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l'amour delà famille, rien déplus honoré que l'amour de la patrie. Or, l'Église est notre famille et notre patrie surnaturelle. Nous la devons chérir au même titre que le toit qui nous a vus naître et le pays qui nous donna le jour. Aussi le prêtre qui, d'après l'expression de saint Cyprien, n'a pas seulement les devoirs du sujet, mais encore ceux de l'époux par rapport à l'Église, trahit sa mission dès l'instant qu'il n'est plus dans cette disposition de son maître : Christus dilexit Ecclesiam, et tradidit seipsumpro ea.

De quelles prémisses déduirons-nous ce précepte de notre décalogue sacerdotal? Écoutez sa généalogie doctrinale :

Chacune des trois personnes s'est réservé une tâche particulière dans l'ensemble des œuvres divines : le Père, la Création ; le Fils, la Rédemption ; le Saint- Esprit, l'Église. Et non-seulement l'Église est l'ouvrage du Saint-Esprit , elle est sa résidence , semblable à une maison dont l'architecte fait sa demeure après l'avoir bâtie. Or, voici le frappant rapprochement que je pourrais proposer à votre admiration: par certains côtés, le travail de la troisième personne semble l'emporter sur celui des deux autres ; car la Création fut détériorée par le péché au premier jour de l'humanité, tandis que l'Église ne subit point de déchéance originelle ; d'autre part, l'adorable Rédempteur ne fut visible que pendant trente -trois ans de douleur sur la terre, tandis que l'Église y subsistera toujours per-

sêcutée, mais toujours triomphante jusqu'à la fln des temps.

Cependant, ce ne sont pas les relations de l'Église avec les ouvrages des trois personnes que je veux méditer, ce sont ses rapports avec le plus beau des ouvrages divins : je veux parler de Marie. Comme Marie, en effet, l'Église est vierge par sa pureté intacte, et mère par sa fécondité. Comme Marie, elle est conçue sans péché et douée d'une vitalité plus forte que la mort. Comme Marie, enfin, elle a une innocence qui n'exclut pas la douleur; et, martyre en même temps qu'immaculée, elle offre un fonds inépuisable de beautés et de délices aux contemplations de la piété.

Eh ! qui pourrait embrasser le faisceau de similitudes et d'harmonies qui relie ces deux chefs-d'œuvre divins? Toutefois, bornons notre regard, en étudiant ce ravissant ensemble, au parallèle suivant :

L'Église semblable à Marie et à la première Eve, n'ayant pas eu de tache originelle, telles furent les gloires de l'humanité à l'état d'innocence, telles doivent être les gloires de la chaste Épouse du Christ dans sa virginale intégrité ; et de même que la chute, en Adam, fut cause de l'ignorance, de la concupiscence et de la mort, ainsi l'Église qui fut, avec Marie, affranchie de la chute, doit être exempte de l'ignorance par l'infaillibilité, des souillures par la sainteté, et de la mort par l'immortalité ; trois caractères de cette ins-

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titution que nous allons honorer, et trois nouvelles beautés de votre sacerdoce dont je voudrais déduire les conséquences morales, en exposant vos devoirs : 1° comme organes de cette infaillibilité; 2° comme instruments de cette sainteté,; 3° comme coopérateurs de cette immortalité.

La Papauté est la personnification divinement assistée et l'organe premier de l'infaillibilité ; le sacerdoce est son organe secondaire.

Pour bien apprécier les obligations que nous imposent ce titre et cette charge, prenons l'infaillibilité elle-même à son origine, puis nous considérerons comment nous lui devons servir de canal pour se dérouler dans son cours. Ceci est une économie dont la source remonte très-haut ; écoutez l'exposé de sa généalogie divine : Au commencement était le Verbe, et le Verbe était en Dieu, et le Verbe était Dieu 1 . Mais les siècles du temps étant venus, un jour le Verbe descend des sommets de l'éternité pour s'avancer à pas de géant vers la terre : Exultavit ut gigas ad currendam viam, a summo cœlo egressio ejus 2. Quelle sera la demeure

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