MANON , LE MARQUIS
LE MARQUIS , froidement.
Daignez m'écouter; Desgrieux, après avoir rudement repoussé le caporal qui voulait le retenir, a pris la fuite...
MANON , à part.
Quel bonheur!
LE MARQUIS
Ajoutant ainsi au premier crime celui de la désertion.
MANON , effrayée.
Ah ! mon Dieu 1 que va-t-il devenir?
LE MARQUIS
Rien ne peut le soustraire au châtiment qu’il a mérité !... Moi seul, en cherchant bien, pourrais peut-être trouver un moyen.
MANON, vivement. J
Quel est-il? quel est-il? parlez ! je vous en conjure !
LE MARQUAS.
J’ai depuis hier entre les mains l’engagement du chevalier, lequel est bien signé par lui.
MANON
O ciel !
LE MARQUIS
Mais pas encore par moi.
MANON , avec joie.
Je comprends
LE MARQUIS
Jusque-là, il n’est pas encore soldat.
' MANON , vivement. R
Et pas coupable... c’est évident ! quel bonheur! vous le sauverez ! n’est-ce pas?
LE MARQUIS , souriant.
A certaines conditions , qui ne dépendent pas de moi , mais davousl ,
MANON
De moi?... lesquelles?...
LE MARQUIS
Je vais vous les dire.
PREMIER COUPLET
Je veux qu iet vous soyez reine.
Que chacun soit à vos genoux.
Que cet hôtel vous appartienne.
Que pour vous brillent ces bijoux.
(Geste de Manon.)
Je le veux !... et vous, mon bel ange,
Vous ne pouvez me refuser.
Car je ne veux rien en échange,
Rien de vous! pas même un baiser.
Sans espoir et sang exigence
En humble esclavu à vos genoux *
J’attendrai tout dans le silence.
De mes soins, du temps, et de vous.
MANON , étonnée et baissant les yeux.
11 est de fait... monsieur le Marquis... que si vous ne demandez pas autre chose?...
LE MARQUIS
Pas autre chose... pour moi!... mais pour d’autres, c’est différent ! . . » . • . - i.- * ■