ENSEMBLE
Air dn Mousquetaires,
Ut COMIUNBKUIU L'instant de lâ folie Rapide va s'enfuir.
Ménsgeoas dans 1s vie Les heures du plaisir.
LISCAOT
Amis, puisque ts vie Dès datntin peut Gnir,
Vidons jusqu'à Is lie Le coupe du pleisir.
ma estera, 6 m d Ifun.
En Tain U sois me prie.
Je n'y puis consentir ;
D’une telle folio Le ciel peut nous punir.
MANOU
A mes vaux, je t'eu prie.
Daigne rncor obéir.
Apria cette folie Je vaux me convertir.
DU CRIECX.
Manon, toi que j'adore Je t'rn prie, à genoux Partons!..
Mi ROM.
l’ne heure encore Et je suis toute à vous.
lsscaot et ut coiuumiecji.
ÜAlons-Bou s
REPRISE DE L’ENSEUDLE.
DU GRIEUX
Encor celte folie,
11 faut y cooaeutirl A maîtresse jolie
Comment désobéir ? * (fl * ’aetie d. )
le commandeur, aux valets, qui ont empli les verres.
Allez, et dites à messieurs les violons de nous donner du dernier tendre.
Quoi! vraiment l
MANON
LESCAUT
Oui, c'est monsieur le commandeur qui paye les violons. {On rit.) A votre santé, commandeur.
LE COMMANDEUR
A celle do la belle Manon, que je ne vis jamais aussi gaie.
Maron, butant.
Oh! moi, commandeur, quand jo suis heureuse, uu gaieté éclabousse tout le monde.
LE COMMANDEUR
Et vous ôtes heureuse, co soir? {Il reut lui baiser la main.)
MANON, boa.
Commandeur, prenez garde! devant mon frère! (Elle a retiré sa main au Commandeur et donne Fautred Des Gneux.)
LE COMMANDEUR
C'est juste ! c'est juste ! (Des Grieux baise la matit de Manon.)
LESCAUT
Buvez donc, commandeur. (Il % 'erse.)
LE COMMANDEUR
Laissez.... laissez! {Regardant Manon.) F.lle est charmante! De quoi riez-vous, belle Manon? ( Des Grieux rit aurti.) Ah! ah! le jeune houiiuo commence à s’egayer. l)o quoi riez-vous, belle Manon?
LESCAUT
Commandeur, ma cousine lit d’une histoire que jo lui racontais tout à l’heure.
LE COMMANDEUR
Une histoire?
LESCAUT
Scandaleuse.
LE COMMANDEUR
Bravo! j'adore ces petites choses-h», moi; racontez-la-moi. Ah! diable! mais ce jeune homme! (ZfuranC.j Ah! baih! ça le formerai
LESCAUT
C'est une histoire arrivée à un commandeur. Buvez donc.
Hein?
LESCAUT
Ah! tiens! c'était aussi un commandeur; seulement, il ôtait vieux.
Ah!
Oui, et fort laid.
Il s'en trouve.
LS COMMANDEUR
LESCAUT
LE COMMANDEUR
LESCAUT
Oui, il y en a... Buvez donc. U se croyait aimé d’une jeune fille, belle...
LE COMMANDEUR
Comme mademoiselle Manon?
LESCAUT
Absolument. Alors... (Fiersant.) Buvez donc, commandeur.
LR COMMANDEUR.
Laissez, laissez. Alors?..!
DES GRIEUX, bas.
Quand serons-nous loin d'ici ?
LESCAUT
Un soir...
MANON, bas.
Jo t’aime! (Elle Fembrasse; le Commandeur et retourne; die lui rit au naz.)
Lescaut, le faisant retourner de son côté.
Regardez- moi donc, commandour.
le commandeur, qui «'en fait rien.
Oui, oui.
LESCAUT
Ah ! d'abord quand on no ruo regarde pas je ne peux pas conter.
le commandeur, profondément distrait par la gaieté de Manon . Ah!
■anon, lui retournant la ift*
Mais regardcz*lo donc !
Allons, je tous regarde. Vous disiez qu'un soir...
LESCAUT
lin soir, comme le commandeur venait souper avec sa belle, il trouva un galant installé b sa place.
LE COUUAM'tUR.
Bah!
LESCAUT
C’est drôle, n’eît-ce pas ?... Buvez donc.
LE COMMANDEUR
Eu..
LESCAUT
La petite commère, pas du tout embarrassée, cacha l'amoureux derrière le frère.
LE COMMANDEUR, Uf» peu CtOUrdi.
Il y avait donc un frère?
LESCAUT
Mais non.
LE COMMANDEUR
Vous me dites...
MANON
Sans doute. Supposez quo mon frère ne soit pas mon frère, ol que...
Cest ça. [Manon rit, De a Grieux en fait autant.)
LE COMMANDEUR
Ah! j'y suis! aht j'y suis! ah! ah ! ah!
LESCAUT
C’est drôle, n'est-ce pas?
LE COMMANDEUR
Oui; mais c'est invraisemblable.
LESCAUT
Cest pourtant arrivé il n'y a pas longtemps.
LE COMMANDEUR
Et il n'a pas découvert... c'était un fler imbécile. A sa santé. LESCAUT.
A la vôtre, commandeur. [Tout U monde trinque avec lui.) Le plus plaisant, c’est quo pendant tout le temps quo dura le souper le vieux commandeur n'osa pas baiser le bout des doigts do sa belle.
LE COMMANDEUR
Ah t ah 1 ah ! (A/anon rit à se tordre.) C’est trop fort.
Manon, riant.
N’est-ce pas? Ahl ahl ah t
le commandeur, la regardant
Ah 1 ah ! oh ! Elle est charmante ! (Il veut lui prendre la main.)
manon, la retirant et lui montrant Des Grieux. Monsieur 1
Cest juste !
lvscaut, continuant.
Tandis que le frère... Buvez donc.
LB COMMANDEUR
Mais il y avait donc un frère ?
LESCAUT
Mais non. sacrebleu!... Tenez. (Lui montrant Des Grieux qui embrasse A fanon.)
le commandeur, us peu gris et tris-hébélé par ce spectacle. Oui, je vois; eh bien?
LESCAUT
Eh bien, supposez qu’il ne soit pas sa seour, non, qu'elle ne soit pas son frère... enfin, qu’il ne soit pas ma cousine... Sacrebleu 1 vous ne comprenez donc rien ?
le commandeur, prenant tout à fait son parti.
Si, si. Ah! ah! ah!
LESCAUT, chantant et bavant.
Air ne liteau de M. Coudera.
Vins génértui.
Propos joyeux !
Coules, coules des flacons et dos livres ,
Caivres-aous de vos bxcliique* Givres Viai généreux I (bie)
des grieux, gui causait bas avec Manon.
Oh I partons, partons.
le commandeur, qui commence à parler d'une voix pâteuse.
Et enfin?
LESCAUT
La bollo s’est enfuie avec son frère.
le commandeur, s'endormant.
Vous voyez bien qu'il y avait un frère.
LESftkCT.
Mais non. Buvez donc.
LS commandeur.
Laissez, laissez. (Il s'endort peu à peu.)
lekact , chantant à mi-voix.
Pour le fruit des coteaux Désertant vos roseaux.
Faunes, venex vous suspendre k nos treilles
(Üaiuant ta voix.)
Pour combler tou vos vaux,
Bacchantes aux doux yeux.
Silène • mis les amours en bouteilles.
ENSE3IBLF., deux fois.
Vins généreux, etc.
(Ixtmul a baissé peu d peu (a voix, la reprite te fait en tourdine et va tu t éteignant avec la voix du Commandeur. De» Grieux et J/anon te Lèvent doucement et fout en eAanlanf te dirigent vert la porte.)
LE C0MMAN9ECR, •« réveillant à demi.
Vins généreux!...
(lit t arrêtent; mais le Commandeur continue bat et ta voix sVleinf foui d fait. Lescaut ouvra ta porte. Des Grieux et 3!anonvont sortir. Synnelet parait)