I. - ÉMÉTIQUE
P. mol. : C«lI‘KSbO'‘ouG«lfM4üi»(SbO'SHÜ)^323=-GMDO«,K,SbO.
13L2. Sijiio7iymes : Antiiiioiiio-tartrate acide de potasse, tartre stibié, tartrate de potasse et d’antimoine. — Sel incolore de l’éther-acide antimonic-tartrique, très réfringent, cristallisant en oclaédres à base rhombe, avec 1 équivalent d’eaii, CMLKSbü'* + 110, découvert en 1631 par Adrien de .Mynsiclit. — Densilé : 2,588.
— Efftorescent ; perd 1 équivalent d’eau à lOO" et donne nn dérivé par déshydratation vers 18Ü“. — Solubilité: \ partie dans 14,5 jiarties d’eau froide, et dans 1,9 parties d’eau bouillante. — Pouvoir rotatoire considérable: a, = -)- 156“, 2.
— Acide. — Emétique et très toxique.
1343. Préparation. = L’émétique s’obtient en Taisant bouillit une dissolution de tartrate acide de potasse avec de l’oxyde d’antimoine (Glauber).
L’acide tartrique étant à la fois acide bibasique et alcool bi-atomique, sature une de ses fonctions acides, en se combinant à la potasse, pour former le tartrate acide de potasse. Ce dernier sel, par l’action de l’oxyde d’antimoine, en présence de l’eau bouillante, s’éthérilie, l’une de ses fondions alcooliques donnant naissance;! un éther de l’acide antimonieux, SbO^HO. L’émétique, ou antimonio-tartrate acide de potasse, est le jiroduit de ces deux réactions successives; il est donc à la fois sel monopotassique, éther antimonieux, acide monobasique et alcool mono-atomique (M. Junglleisch) :
c«IlK(ID02)(Sbo^llO)(on- ou (:ii(on),(:o^K,(;ii(Sbo2),co2|i.
ün met dans une capsule de porcelaine 30 grammes de bitartrate de potasse, ;2“2,5 grammes d’oxyde d’antimoine précipité (§ 1030) et 375 grammes d’eau bouillante. Le bilartralede potasse doit être exempt de chaux, et l’oxyde d’antimoine ne doit pas contenir d’arsenic. On fail bouillir pendant quarante ou quarante-
1343. — TARTRIOUE. 863
cinq minutes, en remplaçant de temps en temps l'eau disparue, de manière à maintenir constant le niveau dans la capsule, puis on verse sur un fdtre. L’émétique cristallise par refroidissement. Les eaux mères évaporées en fournissent une nouvelle quantité. Les cristaux égouttés sont desséchés à l’air entre deux feuilles de papier; on doit éviter de les chaulîer ou de les laisser exposés trop longtemps dans l’atmosplière, parce qu’ils s’eflleuriraient. Le contact prolongé des solutions concentrées d’émétique avec la peau doit également être évité.
H. — Aciüo iiiuciquo.
P. mol. : Giqi‘0Oi«ouC‘Mf^(ir^02)‘(Oq2=2l0= Gqi^((>H)‘(€O-H)2.
IU14. Acide-alcool, incolore, pulvérulent, en prismes cUnorhombiques microscopiques, découvert par Scheele en 1780. — Fusible, puis décomposable par la chaleur. — Solubilité: très faible dans l’eau froide; 1 partie dans 80 parties d’eau bouillante ; insoluble dans l’alcool. — Isomère de l’acide saccliarique.
1845. Prép.yration. — L’acide mucique résulte de l’oxydation de certains hydrates de carbone, tels que le galactose :
Ciqii20i^ + 6 0 = ir-OG
C’est le sucre de lait qui sert le plus souvent pour sa préparation. On l’oxyde par l’acide azotique.
Dans une capsule de porcelaine relativement grande, on chauffe 60 grammes d’acide azotique ordinaire avec 80 grammes de sucre de lait. Dès que l’action commence à se manifester par un dégagement de gaz nitreux, on éteint le feu : l’attaque se continue spontanément. La réaction terminée, on ajoute à la liqueur un volume d’eau égal au sien, et on laisse refroidir. On décante le liquide sur un filtre, puis on lave à l’eau distillée, par décantalion suivie de filtration, l’acide mucique qui s’est déposé sous forme pulvérulente. On sèche enfin le produit à l’air libre, entre deux feuilles de papier à filtrer.
Pour avoir l’acide mucique pur, on met l’acide mucique brut en suspension dans l’eau, et on le neutralise à l’ébullition par le carbonate d’ammoniaque; on purifie le sel ammoniacal par des cristallisations répétées, puis on régénère facide muciqpe en
ACIÛES.
ajoulanl de l’acide azotique à la dissolution du sel dans 1 eau bouillante. On lave le produit à l’eau et on le sèche.
J. — Acide i^alicylique.
P. mol. : C‘^11«0‘> ou Ciqi^(ll*02)(0q=138 = -G6j|4(^^jl)(.(:;4>2ii),
1340. Synonymes : Acide oillioxybenzoique. — Acide-phénol incolore, cristallisant sans eau en longues aiyuilles clbwrhotnbiques, découvert par Piria en 1838. — Densité: 1,4835 à 4“. — Poml de fusion: 156“. — Distille en se décomposant jtarliellernent. — Solubilité : 1000 |)arlies d’eau en dissolvent 1,921) parties à 10°; 2,242 parties à 15°; 25,72 parties à 75“. — Très soluble dans l’alcool et dans l’éther. — Isomère de l’acide para-o.xybenzoïque et de l’acide inéta-oxybenzoique.
1347. PnÉPAiiATiON. — Le phénol, en présence de la soude, fixe à haute température l’anhydride carbonique et engendre de l’acide salicylique (M.M. Kolhe et Lauteniann) :
La réaction s’accomplit en plusieurs phases (Kolhe). Le phénol sodé fixe le gaz carbonique vers 1200", en donnant du phénol et du salicylate de soude sodé, composé dans lequel le sodium figure à la lois à l’état de sel de soude et à l’état de phénol sodé, l’acide salicylique étant un acide-phénol :
2 C‘21FNa02 + = G^qi^O^ C**H*Na^O«.
Le salicylate de soude sodé, traité par les acides minéraux, donne l’acide salicylique.
Dans une marmite de fonte, on mélange 1 équivalent de soude caustique, soit iO parties de soude solide préalablement dissoute, ou 93 parties de lessive des savonniers, avec un peu plus de 1 équivalent de phénol, soit 100 parties. On chauffe ; l’eau distille ainsi que le phénol en excès, et on obtient bientôt un résidu l’Ose, solide, qui est \e phénol monosodé. On l’introduit dans une cornue tubulée, faisant partie d’un appareil distillatoire (fig. 140,)^ 224), dont la tubulure a été munie d’un bouchon que traverse un tube coudé, pénétrant jusqu’au fond de la panse. On chaulfe la cornue, en la plongeant dans un bain d'huile dont on porte la température à 180*. On fait alors passer dans l’appareil un courant de gaz carbonique (§ 753), lavé à l’eau (§ 419) et desséché sur la ponce sulfurique (§ 430). La réaction formulée plus haut s’accomplit, et le phénol régénéré vient se condenser dans le récipient refroidi. On maintient pendani longtemps le courant gazeux, en élevant peu à peu la température jusque vers 250". L’opération est terminée (|uand il ne distille plus de phénol à cette température. On arrête alors le courant gazeux et on laisse refroidir. On dissout dans l’eau le contenu de la cornue, on filtre et on ajoute à la liqueur de l’acide chlorhydrique, d’abord pour la neutraliser, puis, en excès, pour précipiter l’acide salicylique. On laisse refroidir; on recueille le pré-
1347. — ACIDE SALIGYLIQUE.
cipilé crislalliii sur un tampon de coton, disposé dans un entonnoir, on l’essore à la trompe, et on le lave de même avec une petite quantité d’eau (§ 385). L’acide essoré est coloré; on le purifie par dissolution dans l’eau bouillante et refroidissement de la solution filtrée. La purification du produit est laborieuse à pratiquer en petit. On la réalise en grand par distillation de l’acide dans un courant de vapeur d’eau surchauffée.
L’acide pur et sec, mélangé avec iU fois son volume d’acide sulfurique concentré, ne se colore pas en jaune. «
La solution aqueuse et froide d’acide salicylique se colore en violet par les sels de peroxyde de fer.
La même préparation effectuée avec la potasse au lieu de la soude, donne de l’acide para-oxybenzoïque. Cet isomère de l’acide salicylique se forme également quand on chauffe à 2:20", dans un couranf de gaz carbonique, le salicylate de potasse (Kolbe).
ALCALIS
, A. — Mcthylaniniine.
P. mol. : C^lLAz ou C^ll^AzIF ^ 31 ^ 4 vol. = C1L,I1-Az.
1348. — Sijnonjmes : Monomélhylaminine, méthyliaqiie. — Alcali mono-ammoniacal primaire, gazeux, incolore, à odeur ammoniacale, découvert par Wurtz en 18411. — Liquéfiable un peu au-dessous de 0”. — Solubilité : 1150 volumes dans 1 volume d’eau à 12",5 ; 959 volumes à 25°. — Combustible à l’air. — Très alcalin.
1349. PaÉPARATioN PAR l’éther AZOTIQUE. — La réaction de l’ammoniaque sur les éthers à acides minéraux engendre les sels d’ammoniaques composées, alors que, sous l’action du même réactif, les éthers à acides organiques fournissent des amides. Les éthers à bydracides (.\1. W. Hofmann) et les éthers azotiques se prêtent particulièrement bien à la production de la première réaction :
C^IF (AzIiO^) -f AzI13 = C2115Az,Azll0‘’.
Pour préparer la méthylammine par l’action de l’éther azotique sur l’ammoniaque, on introduit dans un flacon à fond aussi large que possible, 1 volume d’éther méthylazoti({ue, avec un peu plus de 1 volume de solution aqueuse concentrée d’ammoniaque, [)uis on abandonne le tout pendant quelques jours. L’éther azotique disparaît peu à peu, d’autant plus rapidement que la surface de contact des deux liquides est plus développée ; après une semaine environ, le liquide est devenu homogène. La réaction est alors accomplie.
On introduit le produit dans un ballon 11 (fig. 304, § 1163), suivi d’un flacon laveur L, contenant une petite quantité de lessive concentrée de potasse, puis d’un tube à dégagement mn, qui conduira le gaz dégagé sur la cuve à mer- JUNGFLEiscii. — Maiiip. (le chimie. 55
ALCALIS
cure H. On ajoute, par le tube de sûreté à entonnoir e, un excès de lessive de potasse caustique, puis on chautfe. La inétliylannnine gazeuse, mise en liberté par la })otasse, se dégage, se dessécbe en L, puis se rend sur le mercure, où on la recueille.
Le gaz ainsi obtenu est toujours fortement souillé d’ammoniaque et aussi de dimétbylammine et de trimétbylammine, provenant de réactions secondaires. L’ammoniaque peut être séparée en remplaçant le llacon laveur L par un llacon de Wouif contenant, de l’eau, qui dissout les gaz alcalins; on neutralise la solution aqueuse par l’acide cblorbydrique, on évapore à siccité, et on traite le résidu pulvérisé [)ar l’alcool absolu bouillant, qui laisse insoluble le cblorliydrate d’ammoniaque; la liqueur alcoolique, liltrée et distillée (fig. 141, § i%), laisse un résidu de cblorliydrate de métbylammine ; celuici, traité par la potasse, oornme il aété dit, fournit un gaz non mélangé d’ammoniaiiue, mais retenant toujours de la dimétbylammine et de la trimé- Ibylammine, sur la séparation desiiuelles nous ne nous arrêterons pas ici.
La métbylammine brûle, lorsqu’on l’allume à l’air, avec une flamme jaunâtre et livide. Sa solubilité dans l’eau permet de répéter avec elle les expériences indiquées pour montrer la solubilité de rammoniaque (§ 586). Sa solution aqueuse, préparée comme il vient d’être dit, agit sur le tournesol et sur un grand nombre de sels métalliques comme l’ammoniaque elle-même; toutefois les sels de cadmium et de nickel sont précipités par la métbylammine sans que celle-ci, ajoutée en excès, redissolve les oxydes métalliques formés.
1350. PRÉPAtlATION PAR LE CHLORHYDRATE DE TRIMÉTHYLAMMINE. — Le cblorliydrate de trimétbylammine (§ 135'2), porté à 280" ou 285°, se dédoulile en trimétbylammine, élber métbylcblorbydrique et cblorliydrate de monométliylammine (M. Vincent):
3(C-^IF)3AzIl^Cl = 2(CmUzIF -f 2G2U3GI -f (G-ll-)Azll'GI.
Les deux premiers de ces corps étant très volatils, le dernier reste seul dans l’appareil. On opère dans un ballon, que l’on cbaulfe au bain d’buile à la température indiquée, aussi longtemps qu’il so dégage des gaz. Ges derniers sont dirigés dans un flacon de Wouif, contenant de l'acide cblorbydrique dilué qui arrête la trimétbylammine. .Après refroidissement, on [lulvérise le résidu, on le traite par l’alcool absolu bouillant, dans un ballon muni d’un réfrigérant à reflux (fig. 313, § 1210), pendant une demi-bcure : le cblorliydrate d’ammoniaque reste insoluble. La solution alcoolique, filtrée et distillée, donne du cblorliydrate de monométliylammine ; celui-ci fournit la base libre quand on le traite }iar la }»otasse (,^ 1319).
I). — Triiiiédiylaiiiiiiinc.
P. mol. : G«lR\z ou (G'^Il^VLAzll^ = 59 = 4 vol. = (GIPRW.
1351. Alcali mono-ammoniacal ierliaire, liriaicie, doué d'une odeur repoussante de
1351. — TRIMÉTIlVLAMiMINE. Hü7
marée, découvert par M. W. Ilofmami. — Point d’ébullilion : 9”, 3. — Soluhililé dans l’eau considérable. — Très alcalin.
J35i2. Prép.\ra.tion. — La dislillatioa en vase clos des vinasses de bellerave, préalablement évaporées jusqu’à la densilé l,3i, fournil entre autres produits de l’ammoniaque et de la trimélbylammine. Ces alcalis sont séparés des autres corps qui les accompagnent, par combinaison avec l’acide chlorhydrique dilué, l.a solution de leurs cblorbydrales, évaporée jusqu’à ce que sa température d’ébullition soit 115°, donne par cristallisation un mélange de chlorhydrate d’ammoniaque et de chlorhydrate de trimélhylammine ; l’eau mère est une solution de chlorhydrate de triméthylammine, (jui ne contient pres(iue plus de sel ammoniacal, ce dernier étant à peu [irès insoluble dans une solution concentrée de l’autre sel. C’est celle eau mère sirupeuse, que l’industrie des salins de betteraves livre aux laboratoires. En la concentrant jusqu’à ce qu’elle bouille à 155®, elle donne, par refroidissement, le chlorhydrate de triméthylammine cristallisé (.M. Vincent).
Ce dernier sel, traité par la potasse, fournit la triméthylammine libre. On opère dans un ballon suivi, d’abord d’un tube à dessécher (C, lig. î214, § 429) contenant de la potasse causti(iue fondue, puis d’un apiiareil propre à li(|uéfier la vapeur de triméthylammine (lig. 83, § 145 ou aussi § 1180), et refroidi par un mélange réfrigérant. .\u moyen d’un tube à entonnoir, adapté au bouchon du ballon, on verse sur le sel de la lessive de potasse concentrée, puis on chaulfe doucement. En raison de son point d’ébullition peu élevé, la triméihylammine liquide ne se conserve qu’en vase scellé. Elle est combustible.
1353. La üissoliUioti aqueuse s’oblient de la même manière, mats en dirigeant dans un appareil de Woulf, contenant de l’eau, le gaz qui se dégage du ballon. On jieut encore faire réagir 30 grammes de chlorhydrate de Iriméthyiammine et 15 grammes de chaux vive pulvérisée, en opérant comme jiour l’ammoniaque (§587). Pour alisorher l’alcali engendré jiar les quantités précédentes de réactifs, 30 grammes d’etiu suffisent.
Cette dissolution présente des réactions qui rappellent beaucoup celles de l’ammoniaque.