DU TRADUCTEUR
Ces deux mots , — dixième édition , — pla cés en tête d’un ouvrage, me paraissent être la meilleure garantie de son mérite ou de son utilité ; on ne peut contester ces qualités au livre dont je donne aujourd’hui la traduction et quj a obtenu en Angleterre un immense succès. L’auteur, M. Charles Walker, secrétaire de la Société électrique de Londres , a profité habilement des avantages que lui offrait sa position , nul mieux que lui n’était à même de réunir de riches matériaux. Aussi a-t-il fait un petit livre qui contient presque autant de faits que de mots. Certes on pourra composer de plus gros traités sur le même sujet, je doute fort qu’on parvienne jamais à en faire de plus substantiels. M. Walker nous conduit des principes aux applications , les unes découlent naturellement des autres et le lecteur n’est jamais embarrassé pour expliquer un phénomène.
« Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement,»
a dit le législateur de la poésie. Ce précepte, légèrement modifié, est d’une application générale. On exécutera sans peine les expériences galvanoplastiques , lorsqu’on sera bien pénétré des préceptes élémentaires contenus dans cet ouvrage.
a J’ai voulu , dit l’auteur, aplanir la route, » pour que mes lecteurs puissent la parcourir » sans être arrêtés par le moindre obstacle, a — En effet, la route est devenue si unie , que personne n’hésitera à s’y engager et que tous pourront atteindre le but.
Sans vouloir en aucune façon dénigrer l’admirable découverte de M. Daguerre, je pense que félectrotypie a une tout autre importance; des applications déjà nombreuses suffisent pour dévoiler l’immense avenir qui lui est réservé : d’ailleurs, sans parler de son influence sur les arts, n’offre-t-elle pas un délassement aussi agréable que la photographie? Des opérations simples, faciles et presque toujours suivies d’un beau résultat, remporteront sans doute sur les manœuvres délicates et les nombreux caprices du daguerréotype. Je crois vraiment que l’époque n’est pas bien éloignée, où nous verrons félectrotypie occuper le rang quelle mérite et devenir le délas-
sement privilégié des amateurs. Peut-être ce temps serait-il déjà venu, si nous possédions un traité spécial sur cette matière; mais les seuls renseignements que l’on puisse se procurer, sont disséminés dans les recueils scientifiques et ne suffiraient pas pour guider les commençants. C’est ce dernier but surtout que s’est proposé M. Walker en publiant son traité ; avec un guide aussi clair, la galvanoplastie n’est plus qu’un jeu. Les amateurs y trouveront les moyens de revêtir de bronze les statuettes de plâtre, de reproduire les médailles les plus rares, d’argenter et de dorer, de graver les épreuves daguerriennes, etc., etc. Il fournira des renseignements précieux aux personnes qui voudront opérer sur une plus grande échelle.
J’ai cru devoir terminer par des notes intéressantes extraites des ouvrages de MM. Spencer, Smee, etc. ; elles complètent ce livre et en font un véritable Manuel de Vèlectroty piste.
Il est probable que d’autres publications suivront la mienne : s’il en est ainsi, je me féliciterai doublement d’avoir entrepris ce travail ; car j’aurai fait connaître en France un excellent ouvrage et j’aurai donné la première impulsion à la
publicité que méritent les nouvelles applications du galvanisme.
Un mot encore au sujet delà traduction. L’auteur anglais a tout sacrifié à la lucidité ; j'ai fait de même, c’était mon devoir de traducteur.
— Le succès de cette traduction, dont il a été vendu plus de trois mille exemplaires en quelques mois , m’engage à en faire paraître une nouvelle édition, et m’impose en quelque sorte le devoir de communiquer au public toutes les nouvelles connaissances que j’ai pu acquérir soit par la lecture des travaux publiés récemment, soit par ma propre expérience.
Ainsi que je l’avais prévu, plusieurs ouvrages ont paru à la suite de ce petit livre; et il n’y a pas long-temps encore qu’on a mis en vente un Traite de galvanoplastie , dont l’auteur anonyme a cru devoir faire de nombreux emprunts au travail de M. Walker. Je ne relèverais pas cette circonstance, flatteuse pour l’auteur anglais, si l’on n’avait négligé parfois de faire connaître la source de ces emprunts , parmi lesquels je citerai seulement la manière de construire l’appareil de Daniel! au moyen du galvanisme. Au reste, je
n’ai pas l’intention de faire ici la critique de cet opuscule , le public est le meilleur juge en pareille matière.
J’ai ajouté un grand nombre de notes à celles qui accompagnaient la première édition : il était indispensable de faire connaître plusieurs nouvelles solutions d’or et d’argent, ainsi que les moyens de cuivrer le fer et l’acier; opération qui précède l’application des métaux précieux, et sur laquelle on n’avait pas donné les renseignements nécessaires. J’appellerai surtout l’attention des amateurs sur les nouveaux moyens de graver les métaux. La métallisation des statuettes laissait beaucoup à désirer , les procédés de décapage n’étaient pas suffisants, etc. Enfin, il fallait mettre ce livre au niveau des connaissances nouvelles et faire disparaître les imperfections qu’il pouvait contenir. Au surplus, sans m’étendre plus longuement sur ce sujet, je laisse à mes lecteurs le soin de décider si cette seconde édition mérite le même accueil que la première.
Aux personnes qui se plaindraient de ne pas réussir, je répondrai que plusieurs amateurs ont obtenu de fort beaux résultats en suivant à la lettre les indications de ce traité. Je citerai
surtout M. Denaut, qui ne s’était jamais occupé de galvanoplastie et chez lequel j’ai vu des médailles argentées qui ne le cèdent en rien, sous le rapport de la pureté et du mat, à ce que les graveurs et les orfèvres produisent de plus parfait par les procédés ordinaires.
Je ne terminerai pas sans offrir mes remercîments à M. Hue, amateur distingué qui a bien voulu me communiquer la plupart des renseignements dont j’ai pu enrichir cette nouvelle édition.
ÉLECTROTYPIQUES.