MATOIS
Cher bien-aimé, soyez raisonnable.
FRiNcOLin, qui est descendu.
Il y a dix minutes.
dis cnipcx.
Comment ?...
FlUNCOUN, OUfC conpicrfoi».
H y a dix minutes.
dis cm ira.
Ah! tenez, tenez!... (Jf ta» donne encore de farjenf.)
FRANCOLIM.
Vingt pistolw, vingt minute». (Il remonte, à part.) S’il a autant d'argent que d’amour...
uanon til allée l'asseoir à gauche. Det Grieux revient prit <T elle.
Henirez dati» ce monde, que la coupable Manon vous avait tait quitter; allez, un croira que je suis morte, et l'on oubliera que vous m'avez aimée.
DIS GRIEUX
Qu’importe qu’on l’oublie, si moi jo m’en souviens toujours? MANON.
Vous oublierez comme le3 autres ; un amour dont vous serez fier chassera bientôt celui dont vous aviez à rougir.
DES GRIEUX
Manon!...
MANON
Tu te marieras, tu épousera»...
DSS GRIEUX.
Tais-toi.
MANON
Tu sais, une de ces nobles dames que nous admirions ensemble; elle pourra l’aimer 2» la face de tous, et loi tu pourras t’enorgueillir do tes enfaols, car Manon ne sera pas leur mère. dis c- ai EU X.
Manon, tu mo fais mal.
MANON
Ah! c’est bien beau ces amours-là; c’est dommage qu’il n’y en ait pas pour tout le mondo.
DSS CR1BUX.
Manon, pourquoi me dis-tu tout cela? Tu sais bien que je ne veux pas lo quitter.
MANON
Mais moi je veux quo tu rao quittes. Ça mo tait do la peine, jo ne peux pas to dire lo contraire, mai» n’importe, il lo faut, obéis-moi, j'y gagnerai encore, va... car là-bas, près do toi, je soullrirais de tes regrets ; loin do loi, je serai heurouso do ton bonheur.
dis grieux.
Manon !
trancoun, çu» o auoncé *0 montre et qui est descendu.
Il y a vingt minutes.
DPo CRI eux.
Déjà!
francoluc, monfront ta* aïjuïllre accepta» de conctefio» que jamais.
Au moins! ( Lui faisant signe de venir avec lui) Allons, voyons, si vous voulez, je vous vend» le tour du cadran ?*
DBS GRIEUX.
J’accepte. (Il lu» donne ta tourte.) Tenez, prenez, c’cst tout ce qui me reste.
FPANCOLIN.
Jo vous laisso; j’ai affaire là-haut. ( A part.) Avec ces pisloleslà, jo vais gagner celles do Lescaut. (A AJanon.) Mademoiselle, songez qu’on vous garde à vue ; n’essayez pas aeproudro votre volee.
DBS GRIEUX.
Non, oon, je vous lo jure. Allez. ( Francolin disparaît par l'ctcalier.)
manon, qui s'est rapprochée de des Grieux.
Pauvre ami! il ne to reste plus rien? Eh bien, j’en suis houreuso ; tu ne oourra» plus mo suivre.
DES GRIEUX
Pourquoi? Mais je m’engagerai à bord du bâtiment... je servirai... je me ferai valet.
MtNUN, avec un cri.
Valet! ah! tais-toi, tafc-toi! Quittons-nous, todis-jo» il 1® tau!» je le veux; adieu ! (Arec effort et retenant ses larmes.) Et quand vous vous marierez, eh bien, si vous lo voulez, gardez mon souvenir comme on gordo un portrait de maîtresse ; accrochez-le
' dans un polit coin de votre cœur, et retournez-le de peur que votre femme no le voie; car ello souffrirait, et il ne faut pas. 1 (Laissant aller sa tête sur la poitrine de des Gneux.) Lo il est pas sa tauto si tu m'as tant aiuico. (Tout à coup l’enlaçant et avec passion.) C’est égal! ello viendra trop tard. J’ai tout pris, moi, dans celte moisson d’amour ; jo n’ai rien laissé aux glaneuses.
DES GRIEUX
Manon, ma chère Manon, n’est-ce pas que tu mourrai» si Je suivais tes conseils ?
Manon, après un regard et avec un élan passionné.
Jo crois quo oui. Hein ? commo je suis taibloet lâche, jo voulais to convaincre, et puis jo no sais comment cela s’est fait... enûn je n’en ai pas eu la furce; voilà tout. Oh! pardon, je nai pas même la vertu do me sacriûer pour toi. (Des Gueux terre Manon dans tes bras ; Lescaut paraît en Août de T escalier.)