LES TROIS FEMMES
Revenez, Guillot, revenez,
Vous allez vous casser le nez !
La prudence est bonne à tout âge,
Ne vous risquez pas davantage,
Dieu sait où nous mène un faux pas,
Ah ! cher ami, n'en faites pas !
BRÉTIGNY
Allons, Guillot, laissez mademoiselle, Et revenez, l'on vous appelle!...
GU I LI*OT, à Brétigny et aux îemmes.
Oui, je reviens dans un moment.
A Manon.
Ma mignonne, un mot seulement !
BRÉTIGNY
Guillot, laissez mademoiselle!...
GUILLOT, bas, à Manon.
De ma part, tout à l'heure, un postillon viendra...
Quand vous Ta percevrez, cela signifiera :
Qu'une voiture attend, que vous pouvez la prendre...
Et qu'après... vous devez comprendre...
^escaut vient de rentrer et se place devant Guillot, au moment
où ce dernier se retourne et se dispose à rentrer dans le p*
villon.
LESCAUT
Plaît-il, monsieur?
guillot, épouvanté.
Monsieur?
AClfc, PREMIER i$
LESCAUT
Eh Dieni'
Vous disiez?
GUILLOT
Je ne disais nen!
BRÉTIGNY et LES FEMMES.
2>e retire.
Revenez, Guillot, revenez, Vous vous êtes cassé le nezi...
Etc.
Ils rentrent tous er riant dans .c pavillon.
LESCAUT
Il vous parlait, Manon?
Ce n'était pas ma tau te,
LESCAUT
Certes I et )"?\ de vous opinion trop haute Pour me fâcher.
LES GARDES
Eh bien, tu ne viens pas?
Les cartes et les dés nous attendent là-bas...
l6 MANON
LESCAUT
Je viens, mais à cette jeunesse Permettez d'abord que j'adresse Quelques conseils tout remplis de sagesse !
LES GARDES, résignés.
Ecoutons la sagesse.
LESCAUT, à Manon.
Regardez-moi bien dans les yeux!
Je vais tout près à la caserne, Discuter avec ces messieurs De certain point qui les concerne.
Attendez-moi donc un instant, Un seul moment.
Ne bronchez pas, soyez gentille, Et n'oubliez pas, mon cher cœur, Que je suis gardien de l'honneur De la famille !
Si par hasard, quelque imprudent Vous tenait un propos frivole, Dans la crainte d'un accident, Ne dites pas une parole.
Priez-le d'attendre un instant, Un seul moment...
Ne bronchez pas. Soyez gentille, Et n'oubliez pas, mon cher cœur, Que je suis gardien de l'honneur De la famille !
Aux gardes.
Et maintenant, allons ; voyons à qui de nous