SCÈNE YI. 7/n
Î^IANONj PESGRIEUX, entrait par ja porte du tftWb MANON, se couvrant les épaules avec ses mains.
Qui vient là? Ah! c’est toi, chevalier?
d esc ni EUX.
Oui, Manon... moi qui reviens près de toi et le plus heureux des hommes.
MANON
De bonnes nouvelles? Raconte-moi cela!
DESQB1EUX. /
Tu sauras donc... que depuis que je t’ai quittée... (la regardant.) Ah ! Manon, que tu as de jolies épaules!
MANON
Belles nouvelles! et si tu n’en as pas d’autres...
DESCHIEUX.
Si vraiment... Mais qu’est-ee que je vols là?
MANON
Une robe que je fais... il faut bien l’essayer! une robe de duchesse! Elle me va bien, n’est-ce pas?
DESGRIEUX
Ab ! tu es charmante ainsi!
MANON
C’est ce que je me disais. Par malheur... il faut quitter tout cela et reprendre mon casaquin d'indienne... Aide-moi donc.
Et pourquoi renoncer à cette belle parure?
MANON
Parce que cela ne m’appartient pas. "
DESCRI EUX.
’ Je te l’achète!... je te la donne... celle-là ou une autre pareille.
MANON
Toi, mon chevalier?...
DESGRIEUX
Je suis riche !
MANON
Ah! que tu es gentil! que tu es aimable!
DESGRIEUX
Six cents livres dans cette bourse! Tiens, prends! c’est à toi.
MANON
C’est à nous! Cest l’ami dont tu me parlais qui te les a prêtées?
DESGRIEUX
Mieux que cela!
MANON, étonnée.
Comment?...
DESGRIEUX, avec embarras.
Je veux dire que c’est mon bien... une somme qu’il me devait et qu’il m’a rendue.
MANON
C’est très-bien à lui! Mais six cents livres... qu’est-ce que nous ferons de tout cela?
DESGRIEUX
D’abord, nous achetons une belle robe.
MANON, étourdiment. , .
C’est fait! c’est fini!... mais après?
DESGRIEUX
Vois toi-mème...
MANON
Voilà une heure que je travaille! il faut bien se reposer un peu.
DESGRIEUX
C’est trop juste!
MANON
Si nous allions dîner tous les deux...