‹ Manipulations de physique; cours de travaux pratiques, professé a l'École supérieure de pharmacie de ParisChapitre 148 sur 299 · MESURE DU POUVOIR AMPLIFIANT · texte numérisé non relu

MESURE DU POUVOIR AMPLIFIANT

représentant le micromètre en dixièmes vu par réfraction et considérablement amplifié. Or, les deux images se superposant, il suffit d'observer la coïncidence des traits pour connaître le grossissement du microscope.

Supposons, en effet, que les dixièmes de millimètre, après le grossissement, recouvrent exactement les millimètres de Téchelle, il en faut conclure que la distance qui les sépare est devenue dix fois plus grande. En pareil cas, le grossissement est 10.

Supposons que, dans un autre appareil, les dixièmes de millimètre se trouvent tellement grossis, qu'une seule de leurs divisions suffise à recouvrir dix des divisions de l'échelle : c'est que la distance qui les sépare est devenue cent fois plus grande. Dans ce nouveau cas, le grossissement est 100.

D'une manière générale, si n est le nombre de millimètres de l'échelle qui se trouvent recouverts par une seule des divisions du micromètre, le gros-

^ ^ j . j r Fie- 200. — Chambre claire de

SlSSement G du microscope sera donné m. Nachet, représentée en pers-

parlaformuletrès-simple:G==nXlOO. P^cti^e dans sa monture et

adaptée sur le tube du micro-

Lorsque le grossissement que l'on scope. veut mesurer est plus considérable, on

remplace le micromètre en dixièmes de millimètre par le micromètre en centièmes. L'obsei^valion est un peu plus délicate; mais la mesure est tout aussi facile. Si les centièmes de millimètre, après le grossissement, recouvrent exactement les millimètres de l'échelle, le grossissement est 100. Il devient égal à 1,000, si une seule des divisions du micromètre grossi recouvre 10 divisions de l'échelle. D'une manière générale, n étant le nombre de millimètres de l'échelle qui se trouvent recouverts par une seule des divisions du micromètre, le grossissement G est donné par la formule : G = n X 100. Si m centièmes de millimètre occupent, après le grossissement G, l'étendue de n millimètres de l'échelle, on aura ^^ x G = n; d'où G =- ^^^T^-

Le grossissement, ainsi déterminé, n'est jamais exact, parce que l'image perçue n'est pas, comme on le croit généralement,

472 MESURE DU POUVOIR AMPUnANT.

repoilée à la distance de la vue distincte, mais à une distance moindre qui varie précisément avec le grossissement de Tappareil.

2" A Vaide de Voculaire micrométrique. — Cette méthode est plus exacte que la précédente , car elle permet de superposer les deux divisions de l'objectif et de l'échelle étalon dans l'axe même de l'appareil, c'est-à-dire suivant la ligne droite qui passe par le centre des lentilles grossissantes.

On prend une lame de verre plane, présentant 50 divisions distantes d'un dixième de millimètre, et on la fixe dans l'intérieur d'un tube oculaire en ayant soin qu'elle occupe sensiblement le foyer de la lentille supérieure, et que le grossissement que cette lentille détermine soit égal très-exactement à 40. De cette manière on a constamment sous les yeux une échelle dont les divisions sont d'un millimètre, et qui peut servir comme donnée invariable de comparaison.

Gela posé, on prend le micromètre objectif dont les divisions sont des centièmes de millimètre, et on le place sur la platine du microscope, de manière qu'après l'ajustement au point, son image vienne se peindre très-nettement au foyer de l'oculaire. L'œil, placé au-devant de celui-ci, aperçoit distinctement deux choses : ï" l'échelle en dixièmes, grossie par l'oculaire seul, et que l'on sait représenter exactement des millimètres ; 2^ le micromètre en centièmes dont les divisions, grossies à la fois par l'objectif et par l'oculaire, viennent se superposer sur les premières qu'elles recouvrent, et qui leur servent de mesure.

Ici l'image de l'échelle et celle du micromètre se trouvent toutes les deux dans l'axe de l'instrument, superposées dans un même plan, au foyer même de la loupe, en sorte que, pour des dimensions égales, elles sous-tendent le même angle sur la rétine.

La mesure s'effectue ainsi avec la même certitude que si, un compas étant descendu dans l'oculaire sans que ses pointes fussent grossies par le verre supérieur, on reportait l'ouverture correspondant à un centième de millimètre sur une règle graduée en millimètres. Il est évident, d'ailleurs, que la distance variable à laquelle l'image peinte sur la rétine se trouve portée par chaque combinaison d'objectif n'a aucune influence sur l'exactitude de la mesure, puisque les deux images se trouvant situées dans un plan

unique et sur un même axe sont grossies et reportées ensemble d'une manière inséparable.

Quant au petit calcul à l'aide duquel on arrive à connaître le grossissement par ce procédé, il est des plus simples. Supposons que chaque division du micromètre recouvre trois divisions de l'échelle étalon : puisque celles-ci sont distantes d'un millimètre, il en faut conclure qu'après le grossissement total du microscope,, chaque centième de millimètre occupe un intervalle de trois millimèlres. Ainsi O""» 01 X G = S™"" 00 ; d'où G = |j^ = 300.

11 est rare que les divisions extrêmes du micromètre oculaire coïncident exactement avec les divisions du micromètre objectif qui leur .sont superposées. On compte alors le nombre n des divisions de l'objectif auxquelles correspondent les 50 divisions de l'oculaire, et le rapport ^ donne avec une approximation trèsexacte le nombre de millimètres et la fraction de millimètre auxquels correspond, après le grossissement, chaque centième de millimètre du micromètre objectif.

Le grossissement, tel qu'il vient d'être calculé, représente évidemment le grossissement total du microscope. La mesure s'effectue, il est vrai, au moyen d'une échelle étalon graduée en dixièmes de millimètre; mais comme cette échelle est vue à travers une loupe qui la grossit dix fois, les dixièmes de millimètre deviennent, en réalité, des millimètres. La mesure, établie au moyen de l'échelle en dixièmes grossie par la loupe, est donc absolument la même que celle qui serait établie au moyen d'une échelle en millimètres, observée directement. Et l'on est ainsi fondé à dire que, lorsqu'un centième de millimètre, grossi par la microscope, devient capable de recouvrir 3 millimètres, le grossissement qu'il a éprouvé, et qui est égal à 300, est dû à l'ensembler des pièces qui composent le microscope, c'est-à-dire tout à la fois au système objectif et au système oculaire.

11 semble, d'après cela, qu'il soit facile d'établir la part qui revient à chacune de ces deux pièces dans le grossissement total. En effet, le grossissement total G étant égal au produit g X g' des deux grossissements de l'objectif et de l'oculaire, on peut poser g = ^ . Dans le cas actuel où G est supposé égal à 300, on a g = ^ =z= 30. Mais il faut remarquer que, dans tout oculaire biea

Mi OCULAIRE MICROMETRIQUE.

construit, il y a deux verres à considérer, savoir : le verre supérieur et le verre de champ. Et si le premier est le seul qui régisse le grossissement g' de l'échelle étalon, le second modifie nécessairement le grossissement g de Tobjectif, de sorte qu'il n'est plus possible de déduire celui-ci de l'équation g = ^, . L'effet du verre de champ est de rapetisser l'image réelle formée par l'objectif, et, par conséquent, de déterminer le grossissement de celui-ci. La valeur de g est donc nécessairement trop petite. Mais la réduction qu'elle éprouve est variable, quoique le verre qui la détermine conserve toujours la même position et la même puissance focale. La détermination exacte de g n'a, du reste, qu'un intérêt de curiosité scientifique.

En résumé, le grossissement, déterminé par le procédé du micromètre oculaire, n'est pas celui de l'objectif seul, mais celui de tout le microscope, objectif et oculaire compris. 11 représente l'image grossie d'abord par l'objectif, réduite ensuite par le verre de champ, qui en a rapproché les rayons divergents, et grossie de nouveau par le verre supérieur, qui est celui que l'on a sous les yeux. Mais, comme on ne peut obsei^ver sans oculaire, le grossissement de l'objectif seul serait tout à fait inutile à connaître.

Le principal inconvénient que comporte le procédé du micromètre oculaire résuite de la difficulté qu'on éprouve à obtenir des verres grossissant exactement dix fois. Malgré le soin qu'ont apporté dans ce genre de travail MM. Nachet, il existe encore des <lifférences assez notables entre les divers oculaires micromé triques qu'ils construisent. Pour donner une idée de ces différences, nous dirons qu'avec un même objectif associé à des oculaires qui tous avaient été réglés pour grossir dix fois, on a obtenu des grossissements variant entre 475 et 530.

Page 1