‹ Manipulations de physiqueChapitre 3 sur 304 · VI * PRÉFACE · texte numérisé non relu

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précises; et on ne peut méconnaître qu'elles laissent dans son esprit une empreinte plus solide et plus durable.

Parmi les grands établissements d'instruction publique, l'École supérieure de Pharmacie de Paris est un de ceux où l'enseignement pratique a été le plus anciennement appliqué. Déjà, dès l'année 1830 (1), plus de quarante élèves étaient admis à manipuler, dans cette école ; et depuis lors le succès qu'elle a obtenu dans cette voie sous la vive impulsion de son directeur, M. Bussy, n'a fait qu'étendre et développer les bienfaits qu'elle en avait déjà recueillis.

La chimie toutefois a longtemps formé le sujet exclusif de ces manipulations. C'est en 1 855 seulement que M. Robiquet, alors professeur agrégé à l'École supérieure de Pharmacie de Paris, organisa lés premières manipulations de physique. M. Jules Régnauld, nommé professeur en 1858, continua, en la développant, la tradition laissée par M. Robiquet; et lorsque je fus chargé moi-môme de l'enseignement en 1861 , je crus devoir donner une importance toute nouvelle à une institution que je considérais comme étant de première utilité pour lies élèves.

Ce n'était pas sans une certaine inquiétude que l'École consentait à mettre eiitj'e des mains novices et complètement inexpérimentées des appareils de précision dont le prix est toujours très-élevé et dont le maniement exige souvent les précautions les plus minutieuses. Les première essais furent nécessairement empreints d\ine certaine timidité; ik portèrent d'abord sur un petit nombre d'élèves et sur un petit nombre de mani-

(I) Depuis quelques années, renseignement pratique a pris, en France, un Irès-grand développement. Au Muséum, au Collège de France, à la Sorbonno, à la Faculté de Médecine, partout se .sont élevés des laboratoires de hautesétudes ou d*enseignement qui sont destinés, soit à vulgariser la science, soit à en favoriser le progrès. Nais il ne faut pas oublier que l'École supérieure de Pharmacie de Parjs marchiiit déjà dans cette voie depuis plus de trente ans, •

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pulalions. Mais bientôt la marche devint plus réguncTC et

mieux assurée , et renseignement pratique de. la physique

acquit un développement si rapide que, dans les dernières

années, plus de cent élèves y prirent part. Il est à peine nécessaire de faire ressortir les avantages

que ces manipulations peuvent offrir au pharmacien. Un des points les plus importants pour lui est de constater l'idenlilé des corps, de s'assurer de leur pureté, d'analyser et de reconnaître les mélanges frauduleux dont ils peuvent être Fobjet ; d'apprécier enfin les altérations que le temps ou les circonstances peuvent apporter dans leur nature propre. De pareilles questions peuvent ôtre résolues dans la plupart des cas par les procédés de la physique comme par ceux de la chimie; et cependant c'est presque exclusivement à cette dernière science que le pharmacien s'est jusqu'ici adressé pour en obtenir la solution. C'est qu'en effet la chimie se contente ordinairement d'appareils simples et peu nombreux, et n'oblige pas à l'emploi des formules algébriques que comportent avec eux la plupart des procédés physiques.

Cette dernière difficulté n'existe plus aujourd'hui. En môme

temps que la physique a simplifié ses méthodes, le pharmacien

aélevé graduellement le niveau de ses connaissances et s'est

rendu familiers les calculs que les procédés nouveaux rendent

encore nécessaires. Le moment est donc venu pour lui de

puiser laidement à cette nouvelle source. La physique offre,

d'ailleurs, cet immense avantage de ne modifier ni la

constitution intime, ni môme les caractères extérieurs des

corps qu'elle examine ; de telle sorte que, quand elle a épuisé

sur eux tous les moyens d'action dont elle dispose, elle peut

les présenter purs et inaltérés à l'action des forces chimiques

qui s'exercent à leur tour, mais dont le premier effet est de les

désoi'ganiser et de les détruire.

Les manipulations que l'on peut emprunter au domaine de

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la physique sont nombreuses et variées. Mais dans un cours qui s'adresse particulièrement îi des pharmaciens, il ne doit être question que de celles qui leur sont d'une utilité immédiate.etdont ils peuvent tirer des avantages dans Texercicc de leur profession. Le résumé que je présente dans cet ouvrage

renferme quarante-trois manipulations relatives : 1" aux propriétés {lénérales de la matière; 2"* à la ckileiir; 3" à \ électricité; 4*" à la lumière. Depuis qu'elles s'exécutent sous mes yeux, j'ai pu me convaincre qu'elles réalisent les applications les plus importantes et les plus utiles que la physique puisse offrir à la pharmacie; c'est cette conviction, jointe aux sollicitations d'un grand nombre de personnes, qui m'a décidé a publier ces notes que je n'avais d'abord rédigées que pour me servir de guide dans mes leçons de physique expérimentale.

Les douze premières manipulations sont consacrées aux propriétés générales de la matière. L'élève apprend à déterminer avec exactitude la densité des différents corps solides, liquides, gazeux. En ce qui concerne les premiers, il met en pratique les procédés très-divers qui s'y rapportent, suivant qu'ils sont imperméables à l'eau comme le soufre, solubles comme le sucre, poreux comme la craie, ou qu'étant de nature organique comme l'amidon et les poudres végétales, ils ne peuvent supporter l'immersion dans aucun liquide. Cette étude pratique des densités se trouve complétée par la construction des diverses espèces d'aréomètres et de densimètres qui sont d'un usage si fréquent dans les pharmacies. L'élève acquiert ainsi des notions précises sur le jeu des instruments, et surtout sur le sens réel qu'il convient d'attacher à leurs indications. La détermination des densités de vapeur nécessitant une connaissance exacte de la pression atmosphérique, nous avons consacré une manipulation tout entière à Vobservation du baromètre^ en indiquant avec détails toutes les corrections que

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