‹ Manitoba et ses avantages pour l'agriculture [microforme]Chapitre 15 sur 41 · DES · texte numérisé non relu

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les limites, en gagnant l'ouest, alors la qualité du sol varie, f \ a encore des vallées presqu'aussi fertiles que celle de la Rivière. Rouge mais il y a aussi des terres Sablonneuses moins propres à li culture du blé, C'est à l'émigrant à visiter ces endroits avant que d'üller S'y fixer, La zone fertile continue cependant dans la direction Nord-Ouest, en gagnant Prince- Albert,

D, A Manitoba la terre est-elle facile à cultiver ?

I. Extrémement facile, puisque généralement il n'y a aucun défrichement à faire, Dès la première année qu'un colon se fixe sur une terre, il peut commencer à labourer, Il n'y a point d'arbres à abattre, ni de souches à extraire, ni de fossés à faire, Son premier labour sur la prairie est d'abord pour casser le gazon : on appelle cela casser de la terre,

D.—Peut-on semer quelque chose sur ce premier labour ?

R.—On peut faire ce travail à n'importe quel tenps de l'été ou de l'automne, C’est au fermier à choisir le temps qui lui conviendra le mieux.

Une chose qui rend encore facile la culture des terres à Manitoba, c’est l'absence complète de pierres dans les champs. A Manitoba, jamais la charrue ne va heurter contre le plus petit caillou, C’est de plus un grand avantage pour conserver en bonne condition tous les iustruments aratoires,

Le fermier à Manitoba n'est pas seulement exempt du défrichement, mais de plus du drainage. Il n'y à point de rigoles dans un champ. A part quelques fossés utiles pour dessécher les endroits bas, le sol n'exige aucun travail pour l'écoulement des eaux.

Un cultivateur accoutumé à sillonner sa ferme en tout sens par de petits canaux est tout étonné en arrivant à Manitoba, de voir que la plupart des champs n'ont nullement besoin de ce drainage. Cette absence de rigoles dans un champ présente encore un avantage pour les moulins à couper legrain, L'égalité du terrain rend 4 marche de la faucheuse plus douce et l'expose moins à déranger les rouages.

C'est quelque fois un coup d'œil charmant, que de voir fonctionner plusieurs faucheuses ensemble, sur une grande ferme. Quand ces machines entrent dans une pièce de blé d’un mille ou deux de long et qu'elles marchent les unes à la suite des autres, on dirait que la moisson se fait comme par enchantement, Dans l’espace de quelques heures ces champs immenses où l’on voyait

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onduler les épis se trouvent couverts de petites gerbes bien liées et prêtes à mettre en meules, Il y a loin de là à la faucille d'autrefois,

D,—Quels sont les grains qui conviennent le mieux au sol de Manitoba ?

R.—C'est le blé qui réussit le mieux, le sol de Manitoba est peut-être au monde celui qui produit la meilleure qualité de blé, et il le produit en abondance, Le blé de Manitoba est le plus recherché sur les marchés d'Amérique et d'Europe, Aussi les commandes sont nombreuses, Tout le blé à Manitoba aété vendu l'an dernier au prix moyen d'une piastre le minot,

Maintenant, quoique le blé soit le grain qui convienne le mieux au sol de Manitoba, ce n’est pas à dire pour cela que les autres grains n’y réussissent pas; au contraire, ils y croissent en abondance et sont d’une excellente qualité, Il n’y «x que le sarrasin que je n’ai jamais vu cultivé dans ce pays.

D.—La terre y est-elle propre aux jardinages ?

R.—Les légumes, pendant les années pluvieuses, y atteignent une grosseur prodigieuse, tellement qu’il faut les voir pour le croire, [1 y à quelques années, on à exposé à St. Boniface un chou-de-Siam du poids de trente-six livres. Les patates, les betteraves, les carottes, les choux, les oignons dépassent en urosseur tout ce qu’on à jamais vu ailleurs, Cependant le bléd'inde (maïs) n’y réussit que passablement ; en général les épis sont pas longs et pauvrement fournis de grains, Ceci n'empêche pas qu’il s’y cultive.

D.—De quelle qualité est le foin ? peut-on y cultiver le mil ?

R.—Le foin du pays qui pousse naturellement dans les prairies est certainement d’une qualité inférieure au mil qu'on récolte en Canada ; cependant il nourrit bienles chevaux, et vaut beaucoup mieux que la paille pour les bêtes à cornes. Les troupeaux hivernés au foin du pays sont tous gras au printemps. Les chevaux qui ont à faire de longues routes, ou des travaux fatigants ont besoin d’une plus forte ration d'avoine pour suppléer à ce qui manque de nutritif à cette espèce de foin sauvage.

La très grande facilité qu'on à eu jusqu’à présent à trouver du foin dans les prairies, à empêché les cultivateurs de travailler à faire des prairies artificielles. Il n’y à pas le moindre doute que Ja graine de mil semée dans les champs croîtrait tout comme

au Canada, mais il faudrait en renouveler souvent la semence, Le peu de neige qui tombe en hiver ne préserve pas la racine du mil contre les gélées tardives, La terre au printemps se découvre trop tôt, et les racines du trèfle et du mil en souffrent, C’est un inconvénient auquel on ne remédiera qu'en ayant SOÏY de refaire les prairies quand le foin du pays deviendra rare,

Une plante fourragère qui réussirait à merveille à Manitoba (l'expérience est faite), c'est la luserne, espèce de trèfle dont la racine résiste très bien aux gelées du printemps, Cette plante croît rapidement et on pourrait en faire deux récoltes par été. Les bêtes à cornes sont friandes de ce fourrage,

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