SCÈNE IX
MANON, DESGRIEUX, MARGUERITE, adossée contre la porte de la
cave.
MARGUERITE, à Dcsgricnv et à Manon, qu’elle regarde en se croisant les bras.
C’est donc vous que je revois... aussi insensés et aussi malheureux que par le passé!
DESGRIEUX, vivement, et montrant Manon.
Elle n’est pas coupable! croyez-moi bien!
MARGUERITE
Mais vous 1 êtes tous les deux en ce moment envers M. Renaud, dont la vengeance sera implacable ! Sur sa seide déclaration, on vous condamnera sans vous entendre... il n’y a pas de justice en ce pays! et il y eu aurait, que bien souvent encore... (s’interrompant.) Enfin .. il faut vous cacher... mais ici... impossible !
• DESGRIEUX, montrant Manon.
Je l’emmène !
MARGUERITE
Où ça? ,
DESGRIEUX
Au fort Saint-Laurent , où j’ai des amis; là, nous serons en >ùreté.
MARGUERITE
Mais pour y arriver, il faut traverser le désert.
DESGRIEUX
Qu’importe!...
Marguerite.
Mais sans parler d’autres dangers, comment sortir d’ici?
DESGRIEUX
Je suis libre!
MARGUERITE, > Desgrieux.
Vous!... (Montrant Manon:) mais elle?
MANON, montrant la palissade à gauche, par-dessus laquelle elle vient de regarder.
C’est vrai !... de ce côté, mes gardiens.
DESGRIEUX, montrant la droite.
Et de celui-ci?...
MARGUERITE
C’est une fatalité! un détachement" de soldats vient d’arriver au-devant du gouverneur dont on a signalé le vaisseau et qui doit débarquer aujourd’hui...
' MANON, avec désesposr.
O mon Dieu ! mon Dieu ! '
DESGRIEUX, avec frayeur et regardant à droite.
On vient!., on vient...
MANON , courant se jeter dans les bras de Desgrieui.
C’est fait de nous !
MARGUERITE
Non !... c’est mon mari!