ACTE I, SCÈNE I
La rose nouvelle Placée auprès d’elle.
Aurait moins d’éclat. r
Par mon ordre eu peu d’instants Sa cornette chiffonuée.
Sa robe par ga chute, et noircie et fanée,
Se changent en vêtements
Elégants !
Y compris, et pour cause.
Le joli bonnet rose,
Ronnct fatal !
Cause heureuse de tout le mal!
Qu’elle était belle alors!
- Vermeille et fraîche.
C’était de la pèche Le doux incarnat.
La rose nouvelle Placée auprès d’elle,
Aurait moins d’éclat.
STRF.TTE.
Non jamais les duchesses Qui régnent en maîtresses Au palais de nos rois.
N’auront de ma grisette.
Ni la grâce coquette Ni le piquant minois!
LESCAUT
Je comprends, mon colonel.
LE MARQUIS
Ce que tu ne pourrais comprendre... c'est la joie de cette jeune fille en se voyant si belle; c’était un ravissement si vrai , si naïf, que je restais en extase devant son bonheur! Dans une pareille toilette, m’écriais-je, vous ne pouvez retourner chez vous à pied , voulez-vous me permettre de vous reconduire? — Bien volontiers. Et nous voilà assis sur les coussins de ma voiture, elle radieuse et séduisante; moi, admirant sa grâce, son esprit, son babil... — Où vous conduirai-je, Mademoiselle? — Rue Saint-Jacques. — Et le numéro? — Le numéro?... j’arrive à Paris, je l’ai oublié; c’est égal... allez toujours, je reconnaîtrai la maison. — La rue est longue... — Tant mieux... je serai plus longtemps eu voiture... — Et moi. Mademoiselle, plus longtemps près de vous ! Et dans ce boudoir roulant , près de cette jeune fille folle et rieuse, dont la gaîté m’enhardissait, impossible de ne pas parler d'amour!
LESCAUT , chantant.
Aisément cela se peut croire.
LE MARQUIS
Mais d’un amour que je ressentais réellement et qu’elle écoutait à peine !. » distraite, préoccupée par tous les objets extérieurs... a Ah ! regardez donc. Monsieur, comme c’est éclatant , éblouis.