CORRECTION DES RÉSULTATS
lièrement, et que K représente son coefficient de dilatation, c'està-dire la fraction du volume à 0" dont il augmente pour chaque degré du thermomètre, on a, d'après la relation qui existe entre les densités et les volumes d'une masse solide ou liquide dont le poids demeure invariable, Do : Dt ::i -f- K^ : 1, et on en déduit comme conséquence : Do=Di(l-|-KO.
Rien n'est donc plus facile que de calculer la densité d'un corps à 0°, quand on connaît sa densité à la température ^ Mais il faut admettre une dilatation régulière, ce qui n'a jamais lieu d'une manière absolue, surtout quand il s'agit de liquides volatils, ou de solides dont la structure est irrégulière. Le mieux est, sans contredit, d'opérer directement à la température de la glace fondante, comme nous l'avons indiqué d'ailleurs, en parlant de la densité des liquides.
DEUXIÈME SECTION
CONSTRUCTION DES ARÉOMÈTRES
Le nom d'aréomètres (1) s'applique, comme on sait, à des flotteurs verticaux destinés à donner, tantôt la densité, tantôt l'état de concentration, tantôt la composition des liquides dans lesquels on les plonge.
On en distingue deux sortes, suivant qu'ils sont à poids ou à volume variable.
Les instmments de la première espèce portent un plateau à la partie supérieure ; leur tige est grêle et ne présente qu'un seul trait de repère ; l'affleurement a toujours lieu au même point ; la densité s'apprécie d'après le poids variable qu'il faut ajouter dans le plateau pour déterminer l'affleurement. C'est à celte première catégorie que se rattachent les aréomètres de Nicholson et de Fahrenheit dont nous avons eu occasion de parler dans les manipulations qui précèdent.
Les instruments de la seconde espèce sont dépourvus de plateau ; leur tige est graduée dans toute son étendue ; l'affleurement a lieu en un point variable ; la densité s'apprécie d'après le volume de la partie plongée. A cette deuxième catégorie se rattachent les diverses espèces de pèse-sels, de pèse-acides, de pèse-sirops, les densimètres à poids constant, l'alcoomètre centésimal, etc.
Les aréomètres à poids variable sont d'un usage peu fréquent dans les pharmacies. Leur emploi exige deux opérations consislant l'une et l'autre à chercher le nombre de grammes et la fraction de gramme qui sont nécessaires pour établir un. état d'équilibre, ce qui demande tout à la fois un certain temps et une certaine habitude.
(1) Le mot d'aréomètre vient de apaio;, léger, et (xeTpov, mesure, parce qu*en effet les aréomètres n'avaient d*autrc objet, dans rorigine, que celui d'apprécier la richesse alcoolique des liquides spiritueux, et que cette richesse était précisément en rapport avec la légèreté spécifique des liquides.
CONSTRUCTJOiN DES ARÉOMÈTRES.
II n'en est pas de même des aréomètres à poids constant : leurs indications s'obtiennent directement et à simple vue. Il sulTit de plonger l'instrument dans un liquide et d'observer le point de la tige auquel a lieu l'affleurement : le chiffre marqué en ce point donne le résultat cherché.
Comme les aréomètres à poids constant sont les seuls qui portent une graduation, ce sont aussi les seuls que l'élève ait à construire dans le laboratoire de l'École de pharmacie. Leur construction est d'ailleurs trèssimple : il suffit, pour la réaliser, de choisir un tube aréométrique, de le lester et de le graduer.
Les tubes aréométriques que l'on trouve tout préparés dans le commerce ont la forme représentée ci-contre (fig. 33). Ils comprennent trois parties distinctes, savoir : l'aune tige creuse ab aussi cylindrique que possible, ayant en général 20 à 25 centimètres de longueur sur un diamètre de 5 à 6 millimètres ; 2* une partie renflée qui peut être sphérique, mais qui a le plus souvent la forme cylindrique figurée de ô en c ; 3* une petite ampoule d remplie de mercure ou de grenaille de plomb (1).
Le volume de la partie renflée bc et le diamètre de la tige ab varient selon l'usage auquel l'instrument est destiné, ou plus exactement selon le degré de sensibilité que l'on veut donner à ses indications. L'aréomètre est d'autant plus sensible que sa tige est plus grêle et sa partie renflée plus volumineuse ; mais il faut remarquer qu'à mesure qu'on augmente ainsi la sensibilité d'un
Fie. 33.
Tube aréométrique simple.
(1) Cette disposition du tube est nécessitée par les conditions générales qu'il doit remplir pour fonctionner comme aréomètre. Il faut, en effet : i" qu'il soit spécifiquement plus léger que le liquide dans lequel on le plonge ; 2* qu'en flottant à la surface de ce liquide, il s'y trouve toujours dans une position parfaitement verticale.
C'est pour remplir la première condition qu'on soude au tube ab la partie renflée hCj et c'est grâce au lest placé en d qu'on assure la verticalité de l'instrument. On ▼oit, en effet, à Tinspection de la figure 34, que le centre de gravité o de l'aréomètre se trouvant toujours au-dessous du centre de gravité i de l'eau déplacée, .les deux forces antagonistes, c'est-à-dire la pesanteur agissant de haut en bas suivant la directiôh og, et la poussée agissant de bas en haut suivant la direction if, ne peuvent être en équilibre qu'autant que leurs points d'application o, i se trouvent situés sur la même verticale.
aréomètre, on diminue le nombre des degrés interceptés par sa tige, et, par suite, celui des liquides auxquels sou échelle peut s'appliquer.
FiG. ^. — Disposition théorique pour montrer l'importance du lest.
La construction des aréomètres comprend deux manipulations distinctes : l'une est consacrée aux densimètres qui, depuis le Codex de 1866, ont remplacé les aréomètres construits d'après le système de Baume ; l'autre a pour objpt l'alcoomètre centésimal que le pharmacien emploie si fréquemment dans l'essai des alcools destinés à la préparation dès teintures.