‹ Manipulations de physique; cours de travaux pratiques, professé a l'École supérieure de pharmacie de ParisChapitre 180 sur 299 · INFLUENCE DE LA TEMPÉRATURE SUR LE POUVOIR ROTATOIRE · texte numérisé non relu

INFLUENCE DE LA TEMPÉRATURE SUR LE POUVOIR ROTATOIRE

Influence de la température mr le pouvoir rotatoire. — Le pouvoir rotatoire moléculaire change avec la température, au moins pour un très-grand nombre de substances actives. Ainsi, pour le quartz, il augmente de 408' environ pour un échauffement de 70% ce qui tient à ce qu'il se dilate d'une manière différente, parallèlement et transversalement à Taxe. Pour les essences d'orange, de bigarade, il diminue d'une manière continue avec la température. Pour l'essence de térébenthine, au contraire, il demeure à peu près constant, la chaleur n'ayant d'autre effet que celui d'écarter les molécules, sans modifier aucunement la structure du système qu'elles forment par leur assemblage. L'acide tartrique, en dissolution dans l'eau, présente un pouvoir moléculaire qui croît avec la température, et reprend sa valeur primitive quand elle revient à son premier point. Biot a reconnu que, pour l'acide tartrique fondu et amorphe, la chaleur a aussi une influence marquée sur le pouvoir rotatoire qui agit vers la droite à 20% diminue ensuite à mesure que diminue la température, devient nul, puis a lieu vers la gauche, à 3" sous l'épaisseur de 0™,07 : la déviation est alors de — 3° 3 pour les rayons rouges. Le pouvoir spécifique des sels de quinine augmente aussi notablement et d'une manière passagère, pour des températures qui ne dépassent pas celles de l'atmosphère.

En ce (fui concerne les matières sucrées, le siicre de canne ^ dont le pouvoir moléculaire a été reconnu égal à + 73° 8 pour la température de 15% conserve ce pouvoir àpeu près intact, quand la température varie, même dans les limites les plus étendues des observations ordinaires.

Il en est de même du glucose ou sucre de fécule. Son pouvoir moléculaire, qui est de + 53" pour la température de 15% se maintient sensiblement le même à tout autre degré ; en sorte que, pour lui comme pour le sucre de canne, on n'a pas à se préoccuper de la température à laquelle se fait l'observation.

Mais lorsqu'on considère la lévulose ou sucre de fruit liquide^ on ne peut plus négliger l'action de la chaleur. MitscherUch a vu, en effet, que la chaleur modifie sensiblement le pouvoir rotatoire de cette espèce de sucre, à ce point que, ce pouvoir étant — 406° à la température de 15% n'est plus que —95" à 30% et — 53% c'està-dire moitié plus faible à 85\ Le décroissement que le pouvoir

53i ANALYSE DES MÉLASSES.

rotaloire éprouve peut être évalué à 0** 75 pour chaque degré dont la température s'élève au-dessus de 15\

Le sucre interverti étant ou pouvant être considéré comme un mélange à poids égaux de glucose dextrogyre et de lévulose, son pouvoir rotatoire doit s'affaiblir graduellement à mesure que la température s'élève ; et, puisque cette propriété tient au lévulose qu'il renferme, il doit s'affaiblir de ^ ou de 0*.375 pour chaque degré de température au-dessus de 45*. C'est, en effet, ce que l'expérience a confirme. A -|- 4 5" le pouvoir rotatoire du sucre interverti correspond à — 26' 5, et à 86° il tombe à 0^ A partir de ce point le pouvoir change de signe et devient dextrogyre, parce que l'action du lévulose ne peut plus contre-balancer celle du glucose qui a conservé, ou à peu près, son énergie primitive, et dont l'effet devient ainsi de plus en plus prédominant, à mesure que la température continue à s'élever au-dessus de 86°.

Par ces diverses raisons, il est indispensable de tenir compte de la température, lorsqu'on observe l'action que la mélasse exerce . sur la lumière polarisée après l'inversion. Nous allons voir comment cette influence est appréciée dans le dosage à l'aide du saccharimètre et des tables de Clerget.

Dosage du sucre de canne à Vaide du saccharimètre et des tables de Clerget. — 1° On pèse dans une capsule 49^^413 de mélasse (1), que l'on délaye d'abord dans une petite quantité d'eau versée peu à peu, et que l'on transvase ensuite dans un matras jaugé, en ayant soin de laver la capsule et d'ajouter les eaux de lavage. On verse dans le matras 15 à SO""* de sous-acétate de plomb liquide; on agite parfaitement et on complète, par l'addition de l'eau nécessaire, un volume total de 300''.

2* La liqueur précédente, étant débarrassée par fillration du précipité plombique qu'elle renferme, on la mêle avec la moitié environ de son volume de noir animal lavé et bien sec. Après

(1) On pourrait prendre, comme dans les essais de sucre de la manipulation préct»dente, i6«',4-7l de mélasse pour 100 centimètres cube» de solution. Mais, comme le charbon animai que l'on est forcé d'employer pour décolorer la liqueur, retient toujours, et nécessairement, une quantité considérable de cette liqueur on est obligé de tripler les doses normales ordinaires, et de prendre •i9«',413 de mélasse pour 300 centimètres cubes de dissolution. Le rapport entre le poids de matière sucrée et le volume de solution totale reste le môme, et on obtient la quantité de liquide nécessaire à l'opération.

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