune citron, orthorombiques. — Se transformant dans la modification rouge, avec dégagement de chaleur et sous des indueuces telles que le frottement.

Equiv. : Hgl = 227.

F. alom. : Hgl- = 45l

I13i. — lOmiRE DE MEHCIIHE.

1 1;34. Préparation, — L’iodure de mercure étant insoluble dans l’eau, prend naissance au sein de ce liquide, par double décomposition entre un selmercurique soluble et un iodure alcalin :

HgCl-pKI = KC1+ ilgl.

On dissout 8 grammes de chlorure de mercure dans 180 grammes d’eau froide, et séparément 10 grammes d’iodure de potassium dans 100 grammes du môme liquide. Les liqueurs étant limpides, on verse la première dans la seconde, en agitant. L’iodure de mercure étant soluble dans l’eau chargée d’iodure de potassium, les premières portions de chlorure versées ne fournissent pas un précipité permanent; mais, lorsque la totalité des liqueurs a été mélangée, tout l’iodure s’est séparé. On lave le précipité à l’eau distillée, par décantation avec liltration (§ 874), et, lorsque l’eau de lavage ne contient plus de résidu lixe, on recueille l’iodure de mercure sur le tiltre, on le laisse égoutter et on le sèche à une douce chaleur.

G. — Cyanure «le mercure.

Équiv. : C“AzHg ou Cytlg = 126. F. atom. : €^Az"^Hg = 252.

1135. Synonyme .• Cyanure mercui'ique. Sel incolore, inodore, anhydre, cristallisant en prismes à base carrée, découvert par Scheele. — Densité : 3,77. — Solubilité : 5,47 parties dans 100 parties d’eau à 15°; 37 parties à 100“. — Très vénéneux.

1180. Préparation par l’oxyde de mercure et le bleu de PRUSSE. — En présence de l’eau bouillante, les deux corps précités réagissent pour engendrer du cyanure de mercure (Scheele) :

Pe'Cf -P 9 HgO = 9 Cyllg + 2 Fe'^O'' -P 3 FeO.

On pulvérise finement '20 grammes d’oxyde de mercure et 27 grammes de bleu de Prusse, on introduit ces deux corps avec 270 grammes d’eau dans une capsule de porcelaine, et on porte à l’ébullition. Quand le mélange a pris une coloration brune, on filtre. On fait bouillir de nouveau le résidu insoluble avec 100 grammes d’eau pendant un quart d’heure, puis on verse sur un second filtre. On réunit les deux liqueurs, on les concentre par évaporation jusqu’à ce que leur volume soit réduit à 80 centimètres cubes environ, quand on opère sur les quantités

MKnci’r.E.

rlH

indiquées, on plus généralenienl jusqu’à ce que, bouillantes, elles aient la densité 1,10 Daurné), puis on laisse cristalliser par relVoidisseinent.

Les variations que l’on observe rréquemment dans la composition du blende Prusse et qui résultent de modes de production dilférents, troublent souvent un peu la préparation du cyanure de mercure. Lorsque les proportions des réactifs ont été convenables, les cristaux se déposent en j)rismes nettement formés,, présentant des facettes miroitantes. Quand l’oxyde de mercure a été pris en excès, la cristallisation est mamelonnée et présente l’apparence de choux-fleurs, le produit contenant une combinaison d’oxyde et de cyanure; dans ce cas, on dilue la liqueur, on ajoute du bleu de Prusse et on fait bouillir de nouveau, ce qui détruit l’oxyde. Enfin, si les liqueurs liltrées sont colorées, ce ([Lii correspond à un excès de bleu de Prusse, elles retiennent au contraire du fer; on enlève ce dernier en maintenant la solution de cyanure en ébullition avec une j)etite quantité d’oxyde de mercure, et en fdtrant ensuite.

Après décantation de l’eau mère, les cristaux de cyanure de mercure sont égouttés, puis séchés à l’air entre deux feuilles de papier à filtrer.

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