BANDES D'ABSORPTION
lunette oculaire reçoit le spectre qui a traversé les quatre prismes, et qui émerge par la seconde face du dernier. Le tube micrométrique est lui-même disposé de manière à ce que les rayons qui portent l'image du micromètre, se réfléchissent sur la face d'émergence du dernier prisme, et viennent confondre leur foyer conjugué avec celui des rayons réfractés partis de la mire. Du reste, les quatre prismes sont mobiles, isolément ou ensemble, autour d'un axe vertical ; de sorte qu'il est toujours possible de ramener chaque couleur à sa déviation minimum.
Bandes (T absorption produites par V interposition de diverses matières colorées. — Lorsqu'on place un verre coloré devant la
FiG. 249 — Spectroscope polyprisme. Fie. 250. — Coupe d*un spectroscope
à quatre prismes.
fente du spectroscope, il est facile de voir que ce verre absorbe toutes les couleurs complémentaires de celle qu'il transmet. Dans le cas d'un verre rouge, tous les rayons autres que le rouge sont arrêtés, et leurs places dans le spectre se trouvent marquées par autant débandes noires dont la position peut être facilement déterminée par l'échelle du micromètre.
Si, au lieu d'un verre rouge, on emploie tout autre écran, un liquide coloré par exemple, on obtient des bandes d'absorption qui, bien observées, deviennent caracteristiques.de la matière qui les a produites.
Pour observer un liquide coloré, on le verse habituellement
58i OBSERVATION 1)1' SANG AU SPECTWOSCOPE.
dans une pelile cuve de verre à faces parallèles (fig. 251), et on dispose cette cuve devant la fente du spectroscope (1).
Observation au spectroscope de la matière colorante du sang. — Un intérêt particulier s'attache à l'observation de la matière colorante du sang. Lorsqu'on mêle une ou deux gouttes de ce liquide avec 4 ou 5 grammes d'eau, et qu'après avoir introduit le mélange dans la petite cuve de verre dont il vient d'être question, on place celle-ci devant le collimateur du spectroscope, on reconnaît FiG. 251.— Cuve en verre daus Ic spectre produit deux larges bandes derd'Sption' *"'"" obscures dont la position est constante et invariable. Toutes deux sont situées entre les raies D et E (fig. 252, II) ; mais l'une est dans le jaune et l'autre dans le vert. En réglant l'appareil de manière que le spectre total occupe 100 divisions, et que le point 40 du micromètre coïncide exactement avec la raie D du spectre solaire (fig. 252, I), on peut déterminer avec précision la place et le nombre des divisions occupées par chacune de ces bandes.
Cette propriété de fournir deux bandes d'absorption disposées comme il vient d'être dit appartient à Yhémoglobine ou globule sanguin combiné à l'oxygène. D'après Hope Seyler, un liquide qui ne renferme que i^^ d'hémoglobine, examiné sous une épaisseur de O^jOl , présente encore nettement les deux bandes. Dragendorff a reconnu que cette assertion est parfaitement exacte, à la condition, toutefois, d'opérer sur du sang frais.
L'hémoglobine possède un second caractère que l'on doit toujours chercher à constater. Sous l'influence d'agents réducteurs, comme l'hydrogène sulfuré, le sulfure d'ammonium, le tartrate acide d'étain, le sulfate ferreux, etc., les deux bandes disparaissent pour faire place à une bande unique (fig. 252, III), située dans une position intermédiaire entre les deux bandes précédentes et, par
(i) On p?ut encore se servir des petits flacons à faces parallèles que ron trouve chez les parfumeurs, et qui permettent d'observer le même liquide, sous des épaisseurs variables. Mais rappareil le plus convenable serait un vase qui, comme le lactoscope de M. Donné, donnerait le moyen d'augmenter ou de diminuer l'épaisseur de la couche liquide, tout en conservant le parallélisme des deux faces opposées.