POURQUOI CETTE BROCHURE
Les renseignements sur Manitoba ne manqüent à personne aujourd hui. Ilest paru assez de brochures/en anglais et en français pour faire connaître les avantages aussi bien que les désavantages de ce pays. Je crois donc quil est assez difficile
' d'ajouter quelque chose de nouveau à ce qui en a déjà été dit. Aussi, ce n’est pas du nouveau que je [riens annoncer en publiant cette brochure.” Le seul but que/j'ai en vue, est tout simplement de corroborer les témoignages exacts donnés jusqu'ici en faveur de Manitoba. : Je connais ce pays pouï l'avoir habité pendant vingt-deux ans ; c'est bien assez pour avoir en - le temps d'y faire des observations, et des comparaisons d'üne année avec une autre; ce que ne permet pas de faire un séjour E de quelques semaines. Jamais on ne pourra bien connaître ce pays sans l'avoir habité pendant des années ; et comme ellés ne se ressemblent pas toutes, ce n'est pas avant une dizaine dannées qu'on peut établir une moyenne et faire un rapport très exact. .
Parmi ceux qui ont visite ‘Manitoba dans les voyages d'excursion, tous ne sont pas revenus afec 1ë8 mêmes impressions. Les uns se sont trouvés dans des circonstances et des. condi. Dee tions-pour envoir tourle beau côté: les ‘autres, au contraire, n’en ont vu que le côté désavantageux: « De là des rapports — différents. Ceci ne doit pas nous surprendre; dans une visite de quinze jours, que peut-on connaitre d'un pays. aussi vaste que le Nord-Ouest, D'ailleurs, les différences d'opinions sur serblable sujet ù datent pas d’anjourd'hui, La terre promise était, d’après l'écriture, uñ pays où coulait . le lait et le miel, et cependant sur douze explorateurs, envoyés
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LES TER .gran.
par Moise pour reconnaître la contrée, deux seulement firent un rapport exact, les dix autres en faisaient une description si ’ + terrible que ‘le peuple de Dieu était découragé et voulait retourner en Egypte.
“Je ne viens pas dire que Manitoba est la terre promise mais je viens affirmer que c'est une terre fertile au-delà de tout ce qu’on peut dire, et que des fermiers intelligents et laborieux y feront, à la lettre, couler des ruisseaux de lait. Déjà l'expérience-en-est faite. Ceux qui cherchent à déprécier Manitoba en ne faisant gpnnaître que ses inconvénients, n'agissent pas - honnétemodŸ pas plus qu'un homme qui ne voit que les défauts de-soïiprochain-sans-tenir-ancun-compte-de-ses-bommes-—— qualités. - Voltaire méprisait le Canada et conseillait au roi de France de se débarrasser de ces quelques arpents de neige. Aujourd'hui ces arpeñts de neige sont devenus un des beaux pays du monde. ; Dans les contrées les plus favorisées de la nature on rencontre infailliblement des inconvénients. Le paradis terrestre est fermé depuis la chute d'Adam; il ne faut pas s'attendre à le - retronvei à Manitoba. Là comme partout ailleurs il ya compensation ; ce que l’on perd d'un côté on le gaguè de l’autre, Tout mortel dans ce pays est obligé de travailler; personne .ne doit s'attendre à s'y trouver grand seigneur en arrivant : D mais il ya une chose certaine, c'est qu'avec la mème somme de travail on y arrive plus tôt à une honnête aisance que dans . beaucoup d’autres pays. .
Ce qui m'a toujours frappé le plus, pendant. les vingt-deux années que j'ai passées à Manitoba, c'était l’aïsahce dans la un -quelle vivaient les gens-sans s'adonner -beaucoup'äü travail.” "On reprochait un jour à quelqu'un de perdre du temps. Monsieur, répondil-il, si nous travaillions comme ailleurs par ici nous serions {op riches.
Dans le cours de l'été dernier, un bon nombre de personnes, qui formaient le projet .d'émigrer à Manitoba, sont venues me - Consulter ét me demander des renseignements sur ce pays. Je « voulais, quelquefois, les renvoyer, pour plus de détails, à la brochure si complète de M. T. À. Bernier, de St. Boniface : ;
mais presque ‘toujours on me disait : Je n'ai pas le temps de lire une longue brochure et puis j'aime mieux 'en: ‘rapporter à ce que vous me direz : vous avez vécu longtemps par là et
“vous n'avez aucun intérêt à embellir les choses ; je ferai ce que * vous me direz ; c'est pour cela que je suis venu vous con-
sulter. , ’
INGONVENIENTS ET AVANTAGES.
À tous, j'ai dit la vérité, sans rien exagérer, j'ai parlé des
——inconvénimts-commedes-avanteges-qui-se-reneontrint-à Ma
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nitoba. et je suis persuadé que les colons dirigés par moi à Ma-. “ nitoba ne m'accuseront pas.de les avoir trompés. ° . Toute personne n'est pas.en état d'aller s'établir au Nord-
Ouest : j'ai. dû nécessairement conseiller à quelques- uns d'y tenoncer ; mais à la plapartj j'ai dit MAllez-vots établir au Ma- . hitoba.
Je viens de Lire, sur un journal canadien une lettre d’un
sav ant publiciste d'Europe qui me confirme dans l'idée, qu’en
effet c'est bien au Nord-Ouest que les émigrants canadiens doivent se porter. Voici un extrait de cette lettre :
“ Une partie de vos frères, dit-il, a pris le chemin des Etats- “ Unis; elle a suivi sans doute l'inclination naturelle qui mène “ les ces du noïd au midi, mais elle s’est complètement trom-
“ pée de direction. C’est du midi au nord qu il faut aller. Le “ nord; jette. un défi à votre bravoure, il faut l'acespter “ froidement, c'est. le cas de le dire, et y aller de bon cœur. Le “ septentrion. appelle vos fourmillières d'enfants. devenus
hommes. - Qu'ils s'élincent et percent d'ouire en outre ces
« # sn “’immensités. Ce travail, c’est’ votre préservatif contre le ra-
“ mollissement ; c'est la garde de votre vertu ; et de l'obstacle ” “ vaincu, vous ferez le trophée de votre victoire, Ne dités pas :
“que l'atmosphère trop froide abat votre courage ; l'atmos- “ phère, vous la contraindrez à s’adoucir. Autrefois la Gaule “ était affligée d'une température qui a du reculer. jusqu'aux “ pays scandinaves. La flore et la faune des plus froides “ régions occupaient en maîtres nos campagnes. Par l’aména-
La
‘74 donc, Canadiens, et partez...
- “ gement des eaux et des forêts, les moines ont posé les bases
“ de tous les progrès. Vous avez devant vous. cet exemple. “ Vous êtes un peuple de croyants, une fprte race. Levez-vous
L'année dernière, en écrivant la vie de Mgr Provencher, premier missionnaire à la Rivière Rouge, en 1818, il m'est tombé sous la main plusieurs de ses lettres, dans lesquelles il rend compte aux évêques de Québec des observations qu'il faisait sur le pays. J'y remarque que plusieurs des inconvénients qui nuisaient dès le commencement à la ‘colouisatidn, ont disparu peu à peu.
‘ Le travail qui se fera dans le Nord.Otest amènera très certainement des changements climatériques comme la chose est arrivée dans diverses contrées de. l'apcien‘imonde,
Les pages que j'adresse aujourd'hui aux émigrants sont le résumé des ‘observations que j'ai été à même de faire pendant mon long séjour à Manitoba. L'unique but que je me propose est d’être utile à mes compatriotes qui peurent se créer un si
. bel avenir dans ce bon pays. Aucun intérêt personnel ne me
pousse à leur donner ce congeil, ‘Je n'ai aucun capital engagé dans-Manitoba. Je n’habite plus ce pays, mais je l'aime . toujours et je suis'sous l'impression que tous ceux qui s’y rendront avec du courage et sans pr éjagés n'auront jamais à regretter leur démarche. ù
Pour mag engage fortement tous ceux qui se rouveroht dans les conditiohs que je signalerai plus loin, à partir sans crainte pour le Nord-Ouest. Sur leur chemin, ils rencontreront des mécontenis qui déblatèreront contre Manitoba ; quel est le pays au monde où il n'y a pas de mécontents ; on trouve de ces gens-là partout ; il faut en prendre sôn parti; mais ils trouveront aussi, et en grand nombre; des hommes d'esprit et ‘de jugement,-des hommes intelligents et laborieux qui leur diront ce que je dis:dans:cetté brochure. À coup sûr, ils ver- 1ont à Manitoba des gens qüi, par leur trâvail et leur économie, se sont créés un sort enviable. Qu'ils prennent l'exemple de ceux-ci. . |
ARTICLÉ fre D. qu SONT CEUX QUI DOIVENT EMIGRER A MANITOBA ?
R.—A vant tout, c ce sont des les culiivatenrs. La principale chose à exploiter pour le moment, c’est le sol: il faut donc des fermiers pour le faire valoir, et non des avocats. Quand le pays sera peuplé de bons cultivateurs, alors les hommes de profession y auront leur place ; pour le moment il y en à assez de cette classe. :Les hommes de métier, tels que les menui-
siers, les charpentiers, les forgerons, les maçons y trouveront
assez facilement de l'ouvrage. Les botnes servantes et en particulier les cuisinières, trouveraient des salaires passablement élevés. Les spéculateurs sur les terres, qui de tout temps ont été la plaie du pays, Kéront mieux de n’y pas aller. D'aillèurs ils y auraient peu de chance aujourd'hui pour ce commerce.
D.—Quelles raisons doivent décider un cultivateur à partir
pour Manitoba !?
.R—Lss pères de famille qui n'ont pas le moyen d'établir leurs enfants et qui craignent de.les oir partir pour les factories, ne doivent pas hésiter à partir pour Manitoba du moment
. qu'ils peuvent réaliser de 1,000 à 1,500 piastres. Dans ce
pays ils trouveront avant longtemps les moyens de fixer tous leurs enfants sur des terres. Ce motif en a déjà déterminé un
grand nambre, qui n’a qu à s'en féliciter aujourd'hui."
À ceux qui n'ont rien je n'ai pas de conseil à donner. Il y en a qui sont allés ä:Manitoba sans autre avoir que leur con-
fiance et leur courage, et qui ont réussi à amasser quelque .
chose. Dans ce cas cest à à chacun à’ se décider lui- même, Ce- ‘ pendant je n' aviserais pas une famille qui n' a rien du tout à
courir uù pareil risque.
- IL'est assez difficile de préciser quelle somme il faut à chacun pour commencer. Le tout dépend de bien: des circons-1 tances. Les uns sont venus avec $100, d' autres avec $200, etsont bien installés aujourd'hui. Je connais à St. Norbert üne famille française quin raait pas cent piastres à son arris ée, et
RARREREENLPE are rot ren jt