SCÈNE XXX
Les Mêufs, FRANCOUN , MANON LESCAUT. ( rendant le chtrur qui suit, Lescaut est ressorti de la chambre du Comte et s'est approché de Des Grieux qu’il cherche à consoler.) CHOEUR DES ARCHERS, on ne lu voit pas.
Am noi.rrau d« M. Couderc,
Séduisant* mousquetaire»
Intrépides buveurs,
Remp'iuez tous tes rouir»
Et vide* tou* le* verre».
uaxox, parairtaiif au haut de rescalier tournant. Elle rit aux éclats et pousse Francolin devant elle.
Allons, chante donc, Francolin. — Apprends-moi ta chanson. raAitcou*. chargé dt verres si de bouteilles.
Mon gentil mousquetaire S' ait en allé-7-en guerre.
MASO», appuyée sur t'épaule du ro Idot, elle n mis une fi. ur dont tes r Arreu* et «on mouchoir est défait.
Moo gentil mousquetaire S'est en alté-z-en guerre.
des grieux, qui s'est levé.
Est-ce que jo rêve ?
LESCAUT
Est-ce que jo suis ivre, par hasard ? (Manon voit Des Grieutt, fait un mouvement et se retourne du côté de Francolin.) btnnrlet, qui a décacheté la dépêche et qui fa lue. Gouverneur do la Nouvelle-Orléans! moi I
raARGoun,
Las I U ne m'est rest A De lui que son granit verre,
Et l'écho des baisera Qu'il me donna naguère,
MAKoa, arrivant en teint. *
Et l'écho des baisers Qu’il me donno naguère.
DE» grieux, s’élançant vers Manon.
Mois tu ne vois donc pas quo jo suis làl
■AXOR.
Si faitl (L’écartant.) Ah ! tant pis, laisse-moi chanter.
riuKCOLix, reprenant.
Et j« n’ai pu d’honneur Trouver un mousquetaire.
Qui pût remplir mon creur Et vider son grand verre!
Qoi pût remplir mon emur Et vider ton grand verre.
( F raneolin tnt cm br aster J/onon.) DES CtllBCX.
Misérable !
FRAXCOLüf.
Qu’est-cc que c’est?
hasox, se mettant entre eux.
Francolin, no lui fais pas do mal, je te lo défends.
Lescaut, bousculant Francolin.
Si, du moins, c’était un soldat aux gardes!
DES GRIEUX
Manou, c’est un jou, n’est-ce pas?— Cela va Unir.
MANON
Qu’est-ce qui va finir? nos amours? — Mais c'est fini.
DSS GRIEUX.
Manon ! c’est donc sérieux?
manon, riant.
Ah ! ah f Tu I© vois bien, puisque jo ris... (Des Grieux fait un «mûrement de désespoir.) Ah f écoule, mon chovalier, je t’ai bien aimé, vois-tu , mais dame ! ça ne peut pas toujours durer. (Se (roublard.) Je t’ai aimô tant quo j’ai pu.
DES cniEix.
Jo vous en remercie, Manon.
Adieu I
DBS GRIEUX.
Adieu! (A part.) Le ciel a donc voulu m’épargner des regrets! MANON-, A part.
Oh! pas une larme! (Z?rs Grieux te retourne pour caener ton émotion. Avec une joie douloureuse .) Si... (Changeantde ton.) Ah! bien, tu pleures !.. o’esi ennuyeux... Ris plutôt; oui, bois cl chante avec nous. Chanto le vin et bois les chansons. (Au» tendant son verre. ) Tiens ! il en reste une au fond de mon vorro. Allons ! à nos amours passes , (gaiement) h nos amours futurs 1
des grieux , répétant machinalement.
A nos amours futurs.,.. ( Luidonnanl la kUrc.) Tenez, Manon.
MANON
Qu’es t-oo que c'est quo cela? (Elle lit.)
DES GRIEUX
Ccst 1a liberté.
U liberté?
MANON
ms crie ex , montrait! /Vaneolin. Oui, avec un autre.
MANON
Ah ! vous me rendez bien heureuse , monsieur le chevalier... La liberté... oui, jo comprends, la liberté avec... un autre, avec celui-là. (Francohn s’est rapproche.) Un bien beau militaire... (Elle rit.) Ah! ahl ah! (/(epoussant f'rancolin avec horreur.) Ah I ne me touchez pas 1 ah 1 c’est trop... c'est trop 1 (Elle déchire la grâce.)
des giueux, qui Fa suivie des yeux.
Quo fais-tti ?
manon, chancelant.
Rien... j’ctoulTo! je meurs... (Avec éclat.) Jo t’aime! (Elle tombe dans Us bras de Des Grieux.)
u MARQUIS, consumé.
Elle va partir !
sinnelet, gui a tout compris et qui a suivi cette scène avec anxiété.
Avec une joie subite.
Ciel ! Marquis, votre dénouement ost fort de mon goût. Le gouverneur de la Nouvelle-Orléans vous remercie.
LU MARQUIS
Il n’y a pas de quoi, car j’espère pardieu bien qu’une foi» 1bbas, il vous tuera ! ( Un coup de canon ss fait entendre.) mancoun, qui est remonté.
Embarque ? embarque 1
des cri eux, aux genoux de Manon.
Manon, reviens b toi, je ne veux plus te quitter! mon serment, (montrant les débris de la grâce ) tu l’as déchiré, je suis libre... Viens, Manon, y a-t-il quelquo chose au monde qui vaille ton amour et ton cœur 1 (Il l'entraîne.)