‹ Manon Lescaut drame en cinq actes, mêlé de chantChapitre 48 sur 54 · SCENE VIII · texte numérisé non relu

SCENE VIII

LECOMTE. LE CHEVALIER, MANON, sur les premières marches qui conduisent à la chambre des femmes ; elle s'est arrêtée chancelante et manquant de force an moment d’y entrer.

LE COMTE, il est ccnu s'asseoir à gauche.

Monteur, je me suis laissé persuader do quitter ma solitudo pour venir une dernière fois vous montrer ccs cheveux blancs que vous déshonorez.

DES GRIEUX

Mon père!...

LE COMTE

C’est è vous do décider si en continuant vo 3 désordres, vous achèverez ma ruine et me frapperez du dernier coup.

DES GRIEUX

Mon Dieu!...

LE COMTE

J’attends voire réponse.

manon, à part.

Quo va-t-il dire ?... (Elle s'appuie sur la rampe , immobile et pâle.)

DES GRIEUX

Mon père... je vous en conjure ne m’accablez pas deeetto îroido colère... ai vous pouviez lire au fond do mon ciuur... vous auriez pitié do moi.

le comte.

Encore uno fois. c’c 9 t do moi que jo vous demande si vous comptez avoir quelque pitié.

des crieux.

Eli bien ! mon père, priez, suppliez le Ci-1 qu’il m’orracho au feu qui me cuntumo; obtenez uo lui qu'il nie guérisse do co fuuiaio amour l

manün, à part, tressaillant .

Funeste I

LE COMTE

Monsieur I

DES GRISUX.

Eh ! cst-ce ma faute, h moi, si Manon me paraît plus belle quo la vertu?

le comte, se levant.

Malheureux !

DES GRIEUX

Mon père...

L8 comte, le repoussant.

J’cn sais assez. (Il fait un pas pour sortir.)

des ctUEL’K, ne jetant aux pieds de ton père.

Non... vous ne mo laisserez pas ainsi; je suis votre enfant, l’rtnfantquo vous aimez : eh bien! si lo Ciel m'eût frappé d’une maladie douloureuse, viendriez-vous mo maudire pour mes souffrances et mes cris? Je souffre, mon pèro, je sens que mon esprit thaucolle, quo ma raison s’égare... ccl amour fut lo premier et sera le dernier de ma vie.... oh! je ne m’en plains pasl mes douleurs sont mêlées à d’inépuisables délices, car j'auno et je suis aimé !...

LE COMTE

Aimé d’une fillo perdue t...

dis crieux, se levant.

Elle... ah! si vous pouviez la voir !

LE COM TB

Qui... mof...

des crieux, çuia fait un mouvement et qui aperçoit Manon, court à elle et fait iront d lui.

Tenez, mon père... tenez, regardez-lal

le comte, sc détournant.

Mes regards no la purifieraient pas.

DIS GRIEUX

Mon Dieu I

manov, te dégageant.

Laissez, je m’en vais 1 je m’en vais! (Elle ea en chancelant au petit etcalier qu’elle gravit arec effort.)

le comte, après un moment de tilenc*.

Des Grieux. (Il lui prend la main : Manon aperçoit ce mouvement, s'arrête encore et écoute.) Mon tils... regarde-moi 1

MANON LESCADT.

Des larmes î

EK S GRIEUX

LC comte, l'attirant dans tes bras.

Mon enfant, voilà bien longtemps que io pleure... et li tu ▼oyais ta mère !

DES GRIRLX.

Mo mûre. (Des G ritux a poussé un cri étouffé et reste un tnitanl la ttle cachée dans le sein du vieillard ,)

MAN O»

Pauvro Manon ! tes amours sont finis. (En ce moment Us chansons des buveurs se font entendre. Elle fait un moutemmf et parait éclairée d'une pensée subite.) Ah! (Elle redescend, traverse la setne d'un pas rapide et s’élance par le grand escalier vers la chambre des buveurs.) Du moins, mon chevalier, du moins tu ne me regretteras pas! (Gravissant rncalier d ur, pas chancela ni et envoyant des baisers à des Grieux.) Adieu!... adieu!.. (Elle monte cl disparaît.)

Page 1