TRAVAIL DL VERRE. i
dissous dans le moins possible d’alcool, et mélangeant le tout avec du charbon de bois en poudre fine, de manière à faire une pâte consistante et homogène ; on façonne cette pâte en baguettes de la grosseur voulue, que Ton fait sécher a 1 air.
Pour couper les tubes très larges, on se sert avantageusement d’un diamant de vitrier, monté de telle façon que sa partie coupante soit placée, non pas vers l’extrémité du manche, mais sur le côté. On introduit le diamant dans le tube jusqu’à la distance voulue et on trace mtéi'ieuremeiit un cercle entier. Quelques chocs extérieurs suffisent ensuite pour détacher les deux fragments du tube.
100. C’est qu’en effet une rayure pratiquée à l’intérieur d’un tube, provoque sa rupture beaucoup plus facilement qu’une rayure extérieure. Ce fait explique pourquoi les tubes de verre ne doivent jamais être nettoyés intérieurement à l’aide de tiges de fer: l’oxyde de fer les raye et les brise; il en est de môme de lotit autre corps dur. Aussi emploie-t-on pour cet usage des tiges de bois ou de cuivre.
Les lames de verre planes se coupent au moyen d’un diamant de vitrier que l’on dirige à l’aide d’une règle ou d’un compas.
161. 2° Percer le verre. — Le moyen employé dans les laboratoires pour percer un trou dans un objet de verre est celui dont l’industrie fait usage dans les mêmes circonstances. 11 consiste à appliquer à l’endroit voulu la pointe d’une lime triangulaire bien trempée ou d’un poinçon de même forme, et à imprimer à l’instrument un mouvement de rotation autour de son axe, en appuyant doucement mais constamment. L’acier attaque facilement le verre dans ces conditions si on maintient au point de contact un peu d’essence de térébenthine. Le frottement d’un foret dur, auquel un appareil mécanique approprié communique un mouvement de rotation, permet, en s’aidant toujours d’essence de lérébentbine , d’atteindre plus aisément le même résultat.
162. 3“ Chauffer le verre pour le ramollir. — Le cbauffage du verre peut être pratiqué avec lotis les brûleurs à gaz ; mais de préférence avec ceux qui consomment le gaz mélangé d’air, la flamme éclairante des autres déposant du charbon sur le corps cbaulle. Toutefois, à part quelques cas exceptionnels sur lesquels nous reviendrons, c’est du cbalumeau à gaz (§ 95) que l’on se «ert à peu près exclusivement pour travailler le verre ramolli par la chaletir; lui seul d’ailleurs donne une lempérattire suffisante dans tous les cas. Avec cet appareil (fig. 52 et 53), alimenté d’air par un soufflet mobile à pédale (fig. 5i), ou fixé
m VASES EMPLOYÉS DANS LES l.ABORATOIRES.
sur la lablc trûmailleur (Hg. 55), on peut varier à volonté la grandeur, la forme et la température du jet gazeux en combustion.
La llammea une température d’aulant plus élevée, que la quantité d’air qu’on lui envoie est plus considérable : lorsque sa couleur est d’un bleu vif particulier, la température atteint son maximum. Un objet de verre froid qu’on introduit brusquement dans cette llamme, s’écliauiïe inégalement et se brise presque toujours. Pour éviter cet accident, on commence par chaulTer doucement le verre en le tenant à une certaine distance au-dessus de la flamme et on l’agite de manière à élever sa température progressivement et assez largement autour du j)oint sur lequel on veut opérer; on le rapproche ensuite peu à peu de la llamme, dans laquelle on le plonge finalement, lorsqu’on ne craint plus une élévation trop brusque de température. En même temps, on tourne constamment l’objet sur lui-même de manière à le chaulfer aussi également que possible dans tout le voisinage de l’endroit à ramollir. S’il s’agit d’un tube, tenant les bras appuyés sur la table et les deux mains de chaque côté de la llamme, on supporte ce tube avec les doigts en évitant toute déformation, mais en lui imprimant un mouvement continu de rotation autour de son axe.
Le verre chaulTé pendant trop longtemps devient opaque tout en conservant sa forme : il se devilrifie. Cette altération est surtout rapide avec les verres riches en chaux et plus encore en magnésie : elle impose l’obligation de ne maintenir le verre dans la llamme du chalumeau que pendant le temps strictement nécessaire.
JG3. Le cristal exige de plus une précaution spéciale. Si la flamme est insutfisamment alimentée d’oxygène, elle renferme des éléments combustibles non brûlés ; ces derniers agissant à haute température sur le silicate de plomb du cristal, réduisent le plomb (pu donne à la masse une teinte brune, d’abord peu intense parce (|ue la réduction n’est que superficielle, mais se fonçant bientôt et devenant noire. Il est donc nécessaire de régler le chalumeau de manière à produire une flamme oxydante.
16U Le refroidissement du verre exige autant d’attention que son chaulTage. S’il est brusque, la matière perd sa solidité ou même se brise spontanément avant d’avoir atteint la température ordinaire. Toute pièce façonnée au chalumeau doit donc
être recuite avant relroklisseinent et protégée contre l’action trop rapide de l’air froid. Hans ce but, on la sort lentement de la llamme et on la maintient pendant quelque temps au-dessus de celle-ci, à la température du ramollissement commençant. Il résulte, en elTel, de ce qui a été dit plus haut (§ 153), que ce qu’il importe surtout d’éviter, c’est le rel’roidisscment brusque ou inégal dans le voisinage du point de solidification.
105. Border un tube. — Les tubes coupés présentent des bords tranchants qui sont dangereux pour l’opéi'ateur, qui atta- ({uent les joints de caoutcbouc auxquels on les raccorde, et qui de plus, enlèvent toute solidité au verre, des fentes extrêmement petites et qu’on ne voit que difficilement, se prolongeant sous des influences diverses et entraînant la destruction du tube. On obvie à ces inconvénients en bordant les tubes. Hour cela, on chaulfe leur coupure dans la flamme du chalumeau, en les tournant constamment autour de leur axe, de façon à les chauffer régulièrement, mais en ne portant le verre au rouge que dans le voisinage du bord. Aussitôt que celui-ci est arrivé au ramollissement, on arrête l’opération et on éloigne lentement de la flamme sans cesser le mouvement de rotation. Dès que le ramollissement a commencé, sous l’influence de la capillarité, un retrait s’est produit sur la matière, retrait qui exagéré tendrait à donner au verre une forme arrondie; son premier effet a suffi pour émousser les bords. En cbauflant plus longtemps, le verre fondu s’accumulerait au bout du tube, diminuerait progressivement l’orifice et finirait par le fermer entièrement.
166. fl est préférable, lorsque l’ouverture d’un tube doit porter un boui hon, d’évaser légèrement celle ouverture eu la bordant. A cet effet, on chauffe l’orifice du tube comme s’il s’agissait de le border, mais en le ramollissant sur une longueur de 2 ou 3 millimètres, puis continuant à le tourner autour de son axe, on frotte ses bords avec une tige de fer chaude, appliquée intérieurement et tenue inclinée sur l’axe du tube. Il est plus simple encore d’introduire dans le tube chaud cl animé d’un mouvement de rotation autour de son axe, un morceau de charbon de bois auquel on a donné, au moyen d’une râpe à bois, une forme conique ; le verre s’évase en s’appliquant sur la surface d’un cône.
1G7. Courber .un tube. — On chauffe ce tube très régulière-
ment sur une longueur égale à celle de l’arc qu’il doit décrire.
12i VASES EMPLOYÉS DANS \ES l.AnOP.ATOIRES.
Il est indispensable de ne pas cliaulTer trop fortement. Dés que le verre cède à un mouvement des mains, on saisit les parties froides près de la courbure à produire, et on leur imprime lentement une légère Hexion, en évitant les mouvements latéraux qui le déformeraient et en maintenant exactement tout l’ensemble dans un même plan. Si le verre, en se refroidissant, n’a pas permis de faire la courbure complète, on le cliaiilïe de nouveau, mais sans jamais accentuer le ramollissement. Quand la courbure est bien faite, le tube conserve dans toutes ses parties son diamètre en même temps que sa solidité (A, fig. 113); si le verre a été trop chaulfé sur le côté extérieur de la coin bure, il s’aplatit
extérieurement (0, fig. 113); s’il a été plus fortement ramolli vers l’intérieur de la courbure, il se plisse et produit un étranglement d’un autre genre (C, fig. 113); les tubes, irrégulièrement recourbés, se brisent sous une très faible traction. D’une manière générale, il est préférable de chauüér le verre sur une plus grande longueur et de faire des courbures à rayons prononcés. En outre, il est Tubes bien et mal courbés. pluS difficile dc TCllSSir (|ïKUld le
verre a été fortement cliaufle, les petits mouvements irréguliers des mains entraînant alors des déformations latérales. Un tube fortement ramolli, diminue de diamètre et tend à se boucher.
108. C’est pour la meme raison que l’on courbe souvent les tubes en les chaullDint, soit dans la llamme d’un bec de Bunsen qui est moins chaude que celle du chalumeau, soit et plus facilement encore, dans la flami^e plane d’un bec éclairant dit bcc papillon ; on donne au tube la position indiquée par la ligure 11 4, en le tournant sans cesse autour de son axe, puis on agit comme il a été dit plus haut. Pendant l’opération, il se recouvre dechai’bon, qu’on enlève aisément après refroidissement. On peut même, avec le brûleur-papillon, laisser le tube se recourber de luimême : si, en elfet, lorsqu’il est suflisammcnt chaud, on le lient