LE COMMANDEUR , SYNNELET, LE MARQUIS
STNNRiET, à la cantonade.
Bien, bien, ayez soin do mon cheval. (Entrant.) Je repars k l’instant, (if te retourne et aperçoit le Commandeur qui sort de l’hôtellerie à gauche.) Comment! c’est vous, mon oncle?
LE COMMANDEUR
flou I que le diable 1’ompor le !
LE MARQUIS
Oh! au’esl co quo cela va être... écoutons... (Il va s'asseoir près de ta tonnelle.)
SYNNELET
Comment!... voyez-vous lo hasard ! Ce cher oncle!
LB COMMANDEUR
Oui..* oui... c’est moi... je suis pressé , adieu !
8YNNBLBT.
Une aventure?
LE COMMANDEUR
Oui... uno aventure... c’est-à-dire... nçn .. jo... adieu!
sv.nnslei, le rappelant.
A li ! ii propos, mou ooclc.
LE COMMANDEUR
Qu'est-ce encore?
. 8YXNELBT.
Vous n’auriez pas uno centaine do louis à mon service?
U COMMANDEUR
Uno centaine de louis! Monsieur lo vicomto Raoul de Synnclot, j'ai l'honneur do vous informer quo je vous ai déshérité.
STMK&LIT.
Je le sais, aussi n’est-co qu'un service que jo vous demaudo, an prêt de la main à la main.
L8 COMMANDEUR
Allez au diable!
8YRK8I.IT.
Jo le veux bien, mais vous me direz du moins où vous allez, vous?
LB COMMANDEUR
A mes affaires; bonjour.
bïnnelbt, l'arrêtant.
Je parie que mon coquin d'onclo...
LB COMMANDEUR
Monsieur!
SYNNBLBT, éclatant de rire.
Aht ah ! ah ! jo vous trouve superbe. Voulez vous quo jo vous dise co que vous faites ici dans cette auberge, en habit do 9 cheval ?
LB COMMANDEUR
Je vais h Paris... adieu.
SYNNBLBT.
Cest possible, mais vous venez d'Amiens, quo j’ai traversé moi-même ce matin et où j'ai pris langue. Je sais do vos nouvelles.
LB COMMANDEUR, A part.
La peste l'éleuffe !
SYNNBLBT*
Allons! pas de cachotteries avec votre nevou, monsieur mon onclo! vous n’ignorez pas, ni moi non plus, qu'une jeune personne: des plus jolies quo l’on destinait au couvent, s’est enfuie hier soir avec un petit commencement d'abbé.
LB COMMANDEUR, ViVtmCllt.
Vous le* connaissez? vous ôtes sur leurs traces?
SYNNKLET, rtOflt.
Bon ! le voilà qui se trahit ‘
LB COMMANDBUR.
Mais je vous jure....
SYNNBLBT.
Quoi ? que vous avez votre plan? Pardieu !... joie sais bien... découvrir les fugitifs, ravir la petito au chevalier, arriver avec ollo à Paris, faire du tapage, laisser croiro au monde entier quo c'est pour vous seul quo la jolie novice a renoncé au couvent..,, et...
LB COMMANDEUR
Calomnie ! monsieur, calomnie!
SYNNELET
Calomnie I parfaitement, vous y ôtes, c’est cola... Vous no suivez la jeune personne quo pour combattre de sottes médisances, dont voici, par exorople, un détestable échantillon. (7/ tire un billet de sa poche.)
LB COMMANDEUR
Qu’est-c© quo cela ?
SYNNEtET. »
Une lettre de la maréchale, vous savez?
LB COUMANUF.UIl
Quelque folio 1
SYNNBLBT.
Il parait quo vous lui faisiez la cour.
LB COMMANDEUR
A peu près. ’
SYNNELET
Oui, c’est cela, à peu près (rian/), c’est votre manière. Vous êtes donc toujours aussi timide, mon onclo?
LB COMMANDEUR
Timide? moi?
STNNELET.
C’est drôle... à votre âge. (Outrant la lettre.) La maréchale
f iréioiid quo vous n’osez pas être heureux et que vous tenez scuement à le paraître.
LE COMMANDEUR
La maréchale est une sotte f
SYNNELET
C’est ce quo je dû: Écoutez... (iisarW.) «Enfin, moh cher » vicomte, lorsque je me fus aperçue do la timidité de M. do » Brébceuf , je résolus d’en tirer parti pour mettre un termo à » des persécutions inutiles...
11 y a inutiles...
» Or, un soir que nous nous trouvions en tête h této dan » mon petit boudoir auroro, vous savez? (Le Commandeur fait « un mouvement, Synnelct se met à rire.)
Il y a tous sare: ?
» Jo fais d'abord un souriro des plus encouragoauts au bou » commandeur, il se trouble; je lui fais signe do s’asseoir au- » près de moi, il regarde la porte ; je lui tends la main, il pre- » texte une affaire... Jo veux... lo retenir.
Il y a le retenir.
» Lo commandeur pord la tête, prend son chapeau et son » épée et court encore ! »
LB COMMANDEUR , f’JlïeUX.
Morbleu !
SYNNELET
Poit-scriptum : « Si vous ne déniaisez pas votre oncle, vous » no lo marierez jamais...» (liant.) Ah! ah! ah!
Il marquis.
Ahlahlabtah!
SYNNBLBT. *
Tiens, cela vous fait rire.
LS COMMANDEUR
Oui... oui... jo ris... c'est très-amusant. Il to faut cent louis..
SYNNELET
Cent cinquante.
LB COMMANDEUR
Comment! tout à l'heure...
SYNNELET
J’ai dit cent cinquante.
LE COMMANDEUR
Tiens donc, brigand! (Il lui présente une traite.) Mais à uno condition.
SYNNELET
Laquelle? •
LB COMMANDEUR
C'est quo tu seras discret.
SYNNELET
Quant à la lettre?
L8 COMMANDEUR
• Oui... Et que jo no t’aurai pas t our rival.
SYNNELET
Quant à la novico ? Oh ! pour cela soyez tranquille I Tel quo me voilà j’arrive do l’Artois où ju suivais une galante aventure, et où j’ai failli recevoir plusdecoups d’épée que jen’ai de lettres de change protestées. Il m’a fallu faire lo siège d’un château, incendier uno ferme , bat tro la maréchaussée, tuer un mai i, blesser un frère, doux cousins , trois cousins , et pour mo tirer d’affaire, répandre l'or à pleines mains. Bref! me voilà rompu, moulu, ruine, mais parfaitement corrigé. (Le Marquis s'avançant vers Synnelet.) Fh bien, ma foi, c’est dommage. *
SîNXELET.
Cest à moi, monsieur, que...
LB MARQUIS
Certainement.'., permettez-mnj de vous serrer b main...
SYNNELET
Mais...
LB MARQUIS
Je voyage pour voir le raondo et ses curiosités... Je suis ravi de vous avoir rencontré.
Monsieur!
SYNNELET
LB MARQUIS
Mais si... mais si... Au reste, votre oncle pour sa part n’est
MANON LESCAlîT.
pal mal curieux non plus.
LE COMMANDEUR
Ah ça...
8TXXELET.
Mais enfin, monsieur, % qui avons-nous l'honneur...
LE COMMANDEUR
Oui... qui êtes-vous?
LE MARQUIS
Oh! très-peu de chose... un hnromo.
LE COMMANDEUR
Un homme do rien.
LE MARQUIS
Un homme do qualité, dil-on.
8TNNEI.ET.
Tiens, on annonce en ce moment les Mémoires d’un hommo de qualité.
LE MARQ* 15
Eh bien, co sont peut-être les miens.
le commandeur, arec dédain.
Ah 1 monsieur écrit.
LE MARQUIS
Pas si spirituellement que la maréchale... Il est vrai quo j’écris sous la dictée d’un peu tout le inoude, et qu'on a beau dire, tout le monde est un peu bête.
ST NX EL BT.
Mais enfin-.. monsieur...
LE MARQUIS
Quoi?
SYXNBLBT.
Votre nom ?
LE MARQUIS
Celui que vous voudrez, ça m’est égal. (Foyant Je Commun four et Synnelet prêts à perdre patience.) Vous uo savez pas?... Eh bien l la petite est ici.
STXNBLBT.
Ici?...
LE COMMANDEUR
Ici T
LE MARQUIS
Avec son séducteur.
le commandeur, remontant.
Il serait vrai ?
le marquis, le retenant .
Eh bien ! qu’qpt-ce quo cela vous fait ?
LE COMMANDEUR
Mais je vais courir l'arracher...
LE MARQUIS
Bahl et après?...
sïnnrlet, riant.
Aht... la lettre*
LE COMMANDEUR
Au diable les rieurs. Ah ! voici Lescaut I