ACTE DEUXIÈME
LESCAUT
Retenez-moi! retcncz-moi!
Je sais de quoi je suis capable, Quand il faut punir un coupable'
Retenez-moi ! retenez-moi !
Ah! chevalier, je meurs d'effro:!
Je le sens bien! je suis coupable, Son regard courroucé m'accable.
Ah! chevalier, veillez sur moil
BRÉTIGNY
Lescaut, vous montrez trop de zèlel Expliquez-vous plus posément.
Soit, j'y consens.
A Des Grieus.
Mademoiselle Est ma cousine, et je venais très poliment... DES GRlEUX, ironique.
Très poliment?
LESCAUT
Très poliment^ Oui, je venais très poliment Dire : monsieur, sans vous chercher querelle.», Répondez : Oui, répondez : Non, Voulez-vous épouser Manon?
BRÉTIGNY et LESCAUT.
La chose est claire ;
Entre lurons
Et bons garçons, C'est ainsi qu'on traite une aâairel
BRÉT1GNY, à Des Grieux, riant.
Eh bien, êtes-vous satisfait?
DES GRIEUX, de même.
Ma toi, je n'ai plus de colère, Et votre franchise me plaît, A Lescaut.
Je venais d'écrire à mon père...
Montrant sa lettre.
Avant qu'on y mette un cachet, Vous lirez bien ceci, j'espère...
LESCAUT
Voiontiersl Mais, voici le soir...
Allons tous deux, pour y mieux voir, Nous placer près de la fenêtre, Et là nous lirons votre lettre...
Il remonte vers le fond avec Des Grieux. Brétigny se trouve près de Manon.
MANON, à Brétigny.
Venir ici sous un déguisement !..
BRÉTIGNY
Vous m'en voulez?
Certainement...
Vous savez que c'est lui que j'aime 1
1 BRÉTWtfY.
J'ai voulu vous avertir, moi-même, Que ce soir de chez vous on compte l'enlever, Par ordre de son père I
Par ordre de son père I