CHOIX ET CHLORURATÏON DU PAPIER
La face poslérieure de ce même châssis est constituée par deux planchettes de bois EE\ mobiles l'une et l'autre autour d'un axe transversal au moyen de charnières représentées en CC Deux pièces fixes SS' servent d'attache à deux fermoirs RR' qui permettent d'ouvrir à volonté l'appareil ou de le maintenir fermé.
Dans ce dernier cas on donne au fermoir la position R'. 11 presse d'une manière continue sur le ressort Ô', et par suite sur la planchette E' qu'il maintient hermétiquement close : l'adhérence entre les deux pièces interposées se trouve ainsi garantie par cette pression même.
Si l'on veut au contraire ouvrir l'appareil, on donne au fermoir la position R. Toute pression cessant sur le ressort 0, on peut sou lever la planchette E; on ne dégage en réalité qu'une moitié de l'appareil, et la pression subsistant tout entière pour l'autre moitié^ aucun déplacement n'est à craindre entre le cliché et le papier sensible dont il est recouvert.
Détail du procédé opératoire. — i° Choix et chloruration du papier, — Choisir un papier blanc mince de Saxe ou de Rives, collé à la gélatine ou à la résine (1), et retendre par sa face la plu unie sur le bain suivant :
Chlorhydrate d'ammoniaque 5 grammes.
Eau ordinaire 100 — (2)
Prolonger le contact pendant 3 minutes. Retirer du bain et sécher complètement entre des doubles de papier buvard.
(1) La nature du papier exerce une grande influence sur la couleur de Tépreuve au sortir du châssis à reproduction. Il existe aujourd'hui des maisons spéciales où ron trouve des papiers fabriqués tout exprès pour la photographie. On trouve môme de» papiers recouverts à l'avance d'albumine et de chlorure de sodium, ce qui supprime le traitement actuel et permet de les immerger directement dans la solution d'argent.
(2) On filtre cette solution dans une grande cuvette carrée eVi verre ou en guttapercha (fig. 265). Saisissant alors la feuille de papier par son extrémité, on présente
FiG. 265. — Cuvelle en gutta -percha.
sa face la plus unie au liquide, et on la fait adhérer d*abord par son milieu, pais | les parties extrêmes que l'on abaisse régulièrement et alternativement.
612 SENSIBILISATION DU PAPIEIl.
2** Sensibilisation du papier. — Le papier étant recouvert de sel ammoniac, le poser par sa face chlorurée sur le bain suivant:
Nitrate d'argent 20 gn^anunes.
Eau distillée 100 — (1)
Maintenir le contact pendant 4 à5 minutes. Faire ensuite égoutter le papier et le suspendre par un de ses angles pour le sécher complètement.
Cette seconde opération s'eflectue dans Tobscurité ou dans une pièce éclairée d'une lumière jaune (2).
S" Disposition des épreuves dans le châssis. — Placer sur la glace du châssis à reproduction le cliché obtenu dans la manipulation précédente, en ayant soin que la face qui n'est pas couverte decollodion soit précisément celle qui touche cette glace. Appliquer sur le cliché le papier sensible qui doit en recevoir l'empreinte, et lui donner une disposition telle que sa couche impressionnable soit en contact immédiat avec la face collodionnée du cliché.
Fermer alors le châssis. Les ressorts 00' pressent à la fois sur les deux pièces et les maintiennent exactement appliquées Tune contre l'autre.
A"" Exposition à la lumière. — Exposer la glace du châssis à l'action du soleil ou de la lumière diffuse (3). Le papier sensible
(1) L'expérience montre que si lo titre de la solution d'argent n'est pas supérieur à celui de la solution salco, l'épreuve reste grise et sans vigueur. Il faut donc, à mesure que le bain d'argent s'appauvrit par l'usage, compenser les pertes successives qu'd éprouve par des additions correspondantes de nitrate. Nous ferons remarquer, toutefois, que si le titre de 20 pour 100 paraît nécessaire lorsqu'on fait usage de papier albuminé, celui de 15 pour 100 peut rigoureusement suffire lorsqu'on emploie le papirr collé ordinaire.
Quant à la manière de plonger le papier dans le bain d'argent, elle est exacti^nent la même que celle que nous avons indiquée pour Tinimersion dans le bain salé. La seule précaution que nous devions ajouter est celle d'expulser complètement les bulles d'air qui adhèrent à la surface du papier.
Quand on a préparé un grand nombre de feuilles sensibles, on les superpose entre des doubles de papier buvard, et on les emploie aussi promptement que possible, attendu qu'elles ne tardent pas à noircir, même en dehors de la lumière, par l'action réciproque cl spontanée des éléments chimiques dont elles sont pénétrées.
(2j Les rayons chimiques n'agissent pas, à beaucoup près, aussi énergiquement sur ce papier sensible que sur lecollodion à l'iodure d'argent. Aussi n'a-t-on rien à craindre en opérant à la lumière jaune.
(3) Le papier au chlorure d'argent se colore peu à peu sous l'action de la lumière : il
VIRAGE DE I/ÉPREUVE. (Îi3
reçoit cette action dans tous les points qui ne sont pas interceptes par les noirs du cliché. On prolonge l'exposition jusqu'à ce que répreuve ait acquis la teinte et l'intensité nécessaires.
Le temps que ce résultat exige varie nécessairement selon que la lumière est plus ou moins vive(1).
5* Virage de Vépreuve, — Extraire Tépreuvc du chAssis. La plongerpendantquelquesminutes dans Teau distillée et l'y retourner plusieurs fois pour favoriser l'imbibition du papier et la dissolution du nitrate d'argent qu'il contient. La soumettre ensuite à un lavage sous un filet d'eau jusqu'à ce que le liquide qui provi(»nt do ce lavage ne donne plus le moindre trouble par les chlorures alcalins.
La plonger alors dans un bain de virage ainsi composé :
Chlorur«) d'or i granuiu;.
Phosphate de soude cristallisé 20 ((rainiiies
Eau distillée 1000 — (2)
Introduire dans une petite auge en porcelaine la quantité de ce liquide qui est nécessaire pour l'immersion complète de l'épreuve.
devient successivement bleu pâle, bleu pourpre, pourpre foncé, noir, noir grii niétullisé, olive.
On ouvre de temps a autre une des inoiti«*!i du châssis pour juger do la nuance que présente répreuve. 11 est nécessaire que la teinte à laquelle on n'arrAte Hoit plu» foncée qne ceile qu'on veut obtenir ; car elle diminue par les traitements successifs auxquels elle est soumise, et le fixateur surtout lui (>nlève beaucoup de sa puisMuice.
(1) L'exposition à la lumière donne lieu à ilcux remarque» pratiques très-iuqiortantes :
i* Si le cliché que l'on emploie à la préparation du \tOn'iiif Nur papier est récem-' ment verni, il faut, de toute néct^ssiUs ofiéritr à la liiiiiièn* difTii»'*. ï/a chaleur de» rayons solaires aurait pour effet de ramollir les vcriiiH <'t d'établir une udh/'riMice fâcheuse entre les deux épreuvifs.
2* Le papier sensible que l'on applique sur le cliché doit ^im parfuit«'in<«nt sec; s'U en était autrement, rhumidit'; ft'échapinrrait di;s nhres tlu pupii'r, «<' coudi'usi'ruit sur la couche collodionnée, H le niirat<* d'ari^nit ;ie turdffrait pus a uoin'ir rfpreuvit négative.
Pour la même raison, on doit avoir le plu» yirutui »</in, »i 1» contact di's iïi*u% épreuves doit se prolon^«;r |H;ndant la nuit, df placi'r h chAisi» dan» itu lieu chaud et sec, pour éviter U>ute amiimn^Atum de «afi^rur ti'i-an tmr l<i clich/'.
(2) On fait dissoudre séparAfnent |f*s ilmn àf.U, fl ou niA|c i'u»uil«' le» tii*iin dUsolii* lions. Aucun précipita n** »e foniM; au iwmu'ni lir ïftii ni/'liiut(c i tutti» la ti>int<f JauiM> s'affaiblit graduellement, et au l^^/ut ti uin' Ufnu'. I'* liquidi^ c»! devenu tout k fail Uicolore. C'est à ce nHKnent qu il convient d'cmph/yer ïf hiiJn dn ^iiuyr , lur, avuiit !•' terme de sa décoloration, il agit t^mnn*' niiiiplti «olutioM de tUiimur d'oi rtil a, c<;iiiiint celle-ci, rinconv^nient d«f rougir IV'pi.'uvi.',
La solution dont il s'agit tUni ét^ua àUa i/ii'iMi<'M depui» unu ht'-uir nu moins ( nais
Gli FIXAGE DE I/ÉPREUVE.
On voit la leinlc de celle-ci se modifier peu à peu et donner par virage un très-beau ton noir qui marque le terme auquel on doit cesser l'immersion.
Extraire alors Tépreuve du bain et la soumettre à un nouveau lavage àTcau distillée.
6'' Fixage de V épreuve. — Fixer définitivement l'épreuve à l'aide de l'hyposulfite employé comme il suit :
Hyposuldte de soude cristallisé 1000 grammes.
Eau distillée 4000 —
Cette solution étant versée, dans une grande cuvette, immergez-y répreuve et maintencz-la plongée pendant 10 à 15 minutes (I). Au bout de ce temps, l'hyposulfite a dissous la totalité du chlorure d'argent, et l'image n'en retient plus aucune trace : on s'en assure par le moyen indiqué plus haut. Lavez alors l'épreuve d'une manière parfaite et complète, en la plongeant d'abord et h plusieurs reprises dans de grandes cuves remplies d'eau ordinaire, et en l'exposant ensuite sous un filet d'eau distillée, jusqu'à ce que le liquide qui s'écoule ne donne plus le moindre trouble par le bichlorure de mercure.
il ne faut pas ropcndant qu'elle le soit trop loiiglcmps à ravancc. Elle peut, sans doute, se conserver pendant plusieurs jours, mais il est préférable de ne la préparer qu'à mesure du besoin et pour la journée môme où elle doit être employée.
Le chlorure d'or qui figure dans la formule peut être remplacé sans inconvénient par un poids égal de chlorure double d'or et do sodium, sel cristallisé que Ton trouve très-pur dans le commerce.
Il est mieux, pour l'usage des manipulations, d'avoir deux solutions préparées à
l'avance, l'une de phosphate de soude au —, l'autre de chlorure d'or au — - . Au rao-
ment de procéder à l'opération du virage, on mêle quatre parties en poids de la première solution avec une partie de la seconde. La réaction s'établit et le mélange se décolore graduellement. On humecte alors Tépreuvc avec une solution concentrée de chlorure de sodium que l'on étend à sa surface au moyen d'un pinceau, et on la plonge dans le bain de virage quand celui-ci est complètement décoloré.
(1) On reconnaît «luc l'épreuve est incomplètement fixée, ou, en d'autres termes, qu'elle retient encore du chlorure d'argent non décomposé dans ses fibres, à ce que l'image, placée entre Tœil et la lumière, laisse a])ercevoir un poivré général dans ses blancs. On ne doit enlever la feuille du bain fixateur que lorsque ce caractère a complètement disparu.
H est bon de faire observer qu'une même solution d'hyposulfitc de soude ne peut servir iiue pour un nombre limité de positifs, et que toutes les épreuves qui y seraient plongées au delà de ce nombre seraient sujettes à jaunir sous rinfluencc de l'air et de la lumière.