ACTE l, sCÈXE XI
MARGUERITE, de même.
Eli bien ?
MANON
Je les répare!
(Se levant et chantant à haute voix.)
Tra, la, la, la, la, la, la, la !
Pour peu que la chanson vous plaise.
Écoulez, grands et petits,
La nouvelle Bourbonnaise Dont s’amuse tout Paris !
Tra, la, la, la. la, la, la !
(a ces accents, toiis ceux qui sont en scène se sont levés et »e .approchent da Manon. Le Marquis et ses amis sortent du salon.
LE MARQUIS
Qu’est-ce donc? Messieurs, qu’est-ce donc?
Quelle est cette belle chanteuse,
A la voix brillante et joyeuse?
{A part.)
Que vois-je? ô bonheur!... c’est Manon...
MARGUERITE, bas à Manon.
C’est le Marquis?
MANON, jouant toujonrs de la guitare.
Ah! pour moi quelle gloire!
Un aussi noble auditoire!
MARGUERITE, bas, h Manon, qui joue toujours de la guitare. Y penses-tu ? chanter ainsi ?
. Et devant lui !
MANON, gaiement.
Eh oui! cela me sourit et me plaît.
(A voix haute.)
PREMIER COUPLET
Tra, la, la, la, la, la, la, la, la!
C’est l’histoire amoureuse Autant que fabuleuse D'un galant lier à bras !
Ah! ah! ah!
(Regardant Duroxeau.)
D’un tendre commissaire Que l’on croyait sévère Et qui ue l’était pas Ah! ah! ah!
U aimait une belle !
Il en voulait!... mais elle De lui ne voulait pas !
,J Ah! ah! ah!
Or, voulez-vous apprendre Le nom de ce Léandre Traître comme Judas!
Ah! ah! ah!
Son nom?... vous ;dloz rire
r 1 ri/
MANON LESCADT
Je m’en vais vous le dire x Bien bas... lout bas... tout bas...
(Tout le monde s’approche, et Manon dit arec force : ) Non!.., je ne le dirai pas !
(Riant)
Ab! ali! ali! ah! ah! ali?
Ah! ait! ali! ali! ah! ah?
LE MARQUIS, applaudissant ainsi que le ehteur.
Brava! brava! brava!
DUROZKAU, « part.
One telle insolence
.1 ,i Aura sa récompense
Et Tou me le paiera!
* MANON, bas à Marguerite.
Tu le veig Bien Y mon triomphe est complet- (A haute vois.)
Second couplet! ,
(Regardant üuroieau.)
On te disait habile ! , • >
Car dans la grande ville ,
Il est des magistrats !
... Ah! ah! ah!
1 11 est des réverbères
Vanté» pour leurs lumière» i , ( . ji 4 >% Et qui n’éclairent pas !
Ah! ah! ab!
Au logis de la belle , ün soir que sans chandelle Il veut porter ses nas,
Ah! ah! ah!
L’escalier était sombre,
Et sur son De*, dans l’ombre,
Il tombe!... patatras! i
Ah! ah! ah!
Son nom... vous aile* rire!
Je gn’cn vais vous le dire Bien bas... tout bas... tout bas...
(Même jeu.)
Non, je ne le dirai pas !
Ab! ab! ah! ah! ah! ah! ah! ah!