‹ Manipulations de chimieChapitre 382 sur 596 · ARGE.M · texte numérisé non relu

ARGE.M

reprises; après dix minutes de repos, on verse, doucement et de très haut, la niasse dans une terrine pleine d’eau. La scorie se dissout, tandis que l’argent se solidifie sous forme de grenaille. On lave celle-ci, comme il a été dit ILU), d’abord à l’acide chlorhydrique dilué et chaud, puis à l’eau distillée, et on la sèche.

Lorsque le chlorure d’argent est humide, on le mélange préalablement au carbonate de soude, et on dessèche le tout dans une capsule de porcelaine. En remplaçant une ))arlie du carbonate de soude par du carbonate de potasse pris en (juantité é(iuivalenle, la scorie est plus fusible et se prête mieux à la réunion du métal.

La fragilité des creusets de biscuit pouvant entraîner la perte du produit (juand on projette la masse froide dans ces vases l'ouges de feu, il est bon' d’introduire le creuset de porcelaine dans un creuset de terre, et de garnir de sable sec l’es|>ace compris entre eux. En saupoudrant de borax la surface du sable, celui-ci se trouve aggloméré par le sel fondu, et cesse de se répandre quand on incline les creusets.

Lotir réduire le chlorure d’argent, on se contente souvent de le fondre avec son poids de jiotasse caustique.

[.'argent, cbimi(juement pur, fondu au chalumeau d’émailleur dans une petite cavité jiratiquée sur une platjue de dégourdi ou de terre de pipe, sc maintient au rouge blanc avec une surface bien nette, sans taches ni colorations, au milieu d’une tlamme incolore. 11 suffit de 1/50 000 de fer, de cuivre ou de silicium pour qu’une tache déjà forte se montre et s’agite à sa surface.

1140. La réduction du chlorure d’argent peut encore être elVectuéc par voie humide. A cet elïet, on recouvre le chlorure d’argent d’une couche d’eau aiguisée d’un dixième de son poids d’acide sulfurique, et on plonge dans le mélange du zinc pur, soit en lame, soit en grenaille. En quelques heures la réduction est terminée, l’hydrogène engendré par le zinc, qui se change en sulfate, ayant enlevé le chlore du chlorure d’argent pour faire de l’acide clilorhydrique. Le chlorure d’argent est alors remplacé par une mousse métallique grise, et le zinc a disparu. Si totitcfois ce dernier subsistait en petite quantité, il serait néces- .sairc de décanter la liqueur et de la remplacer j)ar de l’acide sulfurique dilué, qui dissoudrait le reste du zinc. On lave la mousse d’argent à l’eau distillée, jusqu’à ce que les liqueurs de lavage ne troublent plus le chlorure de l)aryum, puis on l’égoutte et on la sèche. Le métal est d’ordinaire utilisé sous celte forme, mais on peut l’obtenir en lingot en le fondant avec une petite quantité de borax mélangé de la moitié de son poids d’azotate de potasse, puis en le coulant dans une lingotière ; en le laissant refroidir dans le creuset, et en irailant ensuite par l’eau la masse que l’on

I14G. — ARGENT MÉTALIAQUE.

cxU'aiL du creuset brisé, on dissout la scorie alcaline et on isole le culot métallique.

1147. Argenture. — L’argent est précipité de ses dissolutions par l’électrolyse. Ce l'ait donne lieu à des applications Tort importantes dans l’industrie. Des réductions analogues peuvent être réalisées par divers réactifs, et en produisant, dans certains cas, un dépôt métallique adhérent et miroitant qui, développé sur le verre, transforme celui-ci en un miroir. Telle est la base de l’argenture des glaces.

Les réducteurs les plus avantageux sont l’aldéhyde, l’acide tartrique et quelques matières sucrées, telles que le sucre interverti ou le sucre de lait. Ce dernier conduit très facilement à un bon résultat dans une expérience de laboratoire, telle que l’argenture d’un ballon de verre.

On commence par préparer une solution d’argent à réduire et une liqueur sucrée réductrice.

La première exige quelques soins. On dissout ^,5 grammes d’azotate d’argent dans 50 grammes d’eau distillée. Dans la liqueur, on verse peu à peu de l’ammoniaque pure, en quantité snftisante pour redissoudre exactement le précipité formé d’abord. On ajoute ensuite au mélange une solution de soude caustique pure, de densité 1,035, obtenue en dissolvant 5 grammes de soude (bien exempte de chlorures) dans 112 grammes d’eau : on verse lentement la solution de soude refroidie, dans la liqueur d’argent, en agitant constamment. 11 se forme un abondant précipité brun. On ajoute avec précaution de l’ammoniaque pure au mélange, jusqu’à redissolution du précipité, mais en évitant un excès notable. Enfin, on étend d’eau pour faire 3G5 centimètres cubes de liqueur. On termine en versant goutte à goutte dans cette dernière une solution diluée d’azotate d’argent, jusqu’à apparition d’un trouble très léger, mais permanent après agitation.

La liqueur sucrée s’obtient en dissolvant 10 grammes de sucre de lait dans 109 grammes d’eau distillée et filtrant.

On choisit pour l’argenter un ballon neuf, non rayé, de 375 centimètres cubes, si l’on a adopté les quantités de liquides indiquées ci-dessus. On le nettoie d’abord très exactement; dans ce but, on y verse 20 grammes d’acide sulfurique concentré et 10 grammes d’acide azotique concentré, on agite de manière à

AlUlENT.

mouiller toute la surlace intérieure du ballon et de son col avec le mélange acide, puis, après cpielques instants de contact, on lait écouler l’acide; on lave ensuite, soigneusement et un grand nombre de fois, à l’eau ordinaire d’abord, puis à beau distillée. Finalement on laisse égoutter le ballon renversé.

On mesure 350 centimètres cubes de la liqueur d’argent, et ,50 centimètres cubes de la liqueur sucrée, on mélange les deux solutions et on introduit le tout dans le ballon à argenter, que l’on remplit jusque dans. le col. 11 ne reste plus qu’à immerger le ballon dans un bain-marie à 00“ ou 70“, pour voir la liqueur se troubler et brunir. Un miroir métallique ne tarde pas à sc déposer sur la paroi de verre; lorsqu’il est suffisamment blanc et opaque, on décante le liquide et on lave intérieurement le ballon, à plusieurs reprises, avec de l’eau distillée. On suspend enfin le vase renversé, pour le laisser sécher.

On peut cbaullèr directement le ballon sur un brfdeur à gaz, mais dans ce cas il s’opère, sur certains points du verre plus fortement chauffés que les autres, un dépôt métallique trop rapidement formé pour être l)rillant.

A. — A*o(ate irar;;onl.

Équiv. : AzAgO*’ ou AzO'5AgO = 170 = AzAgO *.

11-18. Sunonijine : Nitrate d’argent. — Sel incolore, cristallisant anliytlre en laides dérivées d’un prisme rliomboulal droit, connu des alchimistes. — Densité : i,:î55. — Point de fusion : 198°. — Décomposahle au rouge. — Solubilité dans KKI parties d’eau : 121,9 parties à 0“; 227,3 parties à 19”; 1111 parties à 110'. Température d'ébullition de la solution saturée : 125°. — Non altéré par la lumière. — Neutre au tournesol. — Caustique et très toxique.

1149. Préparation par l’arcrnt pur. — On chauiTe doucement dans une capsule de porcelaine 2 parties d’argent pur grenaillé, avec 3 ])arties d’acide azotique (D = l,.38) et 1 partie d'eau distillée. Le métal se dissout avec production de bioxyde d’azote :

3 Ag -P 4Az0-,IlÜ=Az02-f 3 Az05AgO -f 4110.

Le gaz dégagé dans l’atinospbère se change en vapeurs rutilantes; aussi doit-on opérer sous une cheminée à tirage énergique. Quand la dissolution est complète, on laisse refroidir lentement et l’azotate d’argent cristallise. On décante l’eau mère, on égoutte

1Ü9. — AZOTATE D’AUGENT. 735

les ci'istîiiix sur un enlonnoir, on les lave avec le moins possible d’eau froide, qui enlraîne l’eau mère acide dont ils restent souillés, et on les sèche à l’étuve ou meme à l’air libre.

L’eau mère évaporée fournit une nouvelle quantité de produit.

Pour avoir de l’azotate d’argent privé de toute trace d’acide en excès, on commence par évaporer la dissolution jusqu’à siccité, puis, chaulYant plus fortement, on détermine la fusion du sel. Lorsque la liquéfaction est produite, tout l’acide azotique en excès a été cbassé. On laisse refroidir, on reprend le sel })ar i/5 de son poids d’eau bouillante, et on fait cristalliser ainsi qu’il a été dit plus haut.

Lorsqu’on coule dans une lingotière le sel porté à la fusion ignée, il se solidifie par le refroidissement en une masse confusément cristalline, qui constitue Vazotale d’argent fondu ou pierre infernale. Le sel fondu contient toujours un peu d’azotite.

1150. pRÉP.VRATIÜiN PAR UN ALLIAGE d’aRGENT ET DE CUIVRE.— Les alliages d’argent et de cuivre, l’argent monétaire par exemple, peuvent servir à la préparation de l’azotate d’argent exempt de cuivre. On dissout une pièce de monnaie dans l’acide azotique dilué, on évapore à sec la liqueur, et on chauffe, dans une petite capsule de porcelaine, le résidu bleu qu’on obtient et qui est un mélange d’azotates d’argent et de cuivre. La masse enlre en fusion. A une température un peu plus haute, l’azotate de cuivre se décompose avec une légère effervescence, en donnant de l’oxyde de cuivre noir, de l’oxygène et des oxydes d’azote, tandis que l’azotate d’argent demeure encore inaltéré; on continue à chauffer de même, mais non plus fortement, jusqu’à ce que l’effervescence soit calmée. Une petite quantité du produit, prélevée au bout d’une baguette et mise en solution dans l’eau, donne une liqueur qui, après tiltration, ne se colore plus en bleu par un excès d’ammoniaque et par suite ne contient plus d’azotate de cuivre. Ce point atteint, on laisse refroidir, on traite la masse par l’eau, qui dissout l’azotate d’argent, mais non l’oxyde de cuivre, on filtre pour séparer ce dernier, on évapore la liqueur et on la fait cristalliser comme il a été dit plus haut (Brandenhurg). L’oxyde de cuivre que l’on sépare ainsi est d’ordinaire chargé d’argent, la décomposition d’une petite proportion d’azotate d’argent s’effectuant toujours lorsqu’on cherche à éliminer tota-

ah(5p:nt.

lenienl Ir cuivre. Le point indispensable est de ne pas dépasser la température où commence la décomposition du sel de cuivre; un j)eu plus haut, le sel d’argent lui-même se détruit tout entier.

1151. Essai. — L’azotate d’argent pur donne une solution neutre au tournesol; celle-ci, additionnée d’un excès d’acide cldorliydriquc, débarrassée par tiltration du chlorure d’argent formé, [)uis évaporée à sec, ne laisse aucun résidu.

1>. — ('lilorui'o d'arfcenl.

IC(jaiv. : Ag(51 = 1 43,5 = F.atom.

115“2. Sel blanc, noircissant rapidement à la lûniière, ci'istallisalile en octaedre.s réAjuliers. — Densilé : 5,50. — Point de fusion : 260°; forme un liquide jaune, solidiliable par le refroidissement en une masse cornée. — Insoluble dans l’eau; soluble dans l’ammoniaque.

1153. Préparation. — A une solution limpide d’azotate d’argent, on ajoute de l’acide chlorhydrique pur jusqu’à ce que le mélange éclairci parle repos, après une agitation énergique, cesse de se troubler par une nouvelle allusion de réactif; on laisse déposer, on décante la liqueur claire et on lave le précipité avec de l’eau distillée, jusqu’à ce que celle-ci cesse de devenir acide à son contact. On recueille alors le produit sur un filtre et on le sèche. Quand on veut éviter l’action de la lumière, qui colore très rapidement le chlorure en donnani naissance à du souschlorure, on opère dans un endroit éclairé par une bougie.

Si, au lieu d’azotate d’argent pur, on se sert d’alliage monétaire comme matière première, on dissout cet alliage dans l’acide azotique (§ 1149), on évapore la liqueur à sec et on fond la masse saline obtenue, pour décomposer les traces d’azotate de platine qu’elle contient parfois. On reprend le produit par 30 fois son poids d’eau et on filtre la liqueur. On étend un excès d’acide cldorhydrique de 2 ou 3 fois son poids d’e.au et on verse dans cet acide la solution d’argent, en agitant vivement. Le chlorure d’argent insoluble se précipite, tandis que le cuivre, dont le chlorure est soluble dans l’eau, reste en dissolution. Si l’on verse au contraire l’acide dans la solution d’argent, le précipité retient les matières étrangères en plus grande proportion. Après une vive

Page 1